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Le Loup - The Throne Of The Third Heaven Of The Nations’ Millennium General Assembly
Sans crier gare, Le Loup est sorti de l’ombre l’année dernière, en se révélant être une formation américaine qui pourrait rapidement devenir une référence en matière de folk expérimentale avec un premier album surprenant et prometteur. ![]() 1. Canto I
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Année de sortie : 2007
Depuis quelques années, la ville de New York est au centre de tous les regards. On connaît évidemment les événements qui s’y sont passés, mais c’est surtout la scène musicale foisonnante et intéressante (des Strokes à Animal Collective) qui a éclos aux yeux de bon nombre. Simple coïncidence, on ne le saura jamais vraiment. Par contre, on peut constater que la ville de Washington DC, également touchée, n’a semble-t-il pas connue cette même création et émulation artistique. Avec l’apparition de Le Loup, originaire de la capitale américaine, les regards vont sûrement s’intéresser de plus près à cette scène et on pourra peut-être y découvrir quelques merveilles insoupçonnées. Quoiqu’il advienne de l’avenir, cette formation est déjà une véritable révélation qui mérite qu’on la suive attentivement depuis la sortie de ce premier album étrange et insolite, The Throne Of The Third Heaven Of The Nations’ Millennium General Assembly , un certain jour de septembre dernier aux Etats-Unis, une coïncidence, un signe … Véritable instigateur de ce projet ambitieux, Sam Simkoff a élaboré seul ce premier album alors qu’il était dans un état de crise et de doute. Au final, cet opus se révèle être une sorte d’exutoire personnel, un chemin qui mène vers la rédemption au gré des mélodies complexes et enchanteresses qui le composent. Il est d’ailleurs inspiré par la descente aux Enfers de Dante, célèbre cantique médiéval de la Divine Comédie . Les morceaux Canto I et Canto XXXIV issus de cet album sont en fait le premier et dernier chant qui voit l’arrivée de Dante au Purgatoire. Ambitieux, ce projet l’est tout autant par le titre de ce disque difficile à retenir, titre qui est également celui d’une œuvre créée par l’artiste américain James Hampton de la première moitié du XXième siècle, constituée de 177 pièces travaillées et assemblées avec minutie se rapportant à des textes bibliques (plus de détails sur ce lien). C’est sans doute, ce travail d’assemblage précis et méticuleux que Sam Simkoff a voulu reproduire dans The Throne Of The Third Heaven Of The Nations’ Millennium General Assembly . Mais loin de toutes ces références qui pourraient être difficiles à porter, la musique de Le Loup se trouve être un voyage initiatique passionnant. Il suffit de se laisser accompagner, il n’y a pas de risques, la descente est bien plus paisible qu’il n’y paraît à la première approche.
Cette recherche de l’harmonie et de la paix intérieure se fait à l’aide d’une instrumentation riche et variée sans pour autant paraître surchargée et imposante, et qui sait s’oublier et se faire discrète devant l’émotion d’une voix, d’un chant. Il faut dire que le chant peut être considéré comme un instrument à part entière chez Le Loup. Tous les membres de cette formation y participent, leurs chants se croisent, s’entremêlent, se répondent en chœurs. Ainsi Ouside of this Car, the End of the World s’appuie simplement sur une rythmique électronique progressive sur laquelle les voix s’entrelacent à souhait et s’en donnent à cœur joie, l’ensemble s’aventurant sur des terrains psychédéliques avec bravoure et réussite. Malgré le pessimisme que pourrait laisser croire le titre, ce morceau se montre véritablement radieux et enjoué. Sam Simkoff est sûrement un rêveur, le regard souvent tourné vers le ciel, comme le laisse deviner To the Stars ! To the Night ! cette jolie ritournelle avec seulement un banjo pour l’accompagner et quelques chœurs.
La richesse mélodique du groupe trouve sûrement son apogée sur Le Loup (Fear Not) entêtante avec ses multiples percussions cristallines et ses entrelacements simples et complexes à la fois. Et même si Canto XXXIV n’est qu’une simple réponse au premier chant, il ouvre la voie à l’inquiétant I Had a Dream I Died, morceau final qui se termine sur une lueur d’espoir avec ces chants d’oiseaux indiquant la fin de cette quête et de cette aventure. On ne sait pas si celle-ci aura permis au leader de Le Loup de se rassurer et trouver sa voie dans un monde difficile à comprendre, on a toutefois une petite idée dessus. Mais en tout cas, ce voyage passionnant et trop court donne envie de repartir immédiatement. Chronique du : 27/01/2008 par |
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