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Live Report : Laish (Rennes, 5 Mars 2017) | Indie Rock Mag

Live Report : Laish (Rennes, 5 Mars 2017)

Il y a quelques mois sortait Pendulum Swing, l’un des meilleurs disques d’un cru 2016 de qualité. La pop enchanteresse du Britannique Laish conviait le spectre d’Elliott Smith dans une évidence mariant luminosité et accords mineurs.

Aussi, la perspective d’assister à une performance de Danny Green était forcément alléchante, d’autant plus lorsque celle-ci se déroule dans un lieu aussi atypique que la Chapelle de l’Hôtel Dieu à Rennes.

Ce membre du Willkommen Collective officiait donc après Marc Morvan dans un cadre particulièrement intimiste puisque chacun des spectateurs était assis sur les bancs de la chapelle, écoutant religieusement - forcément - les délicates mélodies délivrées par le trio britannique qui devançait quelques lumières rappelant les cierges tandis que la vive luminosité de cette fin d’après-midi se concentrait au milieu de cette chapelle occupée par le groupe.

Assisté d’un batteur occupant la droite de la scène et d’un musicien aux claviers de l’autre côté, Danny Green se plaçait au centre avec une guitare en bois qu’il ne lâchera qu’exceptionnellement, mais nous aurons l’occasion d’y revenir.

Allure de dandy, le chanteur se démarque de ses deux acolytes, aux styles plus négligés. Il y a du Matt Berninger chez Danny Green à tous les égards, que ce soit sur le plan vocal ou physique, mais également au niveau du charisme qui se dégage.


Surtout, à l’instar de The National durant la période 2005-2010, on sent Laish au sommet de son art. Celui qui a composé trois longs formats et autant d’EPs depuis 2010 dégage une facilité et une évidence qui sont rares et ne parviennent qu’occasionnellement à s’étendre au-delà d’une demi-douzaine d’années dans une carrière et ce pour les rares génies qui ont déjà la chance de connaître ce type de phase.

Danny Green est de ceux-ci, et l’on sent qu’il n’a pas besoin de forcer son talent pour communiquer une émotion jamais feinte ni exagérée. C’est que les compositions sont solides et que la maîtrise technique du trio leur permet d’être sûrs de leur fait.

Après avoir rapidement joué le sommet Love On The Conditional, Laish alterne titres issus de ses disques précédents - Obituaries en tête - et morceaux ayant fait la gloire de Pendulum Swing (The Last Time). Si Danny Green nous vient de Grande-Bretagne, l’inspiration semble émaner de l’autre côté de l’Atlantique puisque l’on reconnaît chez lui, outre l’influence de The National évoquée précédemment, celles du Velvet Underground pour cette rythmique métronomique et de Eels pour l’attrait des claviers délicats se mêlant à une guitare tourmentée mais pourtant radieuse.

Sur scène, la majesté apparaît régulièrement. C’est notamment le cas lorsque Danny Green choisit de lâcher le micro pour quitter la scène et jouer deux morceaux (Wrote of Freedom et Choice) seul au milieu des allées de la chapelle, tandis que ses musiciens s’échappent. Cette grâce est également présente lorsque le Britannique demande au public d’imiter le sifflement des oiseaux sur un Discipline qu’il explique composé initialement en pleine nature, accompagné par le chant de petits volatiles. Une allégresse plus enjouée apparaît également sur l’excellent Vague.

S’il quitte d’abord la scène sans oublier de remercier le public - et de s’étonner que, jusqu’à Rennes, des gens puissent avoir l’envie de se déplacer un dimanche après-midi pour écouter ses compositions - Danny Green revient rapidement avec ses deux compères pour un Learning to Love the Bomb de haute volée introduit par un petit speech dans lequel il ne manque pas de remercier son label Talitres et de nous inviter à découvrir le clip dudit titre.


Mais il était écrit qu’un tel concert ne pouvait pas s’achever sans un dernier sommet et c’est avec Carry Me, titre issu dObituaries, que le trio va clore son set selon une recette éculée mais tellement efficace : une première partie relativement épurée sur laquelle vient se joindre une batterie métronomique pour tuer dans l’œuf l’émergence de tout ennui. Et puis l’explosion. Mais cette fois, l’explosion est précédée d’un moment de suspension lors duquel les trois compères échangent leurs postes respectifs, le batteur se retrouvant aux claviers, le claviériste à la guitare et Danny Green derrière les fûts, lui qui est batteur de formation. L’explosion est alors au rendez-vous, le public communiant en battant la mesure avec des applaudissements qui s’étendent sur plusieurs minutes sans que la fatigue n’apparaisse jamais.


Articles - 05.03.2017 par Elnorton
... et plus si affinités ...
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