Le streaming du jour #1392 : Susan Matthews - ’From Veliko EP’ & ’Lost Sorrows EP’

Depuis SirenWire69 l’an passé, continuation directe du fantasmagorique Tales From The Forbidden Garden de 2012 avec ses comptines hantées sur fond d’atmosphères oppressantes aux confins de l’ambient industrielle et d’un modern classical malmené, Susan Matthews a mis la pédale douce sur les triturations analogiques, privilégiant format court et piano pour un résultat non moins fantomatique.

Il y avait donc eu le beau Tidal Limbs en décembre dernier, entre discrets élans de romantisme tourmenté et tendance persistante à la neurasthénie plombée, puis en janvier ce Lost Sorrows, fidèle au goût assumé de la Galloise pour une lo-fi résolument fruste, saturations d’enregistreurs antédiluviens (Blistered Sunlight et son evil twin noisy Blistered Moonlight), boucle d’harmonies lancinantes (On A Theme Of Falling) et autres distos crépitantes de purgatoire dark ambient (A Passionate Hush) venant parasiter les pianotages mélancoliques de ces compositions ultra-minimalistes et suant le mal-être, lynchiennes jusque dans leurs passages les plus clairs et abstraits (le linceul d’orgue diaphane de My Name Is Safe In Your Mouth) :



Quant au petit dernier From Veliko, sorti cet été à l’occasion du "Netlabel Day" sur la micro-structure anglaise Pilot Eleven, il s’inspire d’une visite de la capitale médiévale bulgare Veliko Tarnovo et en particulier de la vue d’une vieille ville désormais précaire depuis le monument aux Assens, dédié aux rois des heures de gloire du XIIIe siècle. Une allégorie de la déliquescence qui se fait également métaphore d’une quête de stabilité psychologique, les lugubres accords majeurs nappés d’oscillations désincarnées de The Road For Veliko et son mantra funèbre ("It’s so quiet here I think I’m dying, it’s so quiet here it feels like death..." etc) laissant place sur le superbe A Room Of Lights au même genre d’orgue austère et entêtant que sur My Name Is Safe In Your Mouth tandis que la voix brisée de Susan Matthews exorcise tant bien que mal ses craintes et ses regrets dans l’espoir d’un retour de la lumière. Finalement, la Britannique osera de nouveau tourner son visage vers l’éther et l’astre du jour ("There must be magic") sur un Paul In The Yantra - d’après l’église sur la rivière traversant la cité - dont les fragiles arpèges disséminés s’effacent bientôt devant la majesté des chœurs de cathédrale, final mystique aux allures d’ode à la foi retrouvée :


Streaming du jour - 25.08.2016 par RabbitInYourHeadlights
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Susan Matthews sur IRM - Bandcamp - Site Officiel

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jeudi 2 avril 2020


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