Le streaming du jour #381 : Geoff Barrow & Ben Salisbury - ’Drokk : Music Inspired By Mega​-​City One’ & Grapefruit - ’s/t’

Retour vers le futur tel qu’on l’imaginait dans les années 80 pour le streaming d’aujourd’hui avec deux visions opposées de la musique de synthétiseurs "à l’ancienne".

Dystopique, ultra-minimaliste et cinématique pour commencer avec le dernier projet de Geoff Barrow, co-signé par le compositeur Ben Salisbury, arrangeur attitré de son label Invada Records réputé par ailleurs pour ses scores - électroniques comme orchestraux - à la télévision anglaise et actuellement au travail avec Adrian Utley, compère de Barrow au sein de Portishead, sur le prochain album solo de Joe Volk (Crippled Black Phoenix).

Sur le devant de la scène depuis quelques semaines pour les productions hip-hop du gargantuesque éponyme de Quakers chez Stones Throw, le Bristolien explore en effet un univers nettement plus personnel et crépusculaire avec cet accompagnement musical fantasmé du cyber-comics anglais Judge Dredd, influencé par tout ce que les 80’s comptèrent de pianotages anxiogènes sur grand écran, des Goblins d’Argento au Giorgio Moroder de Scarface en passant, bien sûr et surtout, par l’indépassable John Carpenter.

Étrennée sur le Third de Portishead (souvenez-vous notamment du final de Machine Gun), puis pliée à l’hypnotisme opiacé de la kosmische music teutonne avec son trio BEAK> (dont on retrouve ici l’influence sur Inhale), cette obsession synthétique de notre mythique pionnier du trip-hop est poussée avec Drokk dans ses derniers retranchements de simplicité et d’efficacité. Hommage total à l’univers des séries B avec ses instrumentaux immersifs entrecoupés de transitions plus courtes aux brusques changements d’atmosphères et aux enchaînements parfois abrupts, l’album se pose ainsi en adepte du minimum de moyens pour le maximum d’effets, y compris lorsque les compositions du duo entre deux pics de tension saturée se font plus planantes voire mélancoliques à la façon d’un Vangelis période Blade Runner, ou même d’un Brian Eno de la même époque.


Quant à l’Américain Grapefruit, dernier rejeton de l’excellent label de Portland Field Hymns, il livrait hier et sur cassette limitée comme il se doit un premier album ouvertement marqué par le krautrock stellaire de Tangerine Dream, dans une veine plus dense, aérienne et abstraite que l’album précédemment commenté mais surtout nettement moins dramatique, toute en flot d’arpèges oniriques sur fond de nappes analogiques et de pulsations métronomiques :


Et comme notre bonhomme, Charlie Salas Humara de son vrai nom, excelle tout autant dans les collages vintage en images, on se quitte sur la vidéo SF du quintessentiel Phase Accidents, un trip à ne surtout pas manquer :


Streaming du jour - 02.05.2012 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
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mercredi 5 août 2020


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