Radiohead + Sigur Ros + The Do + The Wombats - Grand Place (Arras)

le 6/07/2008

dans le cadre du Main Square Festival

Radiohead + Sigur Ros + The Do + The Wombats - Grand Place (Arras)

Au départ de Lyon, en ce dimanche matin, il pleut des cordes. Le ciel est noir et menaçant et pourtant on est heureux. Heureux car dans quelques heures Radiohead va donner après quelques mises en bouches alléchantes son seul concert en festival cette année en France. Alors dans le train qui nous amène vers Lille, on tue le temps à coups de Amnesiac , café - hors de prix, merci la Sncf ! - au bar et Hail to the Thief .

Ce n’est qu’en débarquant en gare de Lille Europe que l’on prend conscience de l’ampleur du concert qui va se dérouler le soir même à quelques kilomètres de là. Des hordes de festivaliers déambulent dans la vieille ville et les Ter-navettes entre Lille et Arras sont combles. Pour tuer le temps son visite la très bourgeoise Arras dans un climat où attente et excitation se mêlent habilement. La ville double presque sa population le temps du festival. On se place dans la - longue ! - queue et on prend son mal en patience avant de pénétrer dans la majestueuse Grand’ Place. Ici, devant 27 000 fidèles Radiohead va jouer pour la dernière fois cette année en France.

Il est un peu plus de 16 heures 30 quand la pop surcotée de Vampire Weekend prend possession de la gigantesque scène avec pour mission d’ouvrir les hostilités. Pas aidés par un public presque amorphe et une balance exécrable, les new-yorkais ne s’en sortent finalement pas si mal, A Punk et surtout Oxford Comma font leur effet. Mais trop propres sur eux et sûrement pas assez volontaires, le quatuor quitte la scène au bout d’une petite demi-heure. Bancal.

Tout le contraire des liverpuldiens de The Wombats emmenés par le fils caché de Robert Smith qui, après une intro délirante a capella, font faire bouger pendant 45 minutes le public qui a maintenant complètement pris place. Sur disque le trio est plat et formaté, sur scène il s’en donne à cœur joie, rigole et plaisante ("J’ai mis tout les effets de Jonny Greenwood sur ma guitare" ou encore "On est très heureux et flatté d’ouvrir pour Radiohead et Sigur Ros, j’espère que c’est pareil pour eux") avant de culminer sur leur entrainant single Let’s Dance to Joy Division. La bonne surprise de l’après-midi.

Après ça, changement de décor. La pop pour bobo du masculin féminin des franco-finlandais de The Do (merde comment on fait les "O" barrés ?), accompagné d’un batteur studio envahit la scène. Olivia, pied nus, look hippie force trop sur son côté diva qui a tout pompé sur Björk et monsieur bidule truc se contente de quelques "Merci, on est très heureux d’être ici". A part peut-être le single On My Shoulders qui met un peu d’émotion dans le public, la sauce ne prend pas. Ce groupe ne veut décidément pas de moi et je le leur rend bien.

Les apéricubes digérés, les roadies prennent la scène d’assaut pour mettre en place les lumières et les ballons pour Sigur Ros, attendu comme le messie par une bonne partie du public tellement leurs apparitions sont rares et précieuses. En débarquant sur le calme et spatial Svefn-g-englar, les islandais ont déjà fait oublier les 3 heures qui viennent de s’écouler. C’est parti. On ne redescendra plus pendant une heure. Le show est d’une intensité extraordinaire. L’orchestration est incroyable, et quand le groupe est accompagné de cuivres - ce qui porte le nombre de musiciens à 13 - il devient majestueux et presque aussi nombreux que I’m From Barcelona. Les titres du dernier album prennent toute leur dimension et un Gobbledigook à couper le souffle qui se terminera dans un joyeux délire de confettis remporte la palme. Le final, extrait de ( ) , n’est pas en reste. Les hommes et femmes de glace et de feu quittent la scène sous un tonnerre d’applaudissements du public qui demande un rappel qui ne viendra pas. Mais qu’importe, pour la première fois de la soirée on a côtoyé les anges. Fantastique, élégant et (presque) détendu Sigur Ros ne faillit pas, galvanisé par l’enjeu.

La foule se resserre. La tension monte. Les néons se mettent en place. Les 27 000 personnes retiennent leur souffle. Il est 22h00 lorsque le plus grand groupe du monde arrive sur scène sur les premières mesures de l’incroyable 15 Steps. La foule hurle son bonheur. Bienvenue dans les airs. Vous ne redescendrez que 2h10 plus tard. A peine essoufflé par une tournée éreintante, le quintette livre une performance extraordinaire. Airbag, rencontre quelques problèmes de son certainement dûs au décollage et Thom Yorke envoie un There There furieux à la foule qui rugit de plaisir. Ça y est. La nuit est tombée et on peut prendre la pleine mesure du jeu de lumières incroyable - et soit dit en passant pas très écolo - proposé lors de cette tournée. Le dyptique Where I End And You Begin/ A Wolf at the Door est le premier grand moment. Hail to the Thief est décidément un immense album. Homogène, intense, fluide et lucide. L’abyssal Climbing up the Walls est encore plus puissant et malfaisant que sur disque et No Surprises, d’une beauté pure et cristalline. A en crever. Simplement parfaite. Tout comme Faust Arp, jouée à la manière de la version de Scotch Mist, avec Thom et Johnny seuls sur scène, qui éclatent deux fois de rire avant d’arriver à dépasser les deux premières mesures. Là aussi c’est beau. De son côté, Jigsaw falling into place est définitivement en train de s’imposer comme l’une des pièces maitresses du groupe en live. Dément.

Ce qui frappe, c’est le décontraction dont fait maintenant preuve le groupe sur scène. Thom gesticule dans tous les sens, Ed sourit et Johnny rigole. Au début de Exit Music, autre moment fort, quelqu’un gueule du fond de la place. Laconique, Thom lance un "Ok, shut up now !" qui fait son effet. Bodysnatchers plie l’affaire dans une version hallucinante bardé de lumière rouges qui font mal aux yeux. 23h20, premier départ. Acclamations. Thom revient seul pour une version épurée de Cymbal Rush au piano ("If I could remember it"). Le temps de l’immense Paranoid Android ("Cette chanson est pour les gens aux fenêtres. We’re sorry for the noise"), on prend conscience que Radiohead a composé la chanson absolue. Le rupture centrale fait couler des larmes d’un public qui "fait la mer avec les bras" comme l’a très astucieusement fait remarquer plus tôt le bassiste des Wombats. On respire le temps du souffle démoniaque de Dollars & Cents avant de replonger sur Idiotheque splendide et intense. Deuxième sortie.

Mais alors que la cause est déjà entendue depuis longtemps, Radiohead revient à nouveau. House of Cards, toujours un peu ban(c)al fait suite à un monstrueux The National Anthem bruituiste, où Johnny s’en donne à cœur joie avec ses bidouillages éléctro. On atteint un niveau proche de l’extase. Street Spirit met un point final à 2h10 de magie. Radiohead a encore gagné. On rentre. Des étoiles plein la tête et True Love Waits, oublié de la soirée et de la tournée, au volume maximum. Les plus grands. Sans hésitation.


Playlist Sigur Ros

svefn-g-englar/
sæglópur/
við spilum endalaust/
hoppípolla/með blóðnasir/
inní mér syngur vitleysingur/
hafsól/
gobbledigook/
popplagið


Playlist Radiohead

15 steps/
Airbag/
There there/
All I need/
Where I End And You Begin/
A wolf at the door/
Nude/
Pyramid song/
Weird fishes/
Climbing up the walls/
The gloaming/
Faust Arp/
No surprises/
Jigsaw falling into place/
Reckoner/
Exit music/
Bodysnatchers/

Encore :
Cymbal rush/
Videotape/
Paranoïd android/
Dollars and cents/
Idioteque

Encore 2 :
House of cards/
The national anthem/
Street spirit


( Casablancas )

 


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