Le streaming du jour #1424 : JK Flesh - ’Rise Above’

En choisissant de sortir ce second album du projet solo JK Flesh sur le label Electric Deluxe du Paap (hihi) techno néerlandais Speedy J, Justin K. Broadrick a poussé le risque de s’aliéner sa fanbase de musique extrême encore un peu plus qu’à l’accoutumée dernièrement (cf. sa récente collaboration avec Sun Kil Moon qu’on serait bien en mal défendre ici, la faute à l’ego de songwriter désormais surdimensionné du père Kozelek, ou le dub ambient de l’excellent mais surprenant troisième opus de Council Estate Electronics). Ça tombe bien, Rise Above étant un alien en soi, mutation carrée mais tout aussi suffocante et plombée du Posthuman d’il y a quatre ans - que le bonhomme avait ressorti l’an dernier sur sa page Bandcamp avec un morceaux inédit et quatre versions alternatives en bonus téléchargement.

Du dubstep massif et larsenisant à guitares saturées de ce premier opus à la croisée du metal indus et de l’électro, ce projet pensé à l’origine comme une soupape solo aux travaux instrumentaux de Techno Animal ne retient ici toutefois ni les borborygmes enragés, ni les riffs heavy ni même la sauvagerie power electronics, Rise Above optant pour une tension plus hypnotique aux beats tout aussi implosifs et fangeux mais bien plus réguliers. Qu’on ne s’y trompe pas pour autant, on est loin du calibrage techno et les distorsions de synthés analogiques qui crissent sur cette base rythmique déjà crépitante et pesante à souhait véhiculent une sensation de déliquescence perturbante, envahissant l’espace jusqu’à ce que l’oxygène s’y fasse aussi rare que l’espoir d’un futur déjà en état de décomposition avancée.

Quel que soit le tempo, vortex polyrythmique relativement véloce sur un Tunnel martial aux affleurements de synthés inquiétants, martèlement de chaîne d’usinage sur le fuligineux Defector ou le bourdonnant Swarm, syncopations mécaniques plus alanguies mais tout aussi dronesques sur Conquered ou sur Cast, métronomie cyberindustrielle sur Trinity, le morceau-titre ou le très flippant Low Alloy, les machines de Rise Above obéissent à leurs contremaîtres post-humains moribonds pour mieux fomenter leur révolte dans un bouillonnement de circuits imprimés et de roulements métalliques chauffés à blanc. Pas aussi saisissant que le précédent en somme mais toujours imposant, malaisant, insoumis... en un mot comme en cent, grand !


Streaming du jour - 27.10.2016 par RabbitInYourHeadlights
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mardi 16 juillet 2019


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