Okkervil River - The Stage Names

A la fois digression sur le décalage entre la vie d’artiste et la réalité banale, et hommage référencé au folk-rock des années 70, The Stage Names, nouvel album d’Okkervil River confirme le talent de parolier acerbe et désabusé de Will Sheff.

1. Our Life is Not a Movie or Maybe
2. Unless It’s Kicks
3. A Hand to Take Hold of the Scene
4. Savannah Smiles
5. Plus Ones
6. A Girl in Port
7. You Can’t Hold the Hand of a Rock and Roll Man
8. Title Track
9. John Allyn Smith Sails

date de sortie : 03-09-2007 Label : Jagjaguwar

Depuis quelques années, Will Sheff et Jonathan Meiburg se tirent gentiment la bourre à coup d’albums de folk-rock réussissant le tour de force de se surpasser les uns des autres. L’année dernière sortait ainsi le très beau Palo Santo (lire notre chronique) de Shearwater, groupe dans lequel Jonathan Meiburg tient les rênes, alors que Will Sheff reste tapi dans l’ombre. Chez Okkervil River les rôles sont inversés, c’est Will Sheff qui compose, mais difficile de déterminer quels sont finalement les rôles respectifs joués par chacun dans ces deux entités, tant la frontière qui sépare l’univers musical des deux groupes semble floue.

The Stage Names est donc le cinquième album d’Okkervil River toujours chez Jagjaguwar, ce petit label américain qui monte, responsable cette année de la sortie des excellents albums des Besnard Lakes, Lightning Dust ou encore Sunset Rubdown. En injectant une bonne dose de pop dans son folk-rock alternatif, Okkervil River devrait s’ouvrir à un public beaucoup plus large, la musique se dégageant de The Stage Names, dans ses élans lyriques, se rapprochant de plus en plus d’un groupe comme Arcade Fire.

Il se dégage en effet de la voix de Will Sheff, comme de celle de Win Butler, un souffle habité qui semble porter à bout de bras des compositions torturées et chaotiques. Comparé à son prédécesseur Black Sheep Boy , qui contenait en ouverture le sublime et déchirant For Real, ce nouvel album semble pourtant plus apaisé, tout en prenant le parti pris à l’instar du dernier Midlake de se tourner vers un classicisme seventies. Le single Our Life Is Not A Movie Or Maybe qui ouvre le disque évolue dans la même veine lyrique que For Real avant que l’on se retrouve à nouveau nez à nez avec les ombres de Tim Hardin, de Bruce Springsteen et de Neil Young qui continuent de planer plus que jamais sur la musique de la formation d’Austin.

Au delà de ces références évidentes, le groupe tente aussi des incursions inédites vers le boogie-rock avec Unless It’s Kicks et son riff à côté de la plaque dont seuls les Stones semblent avoir le secret avant carrément de se prendre pour un groupe Motown sur l’entraînant et surprenant A Hand To Take Hold Of The Scene. Mais c’est finalement en délaissant totalement l’emphase, qu’Okkervil River devient le plus touchant et convaincant en alignant des ballades magnifiques dans lesquelles la plume de Will Sheff met superbement en scène des petites vignettes de poésie réaliste (Savannah Smiles, A Girl In Port), avant de multiplier les références musicales en forme de clin d’oeil sur l’amusant Plus Ones.

Pour la première fois le groupe s’offre une production riche et étoffée pour enluminer ses compositions, un soin tout particulier étant apporté à la pertinence et à la précision des rythmiques très influencées par Jim Eno, batteur de Spoon et responsable du mixage de l’album. En témoigne le morceau final de The Stage Names (John Allyn Smith Sails) qui voit Okkervil River reprendre la progression harmonique de Sloop John B des Beach Boys, ultime preuve de bon goût d’un album résolument pop qui devrait leur garantir grandes ouvertes les portes du succès.

Le clip de Our Life Is Not A Movie Or Maybe :

Chroniques - 08.09.2007 par Aurelien
 


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vendredi 22 novembre 2019


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