The Gluts - Bang !

1. Soybeans
2. Bang !
3. Fight
4. Self-Destruction
5. Vampire, A Walk At Midnight
6. Cade Giù
7. Sleep Demon
8. Marble Cats
9. Isabella
10. Born & Die

2024 - Fuzz Club Records

Sortie le : 31 mai 2024

The Gluts - Bang !

The Gluts débarquent de Milan, Bang ! est quelque chose comme leur cinquième album et au regard des précédents, il ne vient pas bouleverser la donne : psycho-punk Fuzz-Clubien version cambouis avec, évidemment, beaucoup de fuzz et une voix rugueuse qui se rapproche de loin de celle de Todd A. (mais en beaucoup plus forcée). De temps en temps, le groupe lève le pied et ménage, comme ça, des petits îlots de calme relatif (l’introduction de Marble Cats où la voix de la bassiste, Claudia Cesana, résonne, esseulée avant que les hostilités ne commencent) quand tout autour, c’est plutôt le rugueux qui domine. Le groupe sait varier ses attaques, donne parfois l’impression de sonner comme des Ramones paumés (et incongrus) au milieu d’une réunion de bikers (les "Hey Ho, Let’s Go !" lancés à la fin d’Isabella) mais manipule parfaitement ses armes : une fuzz vrillée, une assise rythmique massive et pas mal d’urgence au final.

En ouverture, Soybeans plante le décor en présentant tout ce par quoi la suite fera passer : voix outrée, circonvolutions plombées, giclées assassines et un relief qui n’a rien d’une morne plaine. C’est volontaire, efficace, sans fioritures et quand tout est dit après deux minutes trente, ça s’arrête. On trouve ainsi d’autres morceaux courts, coincés systématiquement entre deux et trois minutes, allant du point A au B sans détours inutiles, où le groupe lâche un punk tendance Grosse Pomme (ou, en tout cas, qui lorgne vers l’Amérique), déclamé en anglais (Bang ! ou Self-Destruction) ou en italien (Cade Giù).

Toutefois, The Gluts n’hésite pas non plus à allonger le temps et c’est plutôt à bon escient : l’architecture est alors un brin plus alambiquée, l’apex de la guitare explorant des méandres distordus et fuzziens assez jubilatoires, laissant la voix de la bassiste prêter main forte à celle de Nicola J. Campana pour l’arrondir ou poursuivant une dynamique grosse houle/mer calme plutôt bien foutue. Vampire, A Walk At Midnight, Marble Cats ou l’ultime Born & Die se révèlent alors eux aussi très efficaces.

Alors c’est vrai, la voix en fait parfois un peu trop, quelques riffs sont des plus attendus mais peu importe, Bang ! porte bien son nom et reste fidèle à sa pochette : un coup de poing bien porté qui imprime sa marque.


( leoluce )


Disques - 05.06.2024 par leoluce