Le streaming du jour #1815 : Vessels - ’The Great Distraction’

Qu’il est loin le temps où Vessels proposait des sonorités évoluant entre post-rock et math-rock. Depuis l’introductif Helioscope en 2011, les Britanniques se sont dirigés, lentement mais sûrement, vers une techno chamanique dont Dilate, encensé dans nos colonnes il y a deux ans, constituait sans doute le sommet.

The Great Distraction voit le combo de Leeds accentuer cette tendance si bien que, plus qu’un long-format, celui-ci donne parfois l’impression d’être un mix. Cette sensation revêt un aspect positif puisqu’elle signifie que les compositions sont solides et nuancées, les DJs aimant, pour leurs sets, piocher dans le meilleur des morceaux à leur disposition.

Toutefois, Vessels ne parvient pas à éviter certains des écueils inhérents à l’exercice du DJ set. Si les Britanniques sont de formidables metteurs en son, ils piochent parfois au moment d’intégrer et mettre en valeur les parties vocales. Le casting est pourtant clinquant, et si le lyrisme de John Grant fait des merveilles au milieu des nappes électroniques du Erase The Tapes final, tout comme Harkin dont la voix aux faux-airs de Robyn ajoute une noirceur aux saccades de Deeper In A Sky, tous les invités ne peuvent revendiquer un bilan aussi flatteur.

Aussi, Vincent Neff apparaît timide et, à vrai dire, emprunté sur Trust Me, tandis que Wayne Coyne, après un disque mi-figue mi-raisin en début d’année 2017 avec les Flaming Lips, ne parvient pas à transcender une instrumentation aux relances nombreuses mais trop stéréotypées et ancrées dans le dubstep pour ressembler à autre chose qu’aux derniers Burial.

Voilà pour les limites de The Great Distraction. La passion décuple l’exigence, et Dilate fait partie de ces disques majestueux qui ne pouvait que mettre une pression démesurée sur le groupe au moment de lui donner un successeur.

Et malgré ces limites, Vessels déplie des sonorités évoluant parfois entre techno et electronica, avant de se rapprocher du dubstep et de l’IDM, à l’instar des beats et aspirations humanoïdes du génial Mobilise introductif rappelant le Swim de Caribou. Plus récréatif que son prédécesseur, The Great Distraction est à appréhender comme des montagnes russes. Il ressemble parfois un rouleau-compresseur qui fait monter la pression puis fait tournoyer et broie tout ce qui s’approche de trop près (Radiart).

De la techno abrasive de Gløwer au spleen spatial de Everyone Is Falling, Vessels aime les grands écarts, mais arrime son propos dans une electronica aux pulsations rythmiques à situer entre Modeselektor et Apparat, avec quelques réminiscences ponctuelles de James Blake. Des références ancrées au début de la décennie entre la scène berlinoise et celle de sa Perfide Albion, en somme, qui lui permettent malgré quelques excès de produire un nouveau disque emballant.


Streaming du jour - 19.02.2018 par Elnorton
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dimanche 18 novembre 2018


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