Le streaming du jour #1480 : Andrea Belfi - ’Alveare’

Après la belle association résolument nostalgique du sculpteur de poussière du temps Danny Clay et des collages photo élégants et surannés de Katrien De Blauwer sur Stills en septembre dernier, c’est au tour d’Andrea Belfi (B/B/S/, Hobocombo) de dialoguer avec un artiste plastique pour le label iikki, en l’occurrence le photographe berlinois Matthias Heiderich dont les architectures urbaines géométriques et hypnotiques sont un parfait terrain de jeu pour les circonvolutions néo-kraut abstraites et tendues du percussionniste et bidouilleur transalpin.

Nouveau projet de Mathias Van Eecloo aka Monolyth & Cobalt, coutumier des concepts ambitieux avec son label cartographique Eilean Rec. dont il signera lui-même en mars prochain la 50e référence sur 100 prévues, iikki se propose en effet d’associer pour chaque sortie un musicien et un artiste visuel sous forme de vinyle accompagné d’un livre d’art, chacun étant également disponible séparément. Pour cette seconde publication, le Français à encore eu du nez en rapprochant les visions post-industrielles mais pas pour autant déshumanisées de Heiderich des compositions tout aussi labyrinthiques et vertigineuses sous leurs dehors austères de l’auteur des superbes Wege et Natura Morta.

Fidèle à son style de drumming à la croisée d’une musique tribale vénusienne (Passo), d’un jazz revisité par Can (Grigio) et d’une ambient mystique (Statico et ses percussions monastiques), Andrea Belfi le confronte comme à l’accoutumée à un foisonnement micro-électronique entêtant qui dès le superbe Vano ouvre sur l’infini cosmique d’un va-et-vient de drones de synthés lancinants, de glitchs vibrants et de sinusoïdes spectrales, offrant à ces longs serpentins hypnotiques une dimension paradoxalement organique et désincarnée à la fois, quelque part entre le Gastr Del Sol de Camoufleur (on ne s’en étonnera pas vraiment, l’Italien collaborant régulièrement avec David Grubbs au sein du trio Belfi/Grubbs/Pilia) et les pulsations algébriques chères au label allemand Raster-Noton.



Quant à Matthias Heiderich, il s’est intéressé ici aux architectures de béton d’une Italie d’après-guerre qui rêvait d’un futur communautaire ("alveare" signifie "ruche" en italien) aux lignes colossales et à l’esthétique pérenne, mais que les habitants ont peu à peu humanisé à coups de graffitis, de couleurs contrastées et de végétation.

Matthias Heiderich + Andrea Belfi = Alveare (IIKKI 002) from IIKKI on Vimeo.



Le résultat est un bijou tant musical que visuel, que l’on ne peut que conseiller aux amateurs de beaux objets et d’investigations soniques stimulantes.


Streaming du jour - 02.02.2017 par RabbitInYourHeadlights
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samedi 17 août 2019


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