Benjamin Biolay - Palermo Hollywood

Il y a déjà près d’un an, lorsque Benjamin Biolay évoquait la sortie de Palermo Hollywood, l’enthousiasme était empreint d’un certain scepticisme. C’est-à-dire que, depuis près d’une décennie, les compositions du Lyonnais semblaient suivre une pente descendante.

1. Palermo Hollywood Voir la vidéo Benjamin Biolay - Palermo Hollywood
2. Miss Miss Voir la vidéo Benjamin Biolay - Miss Miss
3. Borges Futbol Club
4. Palermo queens
5. La Débandade
6. Ressources Humaines
7. Tendresse année zéro
8. Palermo Spleen
9. La Noche ya no existe
10. Palermo Soho
11. Pas sommeil
12. Pas d’ici
13. Yokoonomatopea
14. Ballade Française

date de sortie : 22-04-2016 Label : Barclay

En effet, en 2007, l’artiste semblait au sommet de sa forme avec le chef-d’œuvre Trash Yéyé, conclusion d’un quinquennat durant lequel il accouchera également de Négatif, la BO de Clara Et Moi et A L’Origine, soient autant de sorties indispensables.

La première relative déception apparaissait néanmoins en 2009 avec La Superbe qui, paradoxalement, verra Biolay rencontrer un succès populaire plus large. Sur ce disque se côtoyaient effectivement le sublime (Lyon Presqu’Île ou La Superbe) et le plus dispensable, à l’instar d’un titre tel que Buenos Aires.

Alors, forcément, quand le Rhodanien évoque son souhait de publier un disque dédié à la capitale argentine, on se remémore forcément les passages les moins aboutis d’un La Superbe sur lequel son amour pour la ville sud-américaine apparaissait déjà subrepticement et l’on se surprend à craindre le pire.

Le pire ? Benjamin Biolay l’avait déjà proposé en 2012 avec un Vengeance tout simplement raté. Depuis, un hymne affreux pour l’Olympique Lyonnais et des collaborations loin d’être mémorables auprès artistes mainstream avaient émaillé le parcours du Français et, forcément, la fidélité ayant ses limites, on se prenait à lui chercher un successeur que l’on pensait avoir trouvé avec Le Noiseur.

Mais l’on n’offrirait assurément pas une telle tribune plus de six mois après sa sortie à Palermo Hollywood s’il constituait une nouvelle déception. Plus travaillé et fourni que son prédécesseur, ce septième album présente l’avantage d’être, avec 51 minutes – relativement – plus direct et condensé que les doubles La Superbe ou Négatif. C’est que Benjamin Biolay est gourmand et il est doté de l’un des défauts qui accompagne souvent les grands rêveurs à l’inspiration débordante : il ne sait pas toujours (où) s’arrêter.

Sur les quatorze morceaux de Palermo Hollywood, une paire (mais sans doute pas davantage) pourra donc passablement laisser de marbre l’auditeur. Mais la grande force de Biolay, c’est que ces deux titres ne seront pas les mêmes d’un individu à l’autre et pourront même différer d’une écoute à l’autre.

Plutôt que de se concentrer sur ce petit pêché de gourmandise d’autant plus évitable qu’il ne s’agit pas d’une baisse de régime unanimement reconnue sur certains passages du disque, évoquons plutôt la richesse de cet opus. Palermo Hollywood est une retranscription fidèle de Buenos Aires en ce sens qu’il mêle habilement les influences sud-américaines et européennes, tout en ressemblant à un véritable patchwork dont on perd parfois le fil pour mieux le retrouver par la suite. Qu’y a-t-il de commun entre Recoleta et Boca, Tigre ou Palermo, pour reprendre autant de quartiers ou banlieues citées par l’artiste sur le premier titre éponyme ? Pas grand-chose et pourtant se dégage toujours la même ambivalence. Entre décontraction et menace sous-jacente, qu’elle émane de l’homme ou de la nature, ces différents lieux ont leur propre cachet mais s’intègrent volontiers à l’identité de la mégapole argentine.

Résolument inspiré par l’ambiance et l’ambivalence portègne, Benjamin Biolay semble plus que jamais conscient de ses limites vocales mais il utilise son organe d’une manière plus touchante que jamais et ce sont aussi bien l’évidence mélodique que la délicatesse et la production des arrangements de cordes qui lui permettent de capter l’attention de l’auditeur et de lui permettre un voyage sensoriel facilité par différents samples (notamment les commentaires d’un match de foot sur Borges Futbol Club) et les apparitions de chanteuses s’exprimant dans la langue de Cervantès.


Dans cette dernière catégorie, on notera notamment la décontraction évidente et l’élégance des cordes de Palermo Queens avec Sofía Wilhelmi ou l’urgence de La Noche Ya No Existe sur lequel le flow d’Alika déroutera assurément l’auditeur rôdé aux atmosphères plus nonchalantes des disques de Biolay.

Enfin, le Lyonnais nous propose au milieu de ce mille-feuilles qui tient assurément la route quelques titres qui se placent déjà comme des indispensables à ranger aux côtés de Laisse Aboyer Les Chiens ou Moi Rien… dans sa discographie. Si le Palermo Hollywood éponyme s’inscrit dans cette veine, il en va de même pour des titres aussi sublimes que le dépouillé Miss Miss dont le jeu de guitare s’avère addictif ou encore un Pas Sommeil à la construction séquentielle qui nécessitera plusieurs paires d’écoutes pour le digérer tout à fait.

Peut-être pas tout à fait au niveau de Trash Yéyé – encore que – Palermo Hollywood marque en tout cas le retour de Benjamin Biolay en grande forme et, même au sein d’une discographie impeccable jusqu’à 2009, rares sont les œuvres à paraître aussi abouties que celle-ci.

Chroniques - 20.11.2016 par Elnorton
 


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dimanche 15 décembre 2019


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