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Le streaming du jour #1445 : Isobel Ccircle - ’The House in Harbour Park’ & ’Lullaby of the Drowned’ | Indie Rock Mag

Le streaming du jour #1445 : Isobel Ccircle - ’The House in Harbour Park’ & ’Lullaby of the Drowned’

On avait laissé Isobel Ccircle, collaboration transatlantique entre l’Anglais Matthew Bower (Wizards Tell Lies, The Revenant Sea) et la Louisianaise April Larson, sur l’EP Eyes In The Ground d’il y a trois ans déjà, friche dark ambient post-indus austère et crépusculaire où l’on notait notamment l’influence de John Carpenter.

Pas de pulsations minimalistes (à l’exception du dub industriel du génial Deep Cargo) sur ces deux sorties autoproduites datées du premier semestre mais on a forcément une petite pensée nostalgique pour The Fog en découvrant le synopsis de Lullaby of the Drowned, sombre histoire de bateaux fantômes condamnés à répéter dans la tourmente leurs dernières heures tragiques en un éternel appel à l’aide devenu complainte spectrale, à portée d’un phare dont la bibliothèque documente ces apparitions depuis des siècles.

Les field recordings aidant, il y a assurément une dimension dramaturgique digne du grand écran dans cette suite d’instrumentaux ambient aussi sinistres qu’éthérés où cliquètent et crissent sur fond de drones lugubres le gréement décrépi et les boiseries en décomposition de ces épaves flottantes rongées par l’eau de mer (Decommissioned Vessel, Saltwater), mais elle fait jeu égal avec le goût commun de l’Américaine et du Britannique pour l’occulte dans sa dimension la plus naturaliste (on se souvient notamment de The Occurrence, EP inaugural de WTL basé sur une série d’évènements surnaturels soi-disant couchés sur bande par un obscur scientifique des 70s). On y entend ainsi le genre de radiances ectoplasmiques qui affolent les appareils des parapsychologues (Teardrop Hull) mais également le chant funèbre des vents mauvais (Lullaby of the Drowned) et pas mal de mélancolie (Somnolent, Acionna’s Cask), celle des morts isolés pour toujours dans un purgatoire sensoriel proche de l’abstraction :



Quant au tout aussi superbe The House in Harbour Park, on y retrouve l’obsession du duo pour la cartographie de lieux hantés, fussent-ils imaginaires. C’est le cas de cette masure sur la cover, perdue dans un brouillard interdimensionnel qui ne s’ouvre sûrement à notre perception qu’aux confins de l’éveil et du sommeil, lorsque nos sens sont le plus susceptibles d’être manipulés par les manifestations spiritiques qui l’habitent. Matt et April nous en diront bientôt davantage sur leur inspiration à l’occasion d’une interview croisée qu’ils nous ont accordé lors de leur visite à Twin Peaks, mais il y a fort à parier que ces rêveries crépitantes aux nappes de synthés et reverbs anxiogènes, émaillées d’interférences avec l’au-delà (The Keyhole Observations, Voices in the Dial Tone) trouvent leur origines dans les émanations nocturnes les plus inquiètes du subconscient :


Streaming du jour - 30.11.2016 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
Isobel Ccircle sur IRM