2012 : un séjour au Cariboukistan ... ça c’est top !

2012, je ne t’ai jamais aimée, 2012 tu mérites des pierres dans ta petite gueule, 2012 ravi que tu fasses parti du passé ... et à jamais.

Elle avait pourtant commencé comme toutes les autres cette année, se souhaitant bonne, pleine de santé et de prospérité. Mon cul, votre webmaster/rédacteur a tout paumé à titre personnel, expliquant un insolent absentéïsme dans ces colonnes, heureusement passé inaperçu par la force d’une équipe toujours au taquet. Oui on m’a tout pris, la gloire, l’allure, le panache, un château en Espagne, la drogue, les filles faciles, Bernard Lenoir et de belles illusions. Entre exil et asile, me voilà errant au fin fond du Cariboukistan, riez chers lecteurs mais il y a tout de même des pays où il ne fait pas bon vivre.

Fort heureusement, 2012 que je n’oublierai donc jamais, c’est aussi l’an zéro taillé pour un renouveau, et pour preuve voici venu un top et des artistes qui avaient dû sentir le vent venir.


Place aux jeunes


1. Burning Hearts - Extinctions

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Ce second album du duo finnois Burning Hearts, c’est vraiment le top. Même en s’infligeant un demi handicap en ouverture d’album, avec On The Last Day Of The Decade, le titre le plus “faible” de l’album, je vote sans hésitation pour cet Extinctions (nominé également aux Emma Awards finlandais). Car finalement dans cet opus tout n’est que beauté, volupté, pop léchée et air roulé. Vocalement, je n’avais pas été conquis de la sorte depuis l’arrivée de Meriel Barham sur le In Ribbons des Pale Saints (1992, pile 20 ans) et musicalement, c’est patiné, taillé dans l’émerveillement, parti pour m’accompagner jusqu’à la mienne ... d’extinction.


2. Allo Darlin’ - Europe

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Le premier et éponyme Allo Darlin’ avait été éclipsé par les filles de Liechstenstein en 2010, mais cette année avec Europe ce sera l’inverse. La formation anglo-saxonne emmenée par une australienne, Elizabeth Morris, fait preuve ici d’une telle sincérité, d’une telle accroche mélodique que succomber était une évidence. Que vous soyez ou non accroc comme moi depuis toujours au côté twee de la force, l’association ici faite avec des penchants plus folk et des humeurs parfois plus nostalgiques donnerait presque à ces compositions un lien de parenté avec les premiers Belle & Sebastian, bref de quoi s’attirer bien plus qu’une petite communauté de fidèles.


3. Trailer Trash Tracys - Ester

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Le hold’up de l’année est à attribuer aux anglais de Trailer Trash Tracys. Imaginez simplement que pour leur premier album, ils ont sorti d’outre-tombe les Cocteau Twins et My Bloody Valentine, rien de moins. D’autres s’y sont essayés, avec plus ou moins de bonheur, mais sur Ester le résultat étonne par la justesse de ses dissonances. Je leur souhaite bien du courage pour dépasser un début de carrière de cette trempe.


4. Cats On Fire - All Blackshirt To Me

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Qu’il fait bon être finlandais en 2012 puisqu’à la photo finnish, la bonne blague, Cats On Fire décroche la quatrième place. Cela fait un bout de temps que je les suis, et ce quasi podium n’est que justice rendue à une discographie bien plus qu’attachante. Oui, All Blackshirt To Me n’est que la continuation d’une œuvre qui doit autant à l’aura des Smiths qu’à celle du gracile Mattias Björkas. Respect.


5. Porcelain Raft - Strange Weekend

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Je ne sais sur quel pied danser avec ce Strange Weekend  ! Un italien exilé en terre britannique puis à New York, les Pet Shop Boys qui auraient enfin décidé de sortir un bon album, pas facile à suivre. Mais l’exercice auquel s’est livré Mauro Remiddi s’est avéré aussi périlleux que réussi … avec brio.


6. Erevan Tusk - Fortify Your Innocence

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Il y a bien longtemps qu’on ne rougit plus quand l’heure est venue de placer quelques jeunes pousses hexagonales. La proximité qu’on peut avoir avec eux, dans le genre un showcase à Rock En Seine devant une centaine de fans et de badauds, ne doit malgré tout pas tromper le nécessaire jugement. Erevan Tusk aurait pu sonner comme un bon petit groupe de la région Île de France, mais rien à faire, leurs morceaux sont énormes, d’une envergure internationale, rivalisant sans problème avec la crème pop rock allant de James à Death Cab For Cutie via The Shins, voire même un peu plus loin. La classe.


7. Violens - True

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Failles spatio-temporelles, brèches dans l’espace temps, en 2012 je suis prêt à tout gober, surtout à l’écoute de cette compil’, que dis-je, ce best-of du début des 90’s. Entre le fantôme de Ian Master (Pale Saints, Spoonfed Hybrid) et l’ombre des Ride, on peut proclamer certifié le jumelage entre l’année 2012 et l’an 1990.


8. Baden Baden - Coline

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Je n’étais pas le seul à attendre beaucoup, énormément même de Baden Baden, après les quelques singles et EP distillés ces derniers temps. J’ai même cru qu’ils s’étaient un peu trop reposés sur leurs lauriers ces garçons des beaux quartiers. Mais cette pop’touch, aussi propre soit-elle, aussi léchée soit-elle, me met invariablement dans un état d’admiration. Une belle coline.


9. Fanfarlo - Rooms Filled With Light

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Pour moitié ovni, pour moitié faisant siennes de bonnes vieilles recettes, Fanfarlo aura étonné. Sa présence dans mon meilleur de 2012 était acquise, catalogué parmi les “jeunes” n’aura finalement tenu qu’à cet esprit novateur qui les a traversés. Bien vu.


Quelques simples s’entremettent


L’intermède dans ce classement, tuant par la même occasion toute chance pour quiconque de figurer à la dixième place, est consacré aux albums qui auraient mieux fait de ne pas se parer d’un si beau titre (qui se sent finalement un peu seul). Le premier, le roi, the king, celui que je voudrais entendre à ma crémation, tirant les larmes de tous ces survivants, n’est tout simplement que le Trish de Angil extrait du malgré tout très bel album Now. C’est perdu également pour Beach House, qui ouvre son album Bloom avec un Myth bien trop réussi pour qu’on se contente du reste. Pas de The Vaccines cette année, malgré l’étourdissant déhanché emprunté à Morrissey le temps d’un Ghost Town, leur Weirdo très surf-Pixies valant également le détour. Exit également le dernier Dominique A, qui ne m’aura finalement surpris qu’en faisant aussi bien que Sébastien Schuller avec le tout dernier morceau Par Les Lueurs. Et je dis quoi moi à James Yorkston qui s’est fendu d’un simplement troublant The Fire & The Flames et d’un réconfortant Just As Scared ? Tant d’albums recalés à cause de mes humeurs, c’est injuste, et même rageant pour celui à qui cette 10ème place était promise : le Nothing Bad Will Ever Happen de Dignan Porch, concentré de jeunesse et d’espoir, qu’on se le dise.

Best cover : Chromatics : Into The Black (Neil Young)


Pas assez vieux pour s’abstenir


11. Spain - The Soul Of Spain

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Premier des “anciens combattants” c’est pas rien surtout après tant d’années où Josh Haden se morfondait en solo. Mais quel retour en gloire, un album de Spain n’étant jamais aussi bon que lorsqu’on l’écoute. Incontournable pour tous les amateurs de slowcore.


12. Borko - Born To Be Free

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Hop, un barbu c’est direct chez les vieux. Pas de bol, parce que sans la barbe c’était probablement sur le podium avec un album qui m’a envoyé dans la stratosphère à la seconde même où j’ai commencé à l’écouter. Un album lunaire, orchestré à merveille, neuf morceaux à aimer éperdument.


13. Dark Dark Dark - Who Needs Who

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Trop de rendez-vous manqués avec Dark Dark Dark, de concerts foireux, d’espérances déçues, de Marshall LaCount qui se fait petit pendant que Nona Marie Invie se guinde. Cette place de treizième résonne comme une punition, et pourtant je les ai adoptés leurs morceaux, je les aime à en crever, 7 ans de malheur viennent de s’abattre sur moi pour avoir trahi le meilleur album de l’année.


14. Disappears - Pre Language

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Le rock n’en mène plus large dans mes contrées, et pourtant quand vient à se pointer un brulôt comme ce Pre Language de Disappears, je suis prêt à pousser les enceintes jusqu’au point où les voisins déchantent. Neuf titres, que du bon, que du brut, foncez.


15. Rover - Rover

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J’ai garé ma voiture pas loin, parce qu’en voyant si haut perché ce Rover je sens que je vais me faire courser dans les rues de Montpellier. Je comprends toujours pas pourquoi … tant cet album m’impressionne par tant de justesse et de talent jamais bien loin d’ailleurs d’un certain David Bowie.


16. Dan San - Domino

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De nos jours, un top sans belge c’est comme des frites sans sel, c’est du snobisme. Parce que franchement , ce Domino de Dan San a quand même plus d’un tour dans son sac. Ok faut aimer les boiseries.


17. Soften - Rocket Science

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Petit à petit, on commence également à se pencher sur le creuset Suisse. Après le best band of the world Peter Kernel l’an dernier, c’est dans un genre rien à voir qu’on retrouve Soften. Pas impossible qu’il ait soupé du Elliott Smith matin, midi et soir, et le régime imposé a porté ses fruits avec un album de toute splendeur.


18. The Mountain Goats - Transcendental Youth

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C’est rare que John Darnielle ne s’en sorte pas avec les honneurs, cette année pas de prise de risque, du Mountain Goats pur jus, je ne boude pas mon plaisir.


19. And Also The Trees - Hunter Not The Hunted

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Vieux briscard que j’aimais, And Also The Trees prend des nuances avec le temps. Mais ce Hunter Not The Hunted ne déroge pas à certaines règles, comme celle nécessaire d’éloigner toute corde, objet tranchant et arme à feu lors des séances d’écoutes. Déprimant juste comme il faut.


20. Tue-Loup - 9

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On ne m’a pas laissé le temps d’écouter ce neuvième Tue-Loup, et pourtant ça s’entend très vite qu’il a tout d’un grand. Ça swell dans les entournures, ça défrise le rock français sur En Partance, bref ça pourrait encore bien faire un de ces joyaux dont les sarthois ont le secret.


L’incroyable réédition : Dreamscape - la-di-da recordings


Hors Catégorie


Miséricorde. J’ai bien essayé d’oublier le vrai de vrai numéro un de l’année, because le groupe a jeté l’éponge, because le disque on ne le verra pas dans les bacs. C’est la cerise sur le gâteau, fuck 2012 avec l’Album à écouter là maintenant tout de suite :

These Single Spies (ou Thee Single Spy pour les intimes) - Shipwrecking


Ainsi s’achève votre séjour au Cariboukistan, avec Alex Mattinson au chant. N’oubliez pas de passer par la boutique souvenir avant que ne parte le train, bon retour dans vos terres et à l’année prochaine.

Indie/Caribou qui se détend.



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


jeudi 13 décembre 2018


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