Le streaming du jour #1053 : Cliff Dweller - ’The Dream In Captivity’

Vertigineux comme Inception et la disco de Nurse With Wound réunis, le nouvel album d’Ari Balouzian est un rêve dans un rêve dans un rêve, ou plutôt une fantasmagorie dans un cauchemar dans un miroir donnant sur l’anti-monde, avec aux manettes un illusionniste de l’hantologie qui n’a plus besoin d’artifices americana, trip-hop ou jazzy pour nous faire succomber aux attraits morbides et drogués de son purgatoire à idées.

On retrouve par intermittence le piano de Max Whipple (la veillée funèbre ouvrant le superbe Valhalla Memorial Park) et même une courte apparition de James Levine aux fûts mais c’est bien le Californien qui marque plus que jamais de son goût pour l’errance narcotique ce successeur du fabuleux Emerald City, étrangement disparu de la page Bandcamp du groupe. Une façon peut-être de couper les ponts avec les derniers vestiges de chansons de la musique de Cliff Dweller, on efface tout et on repart de zéro pour privilégier la retranscription de pures sensations aux confins du reflux mémoriel lancinant et du bad trip onirique infusé aux fêlures du subconscient.

Samples et field recordings hautement manipulés, qu’il s’agisse d’orchestres surannés, de voix déformées, de synthés analogiques d’antan ou d’instruments ethniques tirés de quelque vieille cassette, sont ainsi le terreau privilégié de ce nouvel opus maniant l’art du collage avec une fluidité toute déliquescente, au point que rien ne semble vraiment dissocier les tempêtes de bruit blanc, beats indus martelés, cornes martiales et réminiscences fantomatiques de ballet classique qui émaillent à tour de rôle l’introductif Lockheed / Warplanes.

Tout au plus si la minute trente de saillie punk névrotique et lo-fi en plein milieu de The Sound Was Always Beautiful Under The Electrical Wires malmènera quelque peu, et tout à fait volontairement, la progression d’un disque se terminant à la fin du même titre sur le son d’un rideau de fer que l’on abaisse sans ménagement, comme si cette psyché trop longtemps libérée se devait de retrouver les fers avant que sa schizophrénie ne contamine l’univers alentour.


Streaming du jour - 03.04.2014 par RabbitInYourHeadlights
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Cliff Dweller sur IRM - Site Officiel - Bandcamp

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dimanche 19 mai 2019


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