Le streaming du jour #1537 en avant-première : Akira Kosemura - ’Someday EP’

Désormais habitué de nos colonnes puisqu’il nous délivrait déjà un premier EP intitulé Our Own Picture en exclusivité en début d’année et fera son apparition le mois prochain sur notre compilation en hommage à Twin Peaks avec l’excellent titre Dedicated To Laura Palmer, Akira Kosemura nous dévoile de nouveau un passionnant court-format en avant-première.

Depuis Our Own Picture, le Japonais s’était également signalé par un The Cycle Of Nature paru sur 1631 Recordings, label qui défend également certains travaux de David Wenngren et Hauschka, dont les univers sont relativement proches de celui d’Akira Kosemura. Pour sa part, l’EP Someday s’appuie principalement sur le titre éponyme qui figurait sur le LP Momentary : Memories Of The Beginning dévoilé en juin 2016 par son propre label Schole Records, lequel assure également la promotion de cette publication dont le titre éponyme clôt l’album, et l’ouvre également dans une version actualisée.

Sur cette nouvelle mouture, Someday est toujours hanté par la délicate voix de Devendra Banhart, mais la production est plus spectrale et envahit l’ensemble de l’espace auditif disponible, là où le titre se voulait initialement minimaliste. Plus onirique et intrigante avec ce nouvel habillage, l’instrumentation de Someday (Version 2017) donne donc davantage de coffre à la voix de l’Américano-Vénézuélien tandis que les cordes paraissent plus amples.

S’ils ne sont pas rassasiés, les fans du Japonais pourront également se satisfaire de deux inédits à commencer par l’ambient circulaire et polyphonique de Sphere dont les textures écaillées et néanmoins aériennes s’accompagnent de quelques notes digressives au piano électrique. Cet ensemble génère auprès de l’auditeur des sentiments d’abandon et de perte de repère contrebalancés par la bienveillance qui émane des synthétiseurs.

Enfin, l’autre inédit répondant au nom de Stillness of the Holy Place résulte d’une improvisation à laquelle Akira Kosemura s’était adonné au beau milieu d’un temple japonais. Débutant dans un minimalisme néoclassique où les quelques notes de piano résonnent dans l’air, le morceau s’enrichit petit à petit sur le plan mélodique avant de gagner à nouveau des sphères dépouillées rappelant l’univers de Nils Frahm.

A mesure que le Tokyoïte intègre des variations dans son jeu au piano, qu’il s’agisse du débit ou de la densité des notes, l’humeur de l’auditeur s’en retrouve immédiatement modifiée. Le panel d’émotions procurées est extrêmement large et va de la tristesse mélancolique à une force contenue en passant par un sentiment de puissante désolation. Sur ce dernier titre comme sur l’ensemble de cet EP, Akira Kosemura tisse une toile mélancolique et cristalline dont le caractère spontané vient prouver, plus que jamais, la mesure de son précieux talent.


Streaming du jour - 19.04.2017 par Elnorton
... et plus si affinités ...
Akira Kosemura sur IRM - Myspace