Top : Les meilleures montures de 2019 (1/2)

Une nouvelle décennie vient de débuter. Nous aurons bien le temps de revenir sur la précédente mais, dans la mesure du possible, faisons les choses dans l’ordre. Priorité au court terme. L’année musicale ayant été vécue avec un peu moins de passion qu’à l’accoutumée, ce top s’appuie essentiellement sur les compositions de valeurs sûres.

Le temps permettra probablement de défricher davantage les sentiers isolés pour découvrir des pépites dissimulées aux pieds d’un cèdre ou d’un hêtre. En attendant, les dix EPs et trente LPs qui composent ce top m’ont accompagné durant ces douze derniers mois et deviendront à coup sûr, pour la majorité, des disques de chevet.

Top 10 EPs

10. Jérôme Chassagnard – Wind EP

Jérôme Chassagnard met le vent à l’honneur sur cet EP composé de quatre morceaux où l’on pense aussi bien à Boards of Canada qu’à Moby entre quelques crochets vers le néoclassique. Rugueux et poétique à la fois.

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9. Dreäl – The Wall In Between EP

La Française Dreäl a profité d’un séjour en Islande pour composer un EP où douleurs quasi-apocalyptiques et notes d’espoir cohabitent dans des ambiances oscillant entre nappes éthérées, irruptions de piano et souffles hantés. Cet hypnotisme mystique est aussi entier que passionnant.

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8. Kieli – Tick Tick Talk EP

La multi-instrumentiste a assuré la quasi-totalité des parties instrumentales de cet EP dédié à l’enfance, à la fois glacial et dépouillé. Elin Pöllänen rafraîchit l’indie-folk en lorgnant tantôt vers un néoclassique à base de piano ou vers une pop mélancolique de bon aloi. Accessible et subtil à la fois.

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7. Dälek – Respect To The Authors EP

Après une baisse de régime il y a une demi-douzaine d’années, le retour en forme de Dälek est appréciable alors même que le MC n’a rien changé de la recette qui assurait son succès souterrain. Les instrus vaporeuses et vénéneuses soutiennent toujours un flow massif. Entre épure jouissive et bourdonnements névrotiques, Respect To The Authors s’inscrit d’emblée comme l’une des œuvres essentielles du combo.

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6. Akira Kosemura – Romance EP

Le Japonais aime dévoiler au compte-gouttes ses compositions, publiant chaque année une poignée d’EPs. Cela ne l’a pas empêché en fin d’année de partager la compilation Diary 2016​-​2019. S’agissant des trois extraits figurant sur Romance, ils condensent ce que le pianiste Akira Kosemura sait faire de mieux en associant à un spleen épuré des mélodies envoûtantes croisant nostalgie et espoir. Délicieux.

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5. Emma Sand Group – Door To Door EP

Réincarnation folk de Portishead ne rechignant pas à brancher les guitares pour convoquer des ambiances Lynchiennes, les identités d’Emma Sand semblent multiples et cohérentes à la fois sur cet EP et actualisent le meilleur des années 90 sans jamais forcer le trait. Somptueux.

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4. Féroces - Paul EP

Ils ne nous l’auront jamais offert, ce LP tant désiré. Féroces n’existe plus, suite au départ de son guitariste en cours d’année, et c’est donc à titre "posthume" que la formation partage ce Paul, condensé de ce que les Français savaient faire de mieux : un soupçon de shoegaze (avec une reprise de My Bloody Valentine), un post-rock hanté, abrasif et en forme de montagnes russes et, impeccablement imbriqués, des extraits vocaux de films français, mettant cette fois à l’honneur Daniel Auteuil, Marie-Josée Croze ou François Cluzet, le visage de ce dernier s’imprimant même sur la pochette de l’EP. Féroces va assurément nous manquer...


3. Christoph De Babalon - Hectic Shakes EP

Perdu de vue depuis trop longtemps, l’Allemand Christoph De Babalon, auteur du disque le plus effrayant dixit Thom Yorke, était de retour cette année avec un Hectic Shakes loin d’être réconfortant, prouvant qu’il n’a pas perdu la main. Et si cet EP peut parfois habilement digérer l’héritage d’années 90 riches en matière d’électro oppressante, Christoph De Babalon partage ses tourments dans une veine plus directe et bien ancrée dans son époque.

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2. Rob Dougan - The Life Of The World To Come EP

Qui pouvait encore s’attendre au partage du digne successeur de Furious Angels  ? Pas grand-monde, assurément. Et l’annonce de ce nouvel EP de Rob Dougan s’accompagnait de la crainte du mythe écorné. Il n’en fut rien. S’il garde la même recette, avec ce trip-hop quasi-orchestral et massif, sa sensibilité et son inventivité paraissent sans limite. Envoûtant.

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1. Alexandre Navarro - Pneuma EP

Mais l’EP le plus envoûtant de l’année aura sans doute été ce Pneuma partagé par le Parisien Alexandre Navarro. Féerie onirique, vapeurs planantes et déconstructions abrasives se croisent sur un EP généreux combinant ambient et électroacoustique avec une liberté et une aisance rares.

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Top 30 LPs (Première partie)

30. Morton Gordon – Chamber Science

Le bricoleur de sons Morton Gordon ajoute un nouveau chapitre à sa discographie en combinant de nouveaux samples issus de sa collection de vinyles et réalise en permanence des tours de magie tant ces extraits hétérogènes forment un ensemble cohérent. L’abstract hip-hop ne va pas si mal, merci pour lui.

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29. Kim Gordon - No Home Record

Gordon toujours, avec la jolie surprise que constitue ce premier album solo de l’ex-frontwoman de Sonic Youth. Pour être honnête, à la sortie de ce disque, j’ai imaginé que seuls les papi-rockeurs sauraient s’en délecter. Mais au final, avec une poignée de hits abrasifs, de Air BnB à Murdered Out en passant par Sketch Artist, l’électricité et les mélodies se conjuguent toujours aussi bien quand l’inspiration est là...


28. Gontard - 2029

Sans doute le Gontard le plus profond et le plus immersif. L’album-concept lui va bien et, dans une veine rappelant parfois le sommet de Florent Marchet, le Français imagine avec un second degré désabusé, sur des instrus parfois cheap mais toujours abouties, une dystopie capitaliste dont l’impact se mesure concrètement sur la municipalité de Gontard-sur-Misère.

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27. Blockhead - Bubble Bath

James Anthony Simon peut parfois être irrégulier dans la qualité des productions qu’il partage, mais Bubble Bath, bien que ne faisant pas l’unanimité dans les couloirs de la rédaction, constitue l’une de ses sorties récentes les plus abouties, ressuscitant, toujours dans une veine abstract hip-hop flegmatique et envoûtante, le spectre du sommet The Music Scene.

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26. 36 - Fade To Grey

Si depuis quelques années, l’anonymat et la discrétion n’accompagnent plus les sorties de Dennis Huddleston, la tête de ce dernier n’a pour autant pas tourné, et l’on retrouve le même voile méditatif et lunaire qu’à l’accoutumée sur ce Fade To Grey, invitation supplémentaire au voyage mental dans un registre plus sombre et désabusé qu’à l’accoutumée.

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25. S.H.I.Z.U.K.A. - Infinite Eyes

Anthony DoKhac partage sa publication annuelle, et comme bien souvent, celle-ci trouve sa place dans ce bilan annuel. Infinite Eyes pêche parfois au niveau de sa cohérence d’ensemble - rien d’anormal quand on sait que le disque a été pensé comme un patchwork - mais la justesse technique et l’immersion instantanée provoquée par ces hymnes IDM suffisent à justifier l’écoute décomplexée de ce long-format masquant de moins en moins l’attirance de son auteur pour le Japon.

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24. Bertrand Belin - Persona

Ce n’est pas avec ce Persona que Bertrand Belin échappera à l’épuisante comparaison avec Alain Bashung. Il faut dire que le Français, gagnant encore en assurance et en charisme sur cette sortie, est animé par une maîtrise contagieuse qui, assortie à un phrasé désormais habilement digéré et à une folie libertaire des constructions sonores, lui permet d’accoucher du sommet de sa discographie.

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23. Bjarki - Happy Earthday

Plus haut, nous disions que l’abstract hip-hop n’était pas tout à fait mort. Il en va de même pour l’IDM. Le mystérieux Bjarki Rúnar Sigurðarson assume l’héritage des pionniers de Warp pour partager un Happy Earthday engagé, torturé et aventureux à la fois. On conseille vivement aux fans d’Aphex Twin de se pencher sur le cas de l’Islandais.

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22. Perry Blake - Songs of Praise

L’un des oubliés de l’année 2019... jusque dans nos colonnes. Si Perry Blake a toujours divisé dans les couloirs de la rédaction, c’est sans doute parce que son univers agace autant qu’il fascine. Songs of Praise ne fait pas exception à la règle avec quelques mélodies (sur)pleines d’emphase qui ne suffisent pas à plomber les si délicieux arrangements jalonnant un disque sur lequel l’artiste dévoile plus que jamais ses failles. Songs of Praise, ou l’histoire d’un retour d’entre les morts pour un Perry Blake paradoxalement en forme.


21. Geysir - Malsamaj

La sortie de ce disque de Geysir constitue l’une des belles découvertes de l’année, les Français se plaçant aux côtés de Robin Foster au barycentre d’un shoegaze downtempo façon Slowdive et d’une coldwave instrumentale que n’auraient sans doute pas reniée les Cure de la belle époque. Hypnotique à souhait.

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