Alex Chilton, l’étoile s’est défilée

Quand certains espèrent un printemps sans neige ni gelée matinale, nous tout ce que l’on souhaite c’est un printemps sans nécrologie. Car l’hiver a été rude, et après Vic Chesnutt et Mark Linkous c’est l’americana qu’on aime qui continue d’en souffrir : mercredi, Alex Chilton s’est éteint, foudroyé à 59 ans par une crise cardiaque en son fief de la Nouvelle-Orléans.

Ignoré durant ses trois premières et primordiales années d’activité, son groupe Big Star, étoile filante fondée à Memphis avec un Chris Bell trop tôt disparu, avait posé en trois albums privés à l’époque d’un marketing digne de ce nom les bases d’un indie rock à l’américaine élevé à la pop 60’s du cru (The Band, les Byrds) comme à son versant anglais (Kinks et Zombies en tête), mais capable d’ingurgiter les guitares du hard rock naissant comme les prémices power-pop des Who de The Who Sell Out pour préfigurer tout un pan aussi mélodique qu’efficace de l’indie pop du tournant des années 90.

Une influence notable sur plusieurs générations de formations cultes, de la fin des années 80 avec REM ou les Posies (dont les leaders Ken Stringfellow et Jon Auer accompagneront Chilton et son batteur historique Jody Stephens pour la reformation de Big Star au milieu des années 90, avec pour point d’orgue la sortie en 2005 du beau In Space où transparaît avec plus d’évidence que jamais l’ascendance des Beach Boys) à nos jours (de Ted Leo à Titus Andronicus en passant par The Brakes, la pop à guitares épiques a de beaux jours devant elle) sans oublier les 90’s, âge d’or de la power-pop avec Teenage Fanclub ou Weezer, suscitant l’admiration des plus grands (Elliott Smith - durablement marqué par les harmonies vocales du fabuleux Morpha Too sur Radio City - ou Wilco qui reprendront tous deux le touchant Thirteen ; Jeff Buckley, This Mortal Coil ou encore Bat For Lashes lui préférant l’atmosphère inhabituelle pour le groupe de l’insaisissable Kangaroo) comme en attestera notamment le tribute Big Star, Small World en 2006.

Des mélodies éternelles d’un #1 Record jamais égalé suite auquel Chris Bell quittera le navire, aux ballades glam de Third/Sister Lovers dont la sortie tardive en 78 coïncidera avec le décès de ce dernier dans un accident de voiture, en passant par la spontanéité touche-à-tout de Radio City, autant dire qu’on n’oubliera pas Big Star et Alex Chilton de si tôt, en mode désarmant (I’m In Love With A Girl, plus belle chanson d’amour express jamais écrite ?), réconfortant (Watch The Sunrise, puits d’encouragement à la vie) ou plus nihiliste à l’image d’In The Street, démocratisé grâce au générique de la sitcom That ’70s Show et interprété chez Jay Leno en 94 quelques mois après la reformation du groupe :

News - 19.03.2010 par RabbitInYourHeadlights
 



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