Le streaming du jour #109 : Kourgane - ’Corps De Chasse’
Corps De Chasse succède à Heavy (2008) et, comme son prédécesseur, est tout simplement impressionnant. Kourgane œuvre à la fois dans la noise et le naturalisme. Le titre de ce nouvel opus ne pouvait être mieux trouvé : instrument et prédation. Originaires de Pau, leur musique évoque la montagne, le nature, la faune et la flore sauvages des Pyrénées bien sûr mais aussi de n’importe quel autre paysage à la fois inhospitalier, brisé et magnifique issu de la collision de deux plaques continentales.
Tellurique, rugueuse, bestiale, primale, dangereuse mais aussi parfois domestiquée, la noise géologique de Kourgane convoque toutes ces forces qui nous dépassent et rappelle à quel point nous restons fondamentalement fragiles. Le bruit sec d’une batterie qui claque comme un coup de hache, la basse énorme et en avant qui enveloppe l’espace et le jeu tout aussi subtil que puissant des deux guitares qui charrient leur lot de bouts de ferraille venant compléter ce totem tribal constitué de mousses, de lichens, d’os et de poils d’animaux et bien sûr de morceaux de bois. Et puis aussi un dernier ingrédient qui parachève l’ouvrage : la voix et même, plus que la voix, les mots. Des mots auxquels souvent on ne comprend pas grand chose, tout au plus prend-t-on des images éparses de-ci de-là, des fragments de phrases ou des interjections isolées mais qu’importe puisque les instruments qui les accompagnent font le reste et on ne peut pas imaginer cette musique sans cette voix aux contorsions singulières – qui crie, psalmodie, égrène et chante aussi parfois – et sans ces mots-là, ces « Natacha », ces « À l’abri des rotules dans ta boite de merde » et tout le reste. Un disque qui a tout du Land Art, on imagine bien le groupe jouer au milieu de la nature, pour les éléments ou plutôt traversé par eux, médium du magma qui court sous ses pieds et des blocs de roches fracassés sur lesquels il se déplace, créant ses morceaux intenses et tendus dont seule l’érosion pourrait entamer la force. Des neuf minutes du crescendo tarabiscoté de Rambarde à la sublime construction disloquée d’Y Rester, l’agrégat sonore déversé à grands flots par Corps De Chasse réveille l’animal qui est tapi au fond de chacun d’entre nous.
Mais assez disserté, laissons parler l’humus et les minéraux, la matière organique et le vent. La parole à la nature...
À noter que l’objet est vraiment superbe et disponible au format LP 12" + CD chez l’intransigeant À Tant Rêver Du Roi contre 15 petits euros, ce qui n’est pas cher payé pour un fragment de volcan en éruption.

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