Le streaming du jour #328 : François Dumeaux & Nicolas Godin - ’Piriforme #2 / Criocère’ & Doug Seidel - ’Distractors’

En septembre dernier, on découvrait l’étrange et stimulant Postkraut, premier volet de la trilogie Piriforme improvisée en 5 jours de juin 2011 par François Dumeaux et Nicolas Godin dans un studio de Cuzon en Aquitaine, pas loin d’Agen où le duo œuvrait dix ans plus tôt dans un psychédélisme déglingué au sein des séminaux Shapeless avant de se retrouver dans un registre noisy pop du côté de Peggy Lux.

Depuis, on avait pu croiser Nicolas (qui doit en avoir assez qu’on lui rappelle son homonymie avec un certain Versaillais...) à la batterie d’Overflow.inc, puis en tant que Shape2 dont le Bandcamp regorge de pépites lo-fi habitées aux discordances malaisantes (dernière en date, l’album Kayak paru en février dont la tension minimaliste et l’atmosphère angoissée font leur petit effet), auteur par ailleurs de deux reprises remarquées sur le récent tribute à Grandaddy du webzine A découvrir absolument. Quant à François, c’est sous le pseudo de Druc Drac qu’il était reparu l’an dernier au côté du génial Nebulo pour imaginer chez Hymen une BO à la saga graphique Les Cités Obscures de Schuiten et Peeters, remarquable concept à la croisée de l’IDM et de l’ambient dont on vous avait touché quelques mots ici.

Mais revenons à Piriforme, véritable laboratoire d’expérimentation sur le bruitisme et l’absurde qui permettait au deux hommes sur le premier volet de malmener le krautrock synthétique, la noise acousmatique, John Carpenter et Mike Brant (!) au sein d’une seule et même galette tantôt incandescente et hypnotique ou plus atmosphérique et déconstruite. Autant dire que l’on s’attendait à tout de la part de Criocère, second volet dévoilé hier qui surprend d’emblée par son homogénéité et sa maîtrise du silence. Cette fois, le duo s’attaque à la musique concrète dans un registre ouvertement atonal en croisant ambient dissonante et free noise feutrée sur une quinzaine de titres à l’instrumentation parcimonieuse, parsemés de lamentations gutturales et de sons trouvés voire parfois carrément improvisés à partir de bruits d’objets :


Un album disponible à prix libre, à l’image du précédent, via pas moins de trois labels différents : Pagans, terrain de jeu de la formation gasconne Familha Artús au sein de laquelle officie Shape2, Tyto Alba et surtout Stomoxine Records sur lequel on s’attardera un peu plus puisque cette micro-structure co-fondée par Nicolas avec eOLe, à l’époque troisième larron de Shapeless avant l’arrivée de Druc Drac dans le groupe, fait preuve d’une belle vitalité dans les musiques expérimentales et notamment dans l’improvisation.

En témoigne ainsi depuis quelques jours le nouvel opus de Doug Seidel, vétéran du collectif Exquisite Corpses From The Bunker (au même titre qu’Ikue Mori ou Zeena Parkins) dont l’americana déstructurée, tantôt mystique ou carrément pataphysique à la croisée d’un Gastr Del Sol qu’on aurait cogné très fort sur la tête et d’un équivalent campagnard The Books, mêle interférences électroniques, voix d’enfants, field recordings et vieux enregistrements sur cassettes à des sonorités folk plus traditionnelles et des instruments fabriqués de bric et de broc par le New-Jersien lui-même :


Et avec une vingtaine de sorties disponibles sur la page Bandcamp du label, les amateurs devraient avoir de quoi faire le plein d’univers bien barrés jusqu’à la sortie de Piriforme troisième volet.


Streaming du jour - 10.03.2012 par RabbitInYourHeadlights

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mercredi 11 décembre 2019


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