The Brian Jonestown Massacre - Their Satanic Majesties’ Second Request

1. All Around You (Intro)
2. Cold To The Touch
3. Donovan Said
4. In India You
5. No Come Down
6. (Around You) Everywhere
7. Jesus
8. Before You
9. Miss June ’75
10. Anenome
11. Baby [Prepraise]
12. Feelers
13. Bad Baby
14. Cause, I Lover
15. (Baby) Love Of My Life
16. Slowdown (Fuck Tomorrow)
17. Here It Comes
18. All Around You (Outro)

1996 - Bomp Records

Sortie le : 18 avril 1996

Their Satanic Majesties’ Second Request (1996)

1996. Année tournante dans la carrière du BJM, Anton s’autoproclamant “artiste le plus prolifique d’Amérique du Nord", à juste titre. En plus de cet album au nom stonien et des multitudes de concerts programmés à San Francisco, le BJM va sortir Take It From The Man , au rock’n’roll emporté et Thank God For Mental Illness , galette acoustique aux tendances blues et country. Une cinquantaine de chansons au total.

Difficile ici de ne pas faire allusion aux Stones ( Their Satanic Majesties’ Request - 1967), et à leur formidable et touffu guitariste de l’époque, Brian Jones. C’est en effet à partir de cet album que le BJM revendique véritablement sa filiation musico-spirituelle avec le défunt de la six-cordes, recélant de nombreux “weird fucking chinese shit” (dixit Brian Jones), flûtes, sitars, xylophones et autres percussions indo-asiatique (sur les excellents Donovan Said ou In India You par exemple).

Ouvrant avec un All Around You jouissif, entraînant, mais en même temps satanique, puant la poudre, cet album tient ses promesses jusqu’à la fin, nous entraînant dans une formidable balade avec le groupe, un trip, un voyage… C’est à partir de ce moment-là aussi qu’ils vont trouver un véritable son qui va leur coller pendant la quasi-totalité de leur carrière, cocktail de rythmique hippie aux lignes de basse psychédéliques et au tambouriniste fou apportant une réelle touche, tout cela nappé de synthé planant avec une guitare solo dans le fond sonore, accompagnée d’une voix détraquée, annonce de la touche d’Anton omniprésente et ses rires de dingue ainsi que ses solos dans les graves. Etonnement sonore quant aux instruments utilisés, c’est là que réside une des plus grandes forces du BJM, c’est un véritable inventaire de la cave musicale d’Anton. On sent pourtant une différence pour les chansons de Matt (Hollywood), plus hippies, avec moins d’instruments, plus rares aussi, malgré sa voix belle a pleurer mais pas toujours juste (Miss June ‘75) ; sa ressemblance avec Lennon n’y est pas pour rien.

On atteint des sommets dûment préparés sur In India You, véritable chef-d’œuvre de musique indienne vue par des occidentaux, et Anemone, tempête sonique à la hauteur de ce qu’ils ont fait (She’s Gone sur Methodrone ) et feront ensuite (When Jokers Attack sur And This Is Our Music ). On remarque aussi la présence des petits morceaux de transition sonore, très courts mais très ingénieux, qui seront plutôt évincés dans les albums futurs (Donovan Said, Before You, Bad Baby, Slowdown (Fuck Tomorrow)). Ils tentent aussi un Atom Heart Mother joué par les Beatles sur Here It Comes et créent une véritable surprise avec All Around You en guise de final, instrumental seulement épuré des pistes vocales, pour prendre encore plus conscience de l’ampleur de la chose, de la fougue musicale du groupe, donnant plus qu’une envie de recommencer du début, une nécessité. Un type de TVT Records avoue dans Dig ! avoir écouté l’album une centaine de fois d’affilée après l’avoir ramené chez lui, hypnotisé, ne sachant rien du groupe, ni de ses membres.

Dans l’ensemble, les chansons sont lancinantes, mais pas endormantes, défoncées plutôt, à l’image de Cause, I Lover, presqu’instrumental de 8 minutes qui évoque un monde musical jusqu’alors inexploré, encore vierge de toute souillure et transcende l’auditeur par sa pureté. Est-ce un rêve éveillé ? La réalité semble lointaine, et on se dit que ce putain d’enfoiré d’Anton est un type exceptionnellement bon, musicalement parlant. C’est aussi à partir de cet album que le BJM devient une véritable expérience, on s’aperçoit qu’on est passé à coté de quelque chose d’énorme, on se sent vraiment con tant la production est différente de ce qui se fait aujourd’hui, leur révolutionnarisme s’entend. Leur sens de l’organisation des albums relève du pur génie, aucune place n’est anodine, dès que l’auditeur commence à s’habituer à l’environnement sonore, une chanson venue d’ailleurs réveille et chamboule tout. Ce n’est certes pas un des meilleurs albums du BJM, mais sûrement un des plus équilibrés, semé de perles et original.


( moiz )

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