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So-Called Artists - Paint By Number Songs
En 2001, deux des piliers du label Anticon, Alias et Sole, se réunissaient autour de DJ Mayonnaise le temps d’un album : avec Paint By Number Songs , ces So-Called Artists venaient de signer sans le vouloir le Blue Lines des années 2000. ![]() 1. I Don’t Know How To Start This
![]()
Année de sortie : 2001
Même idée de fusionner des talents aux horizons musicaux différents, même volonté d’inventer un langage nouveau, hybride, pour confronter leurs sentiments aux mutations du monde, même variété d’inspirations explorant de multiples directions tout en demeurant parfaitement homogènes et radicaux dans le son, même esprit de dialogue en interne, tel un groupe de discussion, mais aussi avec l’auditeur... autant dire que la comparaison avec le manifeste séminal de Massive Attack sorti exactement dix ans plus tôt s’imposait d’elle-même. Toutefois, les temps ont changé, la paranoïa s’est développée au fur et à mesure qu’elle gagnait en justification, et là où Blue Lines , malgré sa conscience aiguë et douloureuse d’une nouvelle forme de violence sociale naissante, absurde et gratuite, gardait foi en l’amour et cultivait l’espoir d’un sursaut d’humanisme, Paint By Number Songs apparaît bien plus sombre et désabusé vis-à-vis d’une société américaine rongée par la peur de l’Autre, le bellicisme et le mercantilisme, sans être pour autant résigné, loin s’en faut. En effet, Alias, qui depuis est passé maître en sculpture panoramique de rêves éveillés, investissait encore le micro de sa voix claire, avec une puissance évocatrice, un engagement intime et une sincérité n’ayant rien à envier à ceux de son ami Sole, maniant l’ironie (Posterchildren For The Advancement Of Something), la métaphore (Token Joyus Tune About Scorpions And Their Place In Modern Society) et parfois même l’humour (l’hilarante chorale de clôture d’album, contre-pied salvateur à un univers plutôt sombre et vénéneux) avec un égal talent d’équilibriste. Tous deux parviennent ainsi, de leur flow naturel et à fleur de peau, à passer en un clin d’oeil de l’évocation la plus intimiste à la plus grande intensité vindicative, toujours en léger retrait par rapport à la musique et néanmoins parfaitement en accord avec la tonalité délétère ou mélancolique mais toujours prégnante de chansons au parfum capiteux que l’abstraction rend d’autant plus universelles.
Sur le premier segment du vertigineux final "caché" de Point Of Departure Part, cauchemar abstract d’une vingtaine de minutes en quatre parties à la hauteur du DJ Shadow des débuts, Alias chante au rythme d’une contrebasse à la Roni Size : "I don’t smile for anyone who doesn’t smile for me". Prôner la paix ne veut pas dire tendre l’autre joue : ce pourrait être le credo des So-Called Artists et du label Anticon tout entier. Chronique du : 8/10/2007 par |
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