Angry Blackmen - The Legend of ABM

1. Stanley Kubrick
2. FNA
3. The Legend of ABM
4. GRIND
5. Suicidal Tendencies
6. FUCK OFF
7. Dead Men Tell No Lies (feat. Fatboi Sharif)
8. Sabotage
9. Amor Propio (feat. Nordra)
10. Outsiders (feat. Skech185)
11. Magnum Opus (feat. Abbie from Mars)

2024 - Deathbomb Arc

Sortie le : 26 janvier 2024

Un pas vers la légende

Fort d’une poignée de singles et d’EPs ces dernières années chez Deathbomb Arc, le duo hip-hop de Chicago Angry Blackmen (soit les deux MCs Quentin Branch et Brian Warren) passe enfin la seconde sur ce même label actif depuis un quart de siècle dans les musiques expérimentales à tendance noise (avec quelques incursions dans le rap expé, à l’image de Clipping ou Signor Benedick The Moor), retrouvant au manettes son producteur de l’EP Reality ! (2021), l’Américain Derek Allen aka Formants coutumier d’une ambient teintée de beatmaking et de harsh noise.

Plus de frustration (ou un peu moins) puisqu’on a cette fois un album en bonne et due forme, même s’il pourra sembler un peu court aux puristes du format dans les 90s, bien forcés d’accepter ceci dit que la petite demi-heure est devenue la nouvelle norme dans le hip-hop indé. Qu’importe, l’efficacité ici est totale, même dans un hip-hop tout sauf classique puisque, vous l’aurez deviné, ABM navigue plutôt aux abords d’une certaine radicalité, frottant dès l’introductif Stanley Kubrick son duo de flows urgents à des sonorités industrielles et martiales qui ne sont pas sans évoquer Moodie Black par exemple.

Des implosifs et dissonants FNA et Outsiders (feat. Skech185) au puits de lumière noire onirique du final Magnum Opus, en passant par le véhément FUCK OFF, le très dense et magnétique Dead Men Tell No Lies avec l’ogre Fatboi Sharif en guest ou les plus downtempo The Legend of ABM et Suicidal Tendencies aux pulsations massives, The Legend of ABM donne plutôt dans l’introspection anxieuse et dépressive, l’expression d’une frustration du quotidien prenant des formes musicales bruitistes voire agressives mais non dénuées de groove. Toutefois, le groupe a l’élégance, au contraire d’un Clipping ou d’un Injury Reserve par exemple, de rejeter toute prétention arty et boursoufflée, par le biais de morceaux suffisamment courts et percutants pour ne pas perdre l’auditeur en route, se permettant même une poignée de petits tubes à l’accroche plus accessible, à l’image de GRIND dont le refrain irrésistible incarne cette thématique récurrente du capitalisme corrupteur et de la survie financière au jour le jour, ou de l’abrasif mais virevoltant Sabotage.

À découvrir d’urgence !


( RabbitInYourHeadlights )


Disques - 27.01.2024 par RabbitInYourHeadlights