Belle & Sebastian - If You’re Feeling Sinister

Belle & Sebastian. If You’re Feeeling Sinister. Un groupe. Un album. Pour tout amateur de pop indépendante, cet album représente plus qu’un simple disque. Il y eut le petit livre rouge. Il y a désormais le petit album rouge. Un prestance et un classe incroyables. Une petite mélodie qui flotte dans l’air. Une légère mélancolie vous pénètre. Vous venez d’entrer dans l’univers de Belle & Sebastian.

1. The Stars of Track and Field
2. Seeing Other People
3. Me and the Major
4. Like Dylan in the Movies
5. The Fox in the Snow
6. Get Me Away From Here, I’m Dying
7. If You’re Feeling Sinister
8. Mayfly
9. The Boy Done Wrong Again
10. Judy and the Dream of Horses

date de sortie : 30-11-1995 Label : Jeepster Recordings

Les premières notes de The Stars of Track & Field s’échappent. On lâche un sourire presque inconscient qui nous trahit déjà. If You’re Feeling Sinister . Le titre aurait certainement dû nous aiguiller. Un rempart infaillible contre la solitude et la tristesse. Deuxième album du groupe écossais, Belle & Sebastian, formé autour de son charismatique chanteur Stuart Murdoch, If You’re Feeling Sinister , d’une magnifique et désarmante simplicité, est un pur chef d’œuvre.

Sûrement le moins travaillé de tous les albums du groupe. Le plus touchant aussi. Pop et mélodique, il n’est pourtant pas facile d’atteinte pour tout le monde. Souvent considéré comme très niais et naïf. Ce qu’il est indéniablement. Pourtant sous ces abords peu recommandables, Belle & Sebastian cache une véritable attirance pour une pop enlevée, inspirée et sublime. Il faut en effet du temps. Du temps pour avoir enfin le privilège de pénétrer dans l’univers du septet écossais. Les uns se jetteront donc sans ménagement sur ce petit joyaux. Les autres, trop aveugles, intimidés ou même jaloux resteront à l’écart, se moquant gentiment et proclamant ironiquement Get Me Away I’m Dying ! Intimiste. Généreuse. Sans aucune exubérance ni prétention. Telle est la pop, typiquement britannique de Belle & Sebastian. Es-ce donc véritablement un hasard si le groupe a longtemps refusé les séances photos et les interviews ? Belle et Seb’ est également un groupe rempli de paradoxes. Les mélodies sont enlevées et presque joyeuses. Et pourtant le chant est touchant et déprimant. Mélancolique et fragile.

Imparable remède contre les longues après midi en solitaire. A l’exception peut-être du vraiment triste The Boy Done Wrong Again. “All I wanted was to sing the saddest songs/ If somebody sings along I will be happy now”. On est promené de ballades en ballades. Déportés, on suit le cours du disque sans effort ou presque. On perçoit le long de cet oubli, si beau qu’il en parait presque irréel, la luxuriance des paysages et des arrangements. Les cuivres de Judy and the Dreams of Horses. L’harmonica qui fait signe ici et là. On peut Belle et (Sebastian...) bien tenter de résister à cette pop charmeuse d’une perfection agaçante. Mais quand on se rend enfin compte que tout nos efforts de luttes, de défenses, sont vains et inutiles, on se laisse enfin porter. Oublier. On est bien au pays des rêves.

Notre relation à cet album est longue et complexe. Plus qu’un simple disque. Cet univers bien plus tortueux qu’il en a l’air met en éveil tout nos sens. C’est à chaque fois pareil. On pose le disque sur la platine. Puis c’est immédiat. On se prend à rêver de cette douce mélancolie qui tourne et retourne sans interruption. Et quand soudain on revient à nous c’est pour s’apercevoir que 6, 7 écoutes ont passé. A l’image de cette parfaite pochette. Que l’on tient près de nous. Comme un trésor précieux. Cette image. Qui reste en tête. Un femme rêveuse. A moitié endormie. Un livre ouvert. Près d’une fenêtre. Ouverture sur un monde utopique. Ephémère voyage au pays des songes. En pleine Verve brit-pop (puis Oasis, Blur, tout ça), un havre de paix dans un monde sûrement trop turbulent. Un monde trop rapide. Dans lequel il faudrait prendre le temps de se poser. Si je devais retenir un message du Petit Album Rouge ce serai surement celui-ci. S’assoir alors que tout bouge autour de nous. Contempler le temps. L’espace. Pour finalement se sentir seul.

Car et si finalement il n’était question que de ça. D’oubli. De solitude. De la peur de l’extérieur. “Cause the word out on the street is you are starving/ Dont let yourself grow hungry now/ Dont let yourself grow cold/ Fox in the snow”. Finalement oubliez ce que je vous ai dit. If You’re Feeling Sinister n’est pas un rempart contre la solitude. C’est d’ailleurs tout l’inverse. Elle n’est jamais aussi grande qu’en écoutant un tel disque. On s’en rend compte au fur et à mesure que l’on avance dans le disque. Et les mélodies souvent accueillantes et chatoyantes de Murdoch ne font illusion qu’un temps. Un mirage. Pour finalement faire apparaître un désarroi plus grand. Qu’il fallait en fait chercher. Longtemps. Encore et encore. If You’re Feeling Sinister n’est finalement qu’un album dépeignant la détresse. D’une manière si humaine qu’elle n’en est que plus belle. Quelques chansons font encore trompe l’oreille malgré l’épreuve du temps (Mayfly, Me & The Major), mais ce ne sont que quelques taches de verdures perdues dans un univers brumeux. Trempé.

Sinon tout n’est que pesant silence et solitude désespérée. Le ciel s’épaissit en fait petit à petit. La pluie commence à tomber. En même temps que nos rêves. Et quand sonnent les premières mesures de The Boy Done Wrong Again, plus rien ne compte. Simplement. Merci.

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