Le streaming du jour #1805 : Sodastream - ’Little By Little’

Après leur rencontre à Perth en 1997, Karl Smith et Pete Cohen avaient enregistré quatre long-formats (et autant d’EPs) avant de mettre un terme à leur collaboration en 2007, un an après la sortie de Reservations.

Comme de nombreuses formations - particulièrement au début des années 2000 - les Australiens ont probablement été déroutés par l’injustice que constituait l’échec commercial de productions léchées et inspirées parmi lesquelles Looks Like A Russian, sorti en 2000, faisait office de sommet.

En 2013, ceux qui ont posé leurs guêtres à Melbourne depuis plus de quinze ans se sont donnés une nouvelle chance. Pas pour conquérir un auditoire plus large, cela ne semble plus - si ça l’a déjà été - constituer un objectif quelconque. C’est une nouvelle récréation sonore que ceux-ci s’offrent, et leur plaisir est rapidement contagieux, comme à l’occasion d’un Three Sins à la batterie chaloupée qui s’achève dans la communion des voix d’artistes plus complices que jamais.

Y a-t-il jamais eu un conflit égotique au sein du duo ? Impossible de le savoir, et quand bien même, il y aurait prescription, mais toujours est-il que la pause artistique des musiciens semble avoir relancé leur inspiration. Former un duo n’est pas une entreprise vaine et arrive bien souvent un moment où l’on a plus rien à (se) dire. Plus anecdotique que ses prédécesseurs, Reservations semblait être le disque d’une fin de cycle.

Sur Little By Little, Sodastream s’inscrit dans la lignée de ces songwriters mariant un évident sens mélodique à une mélancolie permanente. Dès les premières mesures de Colouring Ibis, le décor est planté avec cette contrebasse à laquelle répondent une guitare pétillante et la voix désabusée mais assurée de Karl Smith.

On pense forcément à The Apartments, mais également à The Last Morning Soundtrack pour la justesse des arrangements de cordes ou même au Nick Cave de la période Let Love In lorsque la voix devient plus grave et la dynamique d’ensemble plus robuste.

Cette pop de chambre voit les Australiens dissimuler plus que jamais leurs tourments pour se concentrer sur un versant plus radieux qui rappelle aussi bien Bill Callahan sur la ballade Grey Waves que les Tindersticks pour la section de cordes de Moving, tandis que le lyrisme de Walking Bones n’est pas sans évoquer l’univers de The Divine Comedy.

Le name-dropping n’était pas un passage obligé - à vrai dire, il est rarement de bon ton dans une chronique - mais il permet d’illustrer à quel point Sodastream s’inscrit dans cette tradition de dandys pince-sans-rire éclairés dont la justesse des arrangements et le dépouillement vocal permettent d’instaurer, malgré quelques curiosités comme l’introduction de Tyre Iron qui épuise les cordes pendant plus d’une minute avec des vibrations dissonantes, une ambiance gracile et aérienne qui s’auto-censure néanmoins dès lors qu’émerge la tentation de rompre totalement avec ses attaches.


Streaming du jour - 09.02.2018 par Elnorton
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jeudi 13 décembre 2018


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