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Conger ! Conger ! - This Is A White Album - Chroniques | Indie Rock Mag

Conger ! Conger ! - This Is A White Album

Sur This Is A White Album, on a vraiment l’impression que Conger ! Conger ! a laissé aller sa musique là où elle le menait. Toujours sans calcul et cette fois-ci sans concept, le groupe y consigne soigneusement toutes ses facettes. Passionnant.

1. SHORTTERMS
2. FORGET MY WORLD
3. AWA
4. WORDS
5. A ROAD
6. SWILL
7. RAINING LIGHT
8. GIVE US THE POISON
9. ANNOYING
10. THE GREYMAN
11. CALL ME PAUL
12. HATCH !
13. PULSATE
14. OUT FROM HEAVEN
15. SEX WITHOUT JOY
16. I AM THE MAN
17. CLOUDS
18. A PLACE

date de sortie : 01-02-2017 Label : Autoproduction

This Is A Black EP se cachait sous un blanc immaculé et en toute logique, This Is A White Album présente aujourd’hui une pochette résolument noire. Au programme, dix-huit titres souvent urgents, parfois posés mais en permanence accrocheurs. Conger ! Conger ! demeure implacable et touche-à-tout. Malgré l’apparente absence de ligne directrice, la musique du trio reste cohérente et on a beau ne pas savoir à quoi s’attendre lorsqu’un morceau se termine, le suivant se montre de toute façon également accaparant. Tiraillée en permanence entre noise rock et indie rock, riffs biscornus, acoustique élégante et mélodies pop, invectives et voix feutrées, l’architecture repose sur des soubassements hétéroclites mais reste solide malgré tout. Aucune fissure à déplorer, pas le moindre signe de vieillissement prématuré, l’ensemble a bien de la gueule et on sent bien qu’il est construit pour durer. Comme on se replonge encore et toujours dans At The Corner Of The World ou ZAAD quand le besoin d’authenticité se fait sentir, il y a a fort à parier que celui-là aussi nous accompagnera longtemps.

Ses qualités intrinsèques en font un instantané qui agrippe d’abord par sa fraîcheur mais pas seulement. C’est aussi un disque bien plus retors qu’il n’y paraît. C’est Conger ! Conger ! et on sait bien alors que la diversité se cache entre les morceaux, certes, mais aussi à l’intérieur de chacun d’eux. Au hasard, prenez Words qui apparaît en quatrième position : en cinq petites minutes à peine, il déploie un relief qui ne cesse de muter. Fortement ancré dans les ’90s et l’Amérique, il suit une route tarabiscotée qui, partant des Pixies, s’échouerait quelque part aux alentours de Built To Spill avec l’intégralité du catalogue Dischord bloquée dans l’autoradio. Ça n’a l’air de rien dit comme ça mais tout de même, c’est un sacré écart stylistique négocié sans difficulté apparente. Et puis, pour tout dire, avec les Phocéens, on n’a pas envie de multiplier les références car même si elles aident éventuellement à situer le segment musical où fraie This Is A White Album, elles ne lui rendent pas service et finissent par ternir l’éclat d’un disque - et d’un groupe - qui s’en passent très bien. Conger ! Conger ! navigue au gré de ses envies, imperméable à tout ce qui l’environne et fait son truc sans rien demander à personne. Alors c’est vrai, on n’aime pas trop le terme "authenticité" utilisé plus haut mais comment dire autrement qu’il n’y a aucun calcul là-dedans et que ce que l’on entend, c’est ce qui apparaît au centre lorsque ces trois-là jouent ensemble.

Tout d’abord, on retrouve ici tous les morceaux de This Is A Black EP mais dans des versions légèrement différentes : le son en général a changé, s’est adouci, se montre moins sauvage bien que les crocs perdurent, c’est incontestable. La rythmique d’Awa apparaît plus en retrait, les percussions de Sex Without Joy, moins tribales et la voix de Hatch ! semble plus assagie. I Am The Man avance désormais avec une guitare acoustique et perd quelques secondes dans la bataille mais demeure néanmoins le même, à savoir un morceau hyper touchant sans être le moins du monde tire-larmes (d’ailleurs, pour l’occasion, le trio quitte l’Amérique pour le Royaume-Uni et arpente un sentier parallèle à ceux empruntés auparavant par Ride). Dès lors, celles et ceux qui avaient déjà prêté l’oreille à l’EP trouverons encore de quoi explorer. Pour le reste, de Shortterms - mélancolique et bondissant - à Raining Light - pop mais incisif - en passant par Pulsate - plus rentre-dedans - on retrouve toutes les facettes de Conger ! Conger ! qui sont évidemment bien plus nombreuses encore que cette bête énumération mais on se gardera de citer tous les titres. Pourtant, tour à tour abrasif et apaisé, ténu et débordant, le disque se caractérise avant tout par sa constance. Quels que soient les registres ou les intentions, l’ensemble reste uniformément prenant. C’est sans doute là le trait saillant de This Is A White Album  : il arrive à conserver sa dynamique sur ses dix-huit occurrences. Aucune baisse de tension, pas un moment où le cortex s’en va traîner ailleurs. On reste captif tout du long.

Finalement, même si on a plus que jamais l’impression de partager avec Conger ! Conger ! les mêmes étagères, on ne saurait les réduire à d’habiles faiseurs. Ici, l’inspiration est de mise et la qualité d’écriture, indiscutable. Le trio maîtrise tous les aspects de sa musique et peut donc y balancer toutes ses émotions en la laissant simplement sortir de ses doigts. Il sait ce qu’il joue, joue ce qu’il ressent et trouve à chaque fois le petit truc en plus qui fait si bien sonner l’ensemble. Les titres ne sont peut-être pas guillerets (Annoying, Give Us The Poison, Sex Without Joy, ce genre) mais il y a pourtant de la vie là-dessous. Jamais résigné, encore moins fataliste, Conger ! Conger ! fait feu de tout bois et vibre en permanence.

Belle œuvre.


Pour l’instant uniquement disponible en numérique, un vinyle double devrait voir le jour fin février chez Lollipop et Katatak. Vivement !


Chroniques - 13.02.2017 par leoluce
... et plus si affinités ...
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