Live Report : In Theatrum Denonium Acte III (Théâtre municipal, Denain, 13 janvier 2018)

Le 13 janvier dernier avait lieu la 3ème édition du In Theatrum Denonium : au programme Septic Flesh, Inquisition, Odious, Furia et NKRT. En à peine 3 ans le festival s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de metal extrême dans les Hauts-de-France, niché dans un splendide théâtre centenaire. Une saveur toute particulière émanait de cette édition puisqu’elle constituait la toute dernière salve de représentations avant travaux. L’édifice se grime en noir avant de se refaire une beauté.

Le public s’agglutine encore dans les allées, l’assemblée de sièges rouges encore clairsemée, que résonnent alors les premières notes de NKRT, à qui vient la lourde tâche de chauffer les murs. Le dark ambient du Fater Stephanus, façonné de drones timides, de bruits d’ossements et de cloches, et de boucles vocales, tente l’immersion ritualiste desservie par un set beaucoup trop court. Les deux demoiselles de la Compagnie du cœur brisé accompagnent d’une touche de sensualité malsaine, donnant à l’ensemble des allures de messe noire grand guignolesque qui peine malheureusement à enrôler l’audience. Pourtant la cérémonie, assurément plus calibrée pour les ambiances plus sombres et feutrées, a parfaitement passé l’épreuve des planches grâce à sa configuration en trio si spéciale.


Ce ne sont pas les égyptiens d’Odious, quoiqu’en diront les quelques fans présents, qui arrangeront les choses. Au risque de paraître moi-même odieux, l’ajout du groupe en guise d’annonce finale avait quelque peu freiné mon enthousiasme très peu réceptif sur album à leur death black symphonique orientalisant. N’est pas Melechesh qui veut ! Une version édulcorée et beaucoup moins technique de ces derniers, la surabondance de samples fades au détriment de la brutalité, confirmeront l’ennui pressenti. Les musiciens, pourtant irréprochables, ne semblent pas non plus y croire, horriblement statiques et mal à l’aise, visuellement embarrassants. La sauce finit par prendre légèrement dans une fosse qui se remplit que le show se termine enfin.

La très longue attente qui fait suite le sera d’autant plus que ce sont les excellents Furia qui enchaînent. Forts d’un dernier long format et d’un EP tout bonnement remarquables (księżyc milczy luty et Guido, sortis en 2016 chez Pagan Records), ils renforcent leur place de groupe phare de la scène black polonaise, faisant même figure d’OVNI à côté des non moins bon Mgła. Enfin arrivés, on sent le public en joie, bien décidé à communier. De clichés du genre (corpsepaint et torse nu) en apparence peu inspirés, les quatre acolytes déroulent progressivement une musique puissante, intense et épique, étonnamment versatile. La maîtrise d’une atmosphère bien embrumée et froide nous enrôle et évoque le psychédélisme des Finlandais Oranssi Pazuzu ou un post-rock rigide et immersif s’extrayant de tous carcans... La première grosse surprise du festival !


Difficile de jouer après Furia, si ce n’était pas sur les épaules des Inquisition que reposait la responsabilité. Le duo, qui constituait l’autre raison de ma venue, en a effet de bien larges... des épaules ! Vus il y a quelques années, je n’en avais que très peu de souvenirs. Et pour cause, c’est un véritable rouleau compresseur, une démonstration de force occulte ininterrompue annihilant toutes pensées. Le climat s’assombrit autant qu’il se réchauffe et le flot de violence verse dans le mysticisme, à mesure que Dagon scande les textes de sa voix grave habitant à lui seul tout le devant de la scène. J’en ressors littéralement sonné et ébahi.


Voici le clou du spectacle, Septic Flesh ! Les chefs de file du metal grec viennent défendre leur nouvel album Codex Omega, bien plus inspiré que le précédent, et semblent extrêmement désirés. Première remarque, le groupe a scéniquement beaucoup évolué depuis ma dernière fois en 2008, à Charleroi, en compagnie notamment des vétérans du death polonais de Vader, alors qu’ils ne revêtaient pas encore leurs tenues de bioman des ténèbres. Ici la sobriété n’est plus de mise et l’allure comme calquée sur ces lieux fastes. Le spectacle débute sur un Dante’s Inferno survolté, le public littéralement électrisé passe des sièges à la fosse. Le groupe va ensuite puiser dans tous ses albums et va montrer que l’on peut verser de l’émotion dans l’extrême sans pour autant aller dans le mielleux. Seulement l’émotion va s’estomper et laisser place à un show beaucoup trop mécanique et le bassiste/chanteur Spiros Antoniou, pourtant au charisme indéniable, va réduire ma concentration à néant en haranguant sans cesse la salle de discours d’amitié (’’my friends...’’) un brin ridicules. Je finis par me lasser et me dirige une dernière fois vers le bar en attendant la fin.


Un live report certes contrasté mais de très bons souvenirs : une organisation sans faille, un son démentiel et une programmation honorable au sein d’un écrin de soie pour objets contondants. Mention spéciale à des Furia et Inquisition monumentaux ! Je repars le sourire aux lèvres, les mains pleines de goodies (une bière unique à l’effigie du festival) et l’envie d’y retourner.


Articles - 05.02.2018 par Riton
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jeudi 15 novembre 2018


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