Le streaming du jour #1334 : The Dears - ’Times Infinity Volume One’

En plus d’être plus finement ciselé qu’il n’y paraît de prime abord, le Mass:Light synth-pop de Murray Lightburn aura eu le mérite de rappeler aux Dears qu’avant de faire sonner les guitares, mieux vaut avoir de grandes chansons. Après une poignée d’albums souvent épiques (un excellent Missiles en tête, qu’il faudrait voir à réhabiliter fissa) mais moins à fleur de peau qu’à leurs débuts, Times Infinity Volume One renoue ainsi avec la dramaturgie et le romantisme désespéré des grandes heures du combo, qui signe là son disque le plus poignant depuis l’acclamé No Cities Left.

La référence est évidente avec l’électrisant Here’s To The Death Of All The Romance, suite directe du crève-cœur 22 : The Death Of All the Romance mais c’est finalement sur les faramineux You Can’t Get Born Again et Onward And Downward où la claviériste Natalia Yanchak retrouve un rôle prépondérant au chant que les Montréalais, coproduits cette fois par la paire de GY !BE Efrim Menuck/Thierry Amar au fameux studio Hotel2Tango, retrouvent pleinement la dimension tragique qui faisait tout le prix de leurs parfaites premières galettes. Quête sans espoir d’une dernière chance de réparer l’irréparable, le premier ne lésine pas sur les synthés 80s tandis que le second, interprété par la seule Natalia, use d’un saxo délicieusement vintage et de gimmicks d’arrangements 60s pour pleurer sur l’inévitable - "in the end, we will die alone" - mais dans les deux cas l’évidence mélodique et les émotions transcendent chaque élément, des cordes douloureusement classieuses aux claviers bontempi paradoxalement investis d’une certaine grâce sans âge.

Signes encore plus flagrants de ce retour aux sources, Face Of Horrors pourrait avoir été enregistré il y a 12 ans et le bouleversant To Hold And To Have, chanté cette fois par Murray en solo, se permet d’égaler avec un lyrisme rétro et d’irrésistibles orchestrations la détresse sans issue du titre-phare précédemment cité d’un No Cities Cities Left qui n’a pas pris un cheveu blanc. "En commençant à travailler sur cet album, le procédé nous a complètement consumés, nous rappelant à nos débuts", admet Lightburn. "En retour, c’est devenu un disque à propos de nos sentiments face à une grande incertitude ; le concept d’amour éternel dans toute sa fragilité."

Toutefois derrière la pop sensible (Someday All This Will Be Yours... imaginez les Smiths de The Queen Is Dead repris par Thom Yorke, ça donne une idée), les guitares enflammées - et parfois la grandiloquence assumée, cf. ici le bien nommé I Used To Pray For The Heavens To Fall - des albums plus récents ne sont pas en reste et dès l’introductif We Lost Everything, manifeste incandescent pour la thématique d’amour déchu qui sous-tend l’intégralité de ce sixième opus, on se prend à rêver à nouveau de voir les Dears revêtir enfin cette casquette de Radiohead canadien qu’on les imagina un temps porter au regard d’un début de carrière aussi spontané qu’ambitieux et racé... c’est dire l’équilibre idéal de ce petit bijou beau à faire chialer des cailloux.


Streaming du jour - 14.10.2015 par RabbitInYourHeadlights
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dimanche 18 août 2019


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