Lali Puna - Two Windows

Après sept années de mutisme, Lali Puna dévoile enfin Two Windows, cinquième album et successeur officiel de Our Inventions. Relative déception, ce disque semblait également être le dernier sur lequel apparaît Markus Acher, le leader de The Notwist privilégiant désormais son projet Rayon et n’apportant pas sa contribution à l’élaboration de ce nouvel opus.

1. Two Windows
2. Deep Dream Voir la vidéo Lali Puna - Deep Dream
3. Come Out Your House
4. The Frame
5. Wear My Heart
6. Bony Fish
7. Her Daily Black
8. Wonderland
9. Birds Flying High
10. The Bucket
11. Everything Counts On
12. Head Up High

date de sortie : 08-09-2017 Label : Morr Music

Difficile d’imaginer qu’un tel départ puisse n’avoir aucune influence sur une formation. Two Windows apparaît en ce sens comme un disque de rupture qui prend d’emblée une direction plus dansante sans pour autant renier l’aspect cérébral qui a toujours accompagné les compositions du combo.

Mené par un Deep Dream qui constitue une invitation à se mouvoir – en planant de préférence – sous un déluge d’effets électronico-psychédéliques que ne renierait probablement pas le Thom Yorke de Tomorrow’s Modern Boxes, ce nouveau disque ménage à chacune de ses composantes un espace de mouvement qui lui permet de s’encastrer dans un ensemble préservant une alchimie globale.

La voix de Valerie Trebeljahr est toujours aussi importante, voire plus centrale que jamais, et elle évoque des problématiques aussi actuelles dans nos sociétés contemporaines que la liberté personnelle, l’omniprésence des outils technologiques de contrôle ou la gentrification des centres urbains.

Entre synth-pop et abstractions à tendance electronica façon Caribou, Two Windows se rapproche de plus en plus de l’électro cérébrale de Fujiya & Miyagi, que ce soit sur Wear My Heart ou un The Frame en collaboration avec Dntel.

Mary Lattimore apporte également sa contribution à un Bony Fish cotonneux et minimaliste sur lequel les sonorités douces-amères soutiennent un chant sur le fil hésitant entre pleine concentration et nonchalance.

Par ailleurs, l’attrait qu’a toujours porté Lali Puna pour les abstractions électroniques Warpiennes apparaît à l’occasion des saccades glitch vocales de Her Daily Black, des synthés adjacents d’un Wonderland évoquant le versant ambient de Richard D. James ou de l’IDM Plaidienne de Birds Flying High.


Sans rompre avec les aspirations cérébrales qui hantaient ses quatre premiers disques, Lali Puna fait désormais de la mouvance des corps un autre pilier. Un corps sain dans un esprit sain. Ou l’inverse. Tel semble être le credo que s’emploient désormais à appliquer les Bavarois.


Chroniques - 17.12.2017 par Elnorton
... et plus si affinités ...
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