Papa M - Highway Songs

David Pajo est un artiste tourmenté et ce dernier opus de Papa M en est peut-être la preuve la plus évidente. Si la dernière sortie de celui qui a tenté en 2015 de mettre fin à ses jours - en raison d’infidélités de madame, qui prit ensuite la poudre d’escampette avec les enfants - a été décriée par une partie conséquente des critiques, c’est sans doute parce qu’elle sent le morcellement à plein nez et contient donc peu de dénominateurs communs.

1. Flatliners
2. The Love Particle
3. Adore A Jar
4. Divid
5. Coda
6. Walking On Coronado Voir la vidéo Papa M - Walking On Coronado
7. Green Holler
8. Bloom
9. Little Girl

date de sortie : 11-11-2016 Label : Drag City

Comment peut-on rapprocher ce The Love Particle sonnant comme une réincarnation électrique du Windowlicker d’Aphex Twin et l’acoustique dominant sur un Little Girl qui pourrait faire penser sur le plan instrumental, refrain excepté, à certains travaux de Sparklehorse ?
Pas grand chose à vrai dire, si ce n’est le fait que ces morceaux ravivent le spectre d’artistes eux aussi tourmentés. Et ce n’est d’ailleurs pas fini puisque sur Walking On Colorado, c’est le Swell de Too Many Days Without Thinking qui est évoqué avec cette guitare électrique au rythme métronomique noircissant un ensemble déjà lugubre et presque déshumanisé porté par une batterie martiale.

Entre un crochet par le drone (Coda) et cet étrange diptyque formé par Green Holler et Bloom qui sont bâtis sur un même thème évoluant tantôt vers le prog’ puis vers des sonorités plus abrasives, sans occulter des réminiscences quasi-Warpiennes sur Adore A Jar, l’ancien guitariste de Slint et Tortoise touche vraiment à tous les registres sur Highway Songs.

L’ensemble n’est donc absolument pas cohérent, d’où le rejet massif de cet opus bien moins accessible que des chefs-d’oeuvre tels que Whatever, Mortal ou 1968, mais est pourtant tout sauf anecdotique. Highway Songs est le témoin de névroses et d’une dépréciation de soi qui semblent bien ancrées. Il s’agit d’un disque de ruptures au pluriel, qu’elles concernent les proches, son subconscient ou l’existence même. Il pourrait donc n’être accessible que lorsque l’on traverse ces phases particulières de la vie où tout paraît en mouvement.


Highway Songs aurait ainsi une fonction thérapeutique où la récupération d’une once d’estime de soi serait le seul objectif pour celui qui fut victime il y a tout juste un an d’un accident de moto qui aurait pu l’immobiliser à jamais. Ce qui passe par un maelstrom d’idées et d’inspiration où l’artiste ne peut que faire ce qu’il veut, sans se soucier de ceux qui ne saisiront pas la nécessité absolue de cette démarche semblant le mener vers le bout du tunnel. Est-ce un hasard si, telle une expiation, la voix de l’Américain n’apparaît que sur l’ultime titre, symbolisant ainsi la transcendance d’une période de non-dits ?

Chroniques - 25.03.2017 par Elnorton
 


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