Les lendemains de tops sont toujours difficiles

La fin d’année, c’est la traditionnelle célébration des tops. Mais force est de constater qu’il toujours difficile de se réveiller le lendemain matin, le mal de tête est souvent présent. Il faut dire qu’à force de s’arracher les cheveux pour réussir à caser tous les albums qui nous ont passionnés l’année passée, on en ressort bien fatigué ...

En 2008, les traditions ne changent pas. Il est toujours aussi dur de se remettre d’un classement de fin d’année. Je regrette déjà tous ceux que j’ai dû laisser de côté et qui n’ont pas eu l’honneur de se placer sur les plus hautes marches, des albums qui ont pourtant marqué l’année. Pour me déculpabiliser un peu, je vais tout de même citer quelques uns des oubliés en premier : les irrésistibles PJ Harvey, The National, et Great Lake Swimmers, les fantasques Panda Bear et Caribou, les élégantes Emily Haines et Keren Ann ont réussi de petites merveilles et j’en passe plein d’autres ... Hommage leur est ainsi fait, il est temps de revenir en détail sur mes coups de coeur personnels de l’année écoulée.


Radiohead s’impose en toute logique et met tout le monde d’accord avec In Rainbows . Le groupe a réussi à créer l’événement sans que l’on s’y attende. Passé l’effet de surprise, le résultat est tout bonnement de haute facture et d’une grande maîtrise, l’album s’écoute d’une seule traite sans qu’on n’y retrouve rien à redire. C’est surtout la cohérence et la fluidité qui marquent les esprits. On comprend mieux pourquoi les faces B de l’édition limitée pourtant superbes ont été laissées de côté. Maintenant, on espère que ce ne sera pas le chant du cygne comme certains le pressentent.


Un homme seul se cache derrière Mice Parade. Capable de créer des mélodies tortueuses et torturées comme l’on en voit peu souvent, il mélange toutes sortes d’influences et dévoile avec une telle sincérité ses sentiments tout aussi contrastés. Ce génie des percussions a réussi à m’impressionner et m’émouvoir cette année avec son dernier album éponyme. Sur scène, entouré d’amis musiciens, il montre que la musique est un jeu qui rend tout simplement heureux.


Pour compléter le podium, les quatre filles d’Electrelane ont ajouté une dernière pierre à leur édifice qui se révèle être un des plus impressionnants de ses dernières années. A la sortie de No Shouts No Calls , nombreux ont pensé que c’était la synthèse parfaite et idéale de leur carrière. Ils étaient sûrement loin d’imaginer que ces demoiselles allaient annoncer, récemment, leur séparation. Ainsi sans concession, Electrelane se retire avec les honneurs, offrant un dernier album maîtrisé et sans doute plus personnel qu’on ne le pensait. Ceux qui les ont vues se rappellent leurs concerts d’une grande intensité.


Artiste touche à tout, Thee More Shallows a sorti cette année un album conceptuel et qui montre l’éventail de ses influences. Difficilement descriptible, cet album dévoile couches électroniques et rock lo-fi dont les mélodies peuvent paraître complexes et pourtant si évidentes. On y découvre mille et une trouvailles à chaque écoute. Le label Anticon a bien fait de faire signer cet artiste pour Book Of Bad Breaks qui n’a rien à envier aux autres productions.


Je ne pensais pas avant d’écouter le dernier album d’Okkervil River qu’il se retrouverait si bien placé au final. Même si l’album précédent était réussi, je préférais de loin Shearwater l’autre projet de la formation d’Austin. Mais voila, les mélodies folk rock plus simples et classiques de Stage names sont emballantes et donnent du baume au cœur. Le combat s’annonce serré entre ces deux groupes, j’attends maintenant avec impatience la suite de cette bataille ...


Cette année a été parait-il celle de la consécration du folk. Cela fait toutefois quelques années que le mouvement montre un certain renouveau. C’est peut-être que la compilation Even Cowgirls get the Blues du label Fargo a révélé quelques jolies perles féminines dont Dawn Landes fait partie. Sur Fireproof , la demoiselle livre des compositions folk ensoleillées et modernes par l’utilisation de trouvailles sonores bien senties. Il faut dire qu’elle est à l’origine ingénieur du son et a collaboré avec de nombreux artistes avant de se lancer dans le bain avec une belle réussite.


Alors que UNKLE, projet ambitieux de James Lavelle, avait impressionné il y a 10 ans, son retour avec War Stories a été bien discret. Et pourtant, cet album impressionne et fait oublier facilement le deuxième album décevant. Changement de facette et d’orientation, cet album est peut-être le plus rock de l’année, donnant un bon coup de pied au stoner rock des Queens of the Stone Age dont le leader Josh Homme fait partie de la liste surprenante des invités.


Jens Lekman a le don de charmer son public avec une telle aisance, que ça en devient rageant. Il allie paroles et humour décalés sur des mélodies symphoniques que l’on pourrait croire datées et dépassées. Cette année encore la Suède qui n’en finit plus de nous étonner, sera représentée dans mon classement annuel. L’année dernière, il s’agissait de l’émouvante El Perro del Marr. D’ailleurs ce n’est pas une surprise si elle se retrouve en tant que choriste sur le superbe Night falls over Kortedala .


Bill Callahan a décidé de mettre de côté Smog pour un album rafraîchissant et pour ainsi dire qui a déjà l’allure d’un classique. Parfaitement produit et travaillé, cet album se montre riche et d’une telle luminosité. On connaissait peu cette facette de ce génie, elle est étonnante mais n’est en rien décevante. Woke on a Whaleheart est un très bon cru qui trouve facilement sa place à côté des autres grands albums de sa discographie.


Produire un album pop avec simplement des claviers, c’est ce qu’ont réussi à faire les filles de Au Revoir Simone. Avec un côté bricolo et un brin décalé, cet album tout en fraicheur se laisse apprécier sur la durée. Les mélodies de The Bird of Music sont lancinantes et mélancoliques à qui veut se laisser charmer. Vous avez été prévenus ...


Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir leur album cité dans le classement ci-dessus qui n’est évidemment que subjectif, je leur offre une session de rattrapage avec celui des singles qui ont marqué l’année 2007. Ce fut encore un choix bien cornélien.

Avec l’EP Is Is et ce single décalé et irrésistible, les Yeah Yeah Yeahs reviennent en force faisant oublier l’album précédent.

Sur la foi de ce single dévastateur Hang me up to dry , les jeunes Cold War Kids se sont ouverts les portes de la reconnaissance internationale et se posent en sérieux espoirs.

The National méritait sa place avec le single Mistaken For Strangers même s’il est bien dur de sortir une chanson plus qu’une autre autre de l’album. Ce morceau intense et enragé est l’un des plus impressionnants sur scène.

Ames sensibles s’abstenir, il ne faut prendre aucune drogue pour écouter Battles en boucle et plus particulièrement ce morceau Atlas est le plus étrange et addictif de l’année. Leur concert au Trabendo restera comme le concert le plus étonnant de l’année.

Fujiya & Miyagi sont Anglais et ont débarqué seulement en France cette année avec Transparent Things qui regroupe leurs meilleurs morceaux dont Ankle Injuries, de véritables armes sur les dancefloors.


Voila, il ne reste plus qu’à se remettre de tous ces efforts, un cachet d’aspirine et c’est reparti pour une nouvelle année. Santé !!



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


dimanche 20 octobre 2019


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