Le streaming du jour #1816 : Tara King Th. - ’Stellar Fantasies’

Artiste aux talents multiples, Ray Borneo est aussi à l’aise pour composer des sonorités distordues que lorsqu’il s’agit de réaliser les visuels et clips qui permettent une totale immersion dans ces rêveries auditives. Et avec le label Petrol Chips, le Français a trouvé la structure capable de digérer sa folle créativité.

En fin d’année 2017, c’est ainsi la bagatelle de quatre disques qu’a sorti Ray Borneo, dans des registres divers et pour le compte de différentes formations au sein desquelles il est bien souvent la tête pensante. Seul à la baguette sur ce Stellar Fantasies signé sous l’alias Tara King Th., projet débuté en 2002 et avec lequel il a déjà réalisé une demi-douzaine de LPs, l’Auvergnat lorgne vers la science-fiction et dresse la bande originale d’une conquête cosmique rétro-futuriste.

Il commence cette odyssée en douceur puisque les claviers de Orbital Awakening forment de doux accords espacés avant qu’une course psychédélique ne s’opère sur Stellar Journey. Très vite, l’aspect andin des sonorités de Aboard the Asterion impose une évidence : plus que de conquête spatiale, c’est la conquête territoriale qui constitue la thématique principale de ce disque. Ce titre aux beats structurés en cadence en traduit l’aspect menaçant.

Un sentiment qui se poursuit d’ailleurs sur l’ambient Landing on Neuron dont les synthés ont des allures de BO de film d’épouvante, avant que les dissensions glitch astrales de Lady Robot déplacent la focale vers l’étrangeté. Entre post-rock et electronica, les chœurs tournoyant autour d’une base mélodique du sommet Aïa ne sont pas sans évoquer, au moins dans l’esprit, la conquête territoriale latente sur The Race For Space de Public Service Broadcasting.

Sur Robotic Romance, la tendance est à la polyphonie aérienne, comme si le mélange des cultures parvenait enfin à s’opérer, cette forme d’alliance semblant s’opérer avec une nappe onirique que viennent toutefois rejoindre des beats étouffés plus ambivalents. Cette accalmie se poursuit avec Cosmic Nap et son chant saturé qui se mêle à une délicatesse électronique percutante rappelant les premiers Air.

Mais la menace n’est jamais très loin et Barren Hallucinations évoque une phase d’approche. Les nappes tournoient, résonnent et scintillent. Cette ambiguïté se poursuit avec l’ambient de Celestial Echoes dont Zero Gravity constitue un prolongement auquel s’ajoutent néanmoins les beats.

Toute cette évolution qui semblait se diriger vers une fin heureuse vole néanmoins en éclat avec Cosmoscillations. Point d’orgue de cette conquête stellaire, ce titre traduit l’attaque. Tout est ici en ordre de bataille, la structure admet des frétillements et une réverbération sur des boucles hypnotiques transcendantes. L’essentiel est dit et, après le calme venant la tempête, la transition Between Space and Time entre silence et field recordings prépare la conclusion de l’assaut avec Where Eternity Starts.

Enregistré en trois semaines avec l’appui de différentes machines, Stellar Fantasies est un disque à la narration impeccable. Les ambiances varient, évoluent, forment des boucles et des échos aux titres précédents. Les phases de surplace sont étudiées et rien ne semble laissé au hasard. La prouesse n’est pas anodine avec un temps d’enregistrement aussi réduit. L’Auvergnat nous gâte, et ses aficionados pourront également trouver leur bonheur dans les autres sorties qu’il a dévoilées en cette fin d’année passée.


Streaming du jour - 20.02.2018 par Elnorton
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jeudi 15 novembre 2018


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