Ninja Warriors 2011 : The Death Set vs. Stateless

Première étape dans notre petit tour d’horizon des sorties Ninja Tune de l’année, un label qui entre ses visionnaires de toujours (Luke Vibert bientôt de retour sous son alias Wagon Christ, Amon Tobin dont l’actu sera particulièrement chargée en fin de semestre à commencer par son très attendu nouvel album ISAM ), ses valeurs sûres (Daedelus, Fink), ses sensations du moment (Bang On !, DELS dont le premier opus co-produit par Joe Goddard d’Hot Chip sortira en mai, ou Spokes auteur le mois dernier d’un bel album atmosphérique pile entre post-rock mélodique et pop orchestrale), ses espoirs (Jono McCleery, Slugabed révélé il y a peu par un excellent remix de Roots Manuva, ou encore Floating Points, projet jazzy du londonien Sam Shepherd dans la lignée du Cinematic Orchestra) et ses figures montantes (Dorian Concept, mais surtout la fabuleuse Emika dont on vous reparlera très bientôt) devrait entamer plus que dignement sa troisième décennie d’activisme dans le métissage musical, qu’il s’agisse d’électro au sens large, de hip-hop côté Big Dada ou de rock plus frontal avec Counter Records - et bien que les frontières soient de plus en brouillées entre ces différentes subdivisions avec notamment la parution la semaine dernière chez Big Dada d’un premier long format du combo franco-américain et berlinois d’adoption Paris Suit Yourself, dont le glam exubérant et saturé se frotte au psychédélisme anglais comme à la Motorik ou aux polyrythmies des musiques africaines dans un esprit aussi festif que politisé guère éloigné de l’afrobeat.


Et en effet si l’on démarre sur un mode plutôt efficace et léger avec le trio australien The Death Set chez Counter Records, on est déjà le cul entre deux chaises, naviguant principalement entre un punk braillard version hipsters et une noisy-pop mélodique plus sincère avec un soupçon d’électroclash abrasif et un zest de hip-hop régressif à l’image d’un single Slap Slap Slap Pound Up Down Snap qui d’emblée ose le croisement qui tue entre Prodigy et les Beastie Boys :

Johnny Siera, laissé seul au micro depuis le décès par overdose en 2009 de son compère Beau Velasco (dont on entendra tout de même la voix sur l’interlude Is That A French Dog ?) ne rechigne d’ailleurs pas à jouer sur son vague air de parenté tant physique que vocal avec Adrock sur ce premier extrait de Michel Poiccard, successeur de l’inégal Worldwide de 2008 à paraître lundi. Un deuxième opus produit cette fois par Alex Brady Epton aka XXXChange, moitié de Spank Rock croisé notamment aux manettes du Midnight Boom des Kills et apparaissant par ailleurs avec son complice Naeem Juwan sur 7PM Woke Up An Hour Ago (en avant-goût d’un nouvel album du duo électro/hip-hop qui devrait voir le jour dans l’année). Quant à Diplo, il officie dans l’ombre du tubesque Yo David Chase ! You P.O.V. Shot Me In The Head dont on peut entendre un extrait en fin de clip, un titre symptomatique de l’esprit potache du groupe avec sa référence à la fameuse scène finale de la série TV The Sopranos dont Chase fut le créateur et scénariste.


Encore un deuxième album mais à l’autre bout du spectre musical cette fois, celui de Stateless, combo qui nous vient de Leeds et a su s’entourer quatre ans après un premier opus remarqué chez Studio !K7 de collaborateurs à la hauteur de ses ambitions pour livrer avec Matilda sorti lundi un album résolument moderne et ouvert sur le monde, marqué par un dubstep en pleine démocratisation autant que par les effluves du folklore moyen-oriental comme sur le single Airiel :

Il fallait bien le talent de Damian Taylor, l’un des architectes des Vespertine et Volta de Björk habitué en outre des collaborations avec UNKLE ou South pour donner à cette électro orchestrale ou teintée d’acoustique, tantôt feutrée ou carrément sismique à la façon d’un Son Lux en plus soul, toute l’ampleur sonique et les contrastes qu’elle méritait, le songwriting cinématique de Chris James (révélé au chant sur le dernier album de DJ Shadow en 2006) que transcendent des vocalises troublantes quelque part entre Fauve et My Brightest Diamond (Shara Worden étant justement invitée sur le titre I’m On Fire) s’aventurant souvent sur des territoires aussi ténébreux que mystérieux à l’image de ceux du beatmaker américain dont l’influence sur ces pulsations profondes et décomplexées lorgnant parfois sur le trip-hop n’est plus à démontrer.

A découvrir via Spotify et à ne surtout pas manquer ce samedi à Paris, date unique en France pour le groupe rejoint par Sayem, Blackjoy et Hypo & EDH sur la scène de la Flèche d’Or pour une soirée en clair-obscur sous le signe de l’atmosphère.


Prochaine rencontre : Daedelus vs. Emika.

News - 23.02.2011 par RabbitInYourHeadlights
 



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