Le streaming du jour #1942 : Namo - ’Dirty Jazz Dubs EP’

Tout ce qu’on sait du Californien Namo, c’est qu’il nous avait bien impressionnés il y a une quinzaine de mois avec les 9 minutes de beats minimaux et classieux aux vapeurs mystiques de son Illusion of Culture évoquant l’abstract des grands architectes soniques de l’Anticon des origines, en face A du génial Seppuku dont il partageait la tracklist avec le taulier d’IHAA, Damien Miller.

Aujourd’hui cependant, avec Dirty Jazz Dubs, on réalise que c’est l’abstract et le boom bap 90s en général qui fascinent le beatmaker de Long Beach, mentions spéciales à DJ Premier ou Pete Rock d’un côté et aux grandes heures du label Mo Wax de l’autre, via les séminales compils Headz qui menèrent le trip-hop et le hip-hop instrumental vers d’autres horizons, rassemblant des musiciens comme DJ Krush, Tortoise, UNKLE, Air, Roni Size, les Beastie Boys ou même Autechre sur les mêmes rondelles de plastique. Si ce n’est pour trois variations dispensables (les Dirty Jazz Dub Six, Seven et Eight qui reprennent les motifs des trois instrus qui les précèdent), ce nouvel EP rivalise ainsi d’équilibrisme smooth et de groove narcotique avec les premiers travaux de DJ Shadow ou des futurs cadors qui traînaient à l’époque sur le label de James Lavelle, des Dust Brothers à DJ Food en passant par Nightmares On Wax.

Avec son abstract syncopé aux claviers mélodiques et aux étranges breaks de chœurs liturgiques, Dirty Jazz Dub One est déjà un parfait exemple de cette inspiration old school mélangeuse et idiosyncratique, dont Dirty Jazz Dub Two et son faux-jumeau Dirty Jazz Dub Five incarnent ensuite le versant jazzy aux vocalises féminines éthérées et scratches narcotiques à la croisée des productions de Primo ou de Large Professor pour Nas à ses débuts et des premiers Massive Attack. Mais ce sont bien les parties trois et six, smooth à souhait via la guitare wah-wah et poly-rythmiquement léchées comme un Shadow période The Private Press mais aussi matinées d’électro rétro-futuriste et de samples free jazz ou gangsta rap, qui en remettent au goût du jour cet esprit à la fois transgressif et easy-listening qu’un label tel que Ninja Tune avait un temps su conserver.

Quant aux quatre et sept, funky à souhait mais dans une veine cosmique et abstraite à la George Clinton, c’est un peu les Beastie Boys dHello Nasty meet Parliament, menant vers les rondeurs urbaines d’un final jazz-hop qui n’aurait pas dépareillé sur l’un des trois premiers A Tribe Called Quest. De là à dire que Namo vit dans un passé révolu, on avancera plutôt qu’il s’en nourrit et même si cette sortie tranche assez radicalement avec le drumming brut de décoffrage auquel nous habitue I Had An Accident depuis quelques années (voir dernièrement ici ou ), elle suinte le DIY et les drogues douces par tous les pores et n’en dépaysera pas tant que ça les aficionados, dont nous faisons plus que jamais partie.


Streaming du jour - 27.06.2018 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
Namo sur IRM

indie rock mag - IRM des musiques actuelles


samedi 17 novembre 2018


àýlaýune



surýlesýplatines


nouveauxýmédias



IRMýXýTP


ligneýdeýmire


selectionýirm


friends