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Adam Green - Sixes & Seven
Je dois l’avouer, cette année 2008 commence bien. Elle a déjà offerte sa flopée d’albums rock (Black Mountain), pop (Goldfrapp, Girls in Hawaii), blues (Black Keys) et même une superbe BO avec le There Will Be Blood de Jonny Greenwood. Ces albums sont tous excellents. Rien à redire. Pourtant. Il manque un grand album. En observant le début de la promotion 2008, je n’en vois pas. Il leur manque tous quelque chose. Un soupçon de ce qui fait la différence entre un très bon album et un album indispensable. Ce début de mois mars accouche de l’un d’entre eux. Au fond de la classe, toujours, un timide sourire. Adam Green, Sixes & Seven.
![]() 1. Festival Song
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Année de sortie : 2008
Avec cet album, Adam Green risque bien de changer de dimension. On le connaissait sautillant, volontairement vulgaire mais réellement bidonnant. Il a définitivement grandi. Certes il ne se déguisera plus en lapin rose et abandonne son statut de héros rigolo de la scène anti-folk new-yorkaise (Américaine ?) mais s’engage dans une nouvelle voie au moins aussi passionnante. Il termine une mutation engagée avec Gemstones .
Adam Green a toujours été un songwritter productif. Sortant presque un disque par an -"Comment faire moins quand c’est son métier ?"- ce Sixes & Seven , qui pour la première fois a eu droit à une gestation plus longue, comporte 20 titres et aurait presque pu faire office de double album. Généreux comme toujours. Il y a au moins ça qui ne changera jamais. Alors bien sûr, en 20 titres et 50 minutes, on retrouve quelques morceaux dispensables (Exp. 1, Cannot get Slicker, That Sounds like a Poney ou la ballade un peu niaise Getting Led). Mais c’est presque mieux. Les autres morceaux sont tellement irrésistibles que sans ces -rares !- baisses de régime on aurait pu crier à la concurrence déloyale. Et c’est à peine exagéré tant ce cinquième album possède de pépites. En témoigne la mélodie parfaite du génial Twee Twee Dee. Le nom du titre vous fait rêver ? Vous allez être servi, les paroles sont encore plus irréelles et impénétrables qu’à l’habitude. Ainsi chante t-il "Courageous doofus by design(!?) / Blankets filled with iodine (!?)" sur un rêveur Tropical Island. Les critiques sont pourtant faciles et pourrait reprocher à Green les faciles Getting Led ou Broadcast Beach, mais cela fait pourtant parti intégrante de sa musique. Une seule fois, le dandy partage sa chanson avec une voix totalement étrangère, non noyée dans des cœurs. Dans le splendide Drowning Head First, peut-être le meilleur morceau de l’album, il apporte une touche de féminité. Accompagné d’une section de cuivre ce titre est une merveille. "I think we have a Terrible Problem" chante t-il dans ce dernier. C’est tellement vrai. Comment dire qu’un album du new-yorkais, si souvent décrié pour des motifs parfois puériles, est absolument génial sans devenir risible ? Il faut pourtant se rendre à l’évidence. Malgré quelques défauts, ce disque est sincère et charmeur et s’avère vite indispensable. Même si il laisse tomber les pop songs acidulées et grivoises comme Choke on a Cock ?, il n’a pas pour autant perdu tout son sens de l’humour. En témoigne ce Be my Man lumineux ("Could Tom and Jerry be my Man ?"). Il arrive pourtant a être touchant à l’instar du mélancolique It’s a Fine ou de ce presque nihiliste Homelife ("I wish I was Dead"). Adam Green signe ici son meilleur album. Classieux et élégant, des chansons glamour pour qui recherche une pop 4 étoiles qui ne se prend jamais vraiment au sérieux. N’en déplaise à certains, Adam Green est en train de s’imposer comme l’un des songwriters majeurs de l’Amérique moderne. Les détracteurs ne se rangeront surement pas. Ils ratent pourtant le meilleur album de ce début d’année. Tant mieux pour nous. Tant pis pour eux. Chronique du : 12/03/2008 par |
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