;background-color:#">Igor Ballereau - Ptyx

1. Lettres sans mots - i
2. Le seul endroit
3. À l’orée
4. Région Novembre
5. Lettres sans mots - ii
6. Loreley
7. Chambre 0
8. Soir et neutre
9. Lettres sans mots - iii
10. Lettres sans mots - iv
11. Ptyx
12. Portrait de So
13. Membres de l’Invisible
14. Lettres sans mots - v
15. Mer intérieure
16. Schwanengesang
17. In excelsis

2024 - Pharmafabrik

Sortie le : 15 février 2024

Ptyx traverse le Styx vers le côté obscur de l’ambient expérimentale

On a beau faire preuve d’autant de curiosité que possible pour les musiques expérimentales de tous bords, il nous arrivera toujours de découvrir tardivement des artistes pourtant géographiquement proches de nous par les biais les plus improbables. Actif depuis les années 90 essentiellement comme compositeur pour des ensembles contemporains mais également en tant qu’assistant chef d’orchestre, ça n’est ainsi qu’aujourd’hui et par l’intermédiaire du très radical label slovène Pharmafabrik de Simon Šerc (PureH, Cadlag), régulièrement à l’honneur dans nos pages, que l’on entend parler d’Igor Ballereau, musicien et vocaliste... français, et co-fondateur d’un label, SHSK’H, également inconnu au bataillon.

Cela tient-il au fait que le Cherbourgeois semblait jusqu’ici plus proche des cercles de l’Ircam que des labels de musiques expérimentales moins "institutionnels" disons ? Toujours est-il que Ptyx est à l’intersection idéale de nos passions en la matière, alternant notamment piano néo-classique aux textures crépitantes (les Lettres sans mots) et dark ambient mutant aux atmosphères hantologiques gondolées par le temps (Mer intérieure, In excelsis) et mâtinées d’oscillateurs (Chambre 0) ou de field recordings, psychédélisme esotérique de film d’épouvante imaginaire des années 60/70 (Loreley, Ptyx, Membres de l’Invisible) parfois hanté par d’étranges instruments-jouets (Région Novembre), jazz lynchien (Soir et neutre) et classique contemporain atonal aux cordes dissonantes (Le seul endroit) ou aux choeurs faussement angéliques (À l’orée).

Une belle singularité dans le paysage ambient de ce début d’année, qui tire son titre d’une référence à Mallarmé et surprend en particulier par sa dimension organique voire presque lofi (Portrait de So, Schwanengesang) issue d’un travail sur vinyles ou bandes magnétiques et de la place centrale donnée au sampling d’enregistrements sous licence Creative Commons, loin des clichés que l’on peut s’imaginer des musiques autoproclamées "savantes" dont Igor Ballereau, avec cet album immersif stimulant le subconscient autant que l’imagination, a su conserver la science de l’expérimentation analogique sans en perpétuer l’élitisme ni la prétention.


( RabbitInYourHeadlights )


- 15.02.2024 par RabbitInYourHeadlights