Le streaming du jour #1566 : Aphant - ’Another Other’

Dans un entretien qu’il nous accordait récemment, Beajn ne mentait pas en promettant la publication prochaine d’un disque sous un nouvel alias, celui d’Aphant. Répondant au nom dAnother Other, celui-ci est enfin disponible.

Autant l’annoncer d’emblée, l’évolution entre les travaux de Beajn et cette réalisation n’est pas fondamentale. Quelques samples vocaux font bien leur apparition, qu’ils soient discrets et robotiques (Weave), s’apparentent à des rejets masculins étouffés (Y&M), s’avèrent contemplatifs à l’image d’un Her hanté par une voix féminine placée en contrepoint et même trop ouvertement avenant sur le Last Call final à l’ambient onirique impeccable, seulement gâché - pour ce qui constitue la seule fausse note du disque - par cette voix ôtant à l’instrumentation une partie de son pouvoir céleste.

L’artiste de Tallahassee expliquait lui-même dans nos colonnes que "le son est similaire à celui de Beajn mais pourrait être décrit comme plus enlevé ou lumineux". En effet, Aphant se débarrasse parfois des émotions douces-amères de ses travaux précédents pour se diriger ponctuellement vers un post-dubstep à tendance braindance. Skylock se rapproche ainsi de l’univers de Daphni, le projet dance de Caribou, en misant sur un piano cavalant, une rythmique métronomique mais acérée et des voix féminines planantes répondant au sample d’une plainte déstructurée.

A ces quelques exceptions près, c’est bien l’univers de Beajn que l’on retrouve un an après Eclipse avec un plaisir non dissimulé. Tout est toujours à sa place, du piano cristallin de Y&M qui s’enroule autour de discrètes mais indispensables couches électroniques évanescentes à la manière de Tycho à l’apaisement ambient de Iyashikei et Past Interference rappelant Naeco, en passant par les boîtes à rythmes clappantes à tendance downtempo du sommet 0 sublimé par des carillons se mêlant aux nappes synthétiques étirées et parfois même éthérées.

A l’image de In Time et à l’exception des deux titres se rapprochant d’un univers dubstep, la globalité de Another Other confronte en permanence lumière et mélancolie dans un mélange aride et planant, parfois même suffoquant, comme nous y avait habitué Beajn.

La patte de l’artiste est donc clairement perceptible, ne serait-ce que pour la manière dont résonnent les différents éléments. "Après cet album, mon objectif principal sera d’ajuster mon matériel sonore, je voudrais que le processus soit plus rationalisé et accessible qu’il ne l’est actuellement, je pense aussi à investir dans certains outils pour améliorer encore le son de mes productions" indiquait l’Américain dans nos colonnes en mars dernier. En espérant qu’ils ne s’orientent pas vers un univers trop avenant, les prochains travaux d’Aphant risquent bien de nous faire rêver longtemps encore.


Streaming du jour - 24.05.2017 par Elnorton
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mercredi 14 novembre 2018


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