Bang Gang - Ghosts From The Past

La musique blanche et fantomatique du magicien Bardi Johansson n’avait plus émit de signal depuis 5 ans et le superbe Something Wrong, sommet de mélancolie glacée. Depuis, on pensait le navire perdu dans un maelström dont il serait difficile de revenir. On pensait.

1. The World Is Gray
2. One More Trip
3. I Know You Sleep
4. Black Parade
5. Lost In Wonderland
6. Every Time I Look In Your Eyes
7. Ghost From The Past
8. Forever Now
9. Don’t Feel Ashamed
10. You Won’t Get Out
11. Stay Home

date de sortie : 30-11-2007 Label : Discograph

Faire les choses en grand ou ne pas revenir du tout. C’est ce message que nous avons capté pour ce disque d’hiver sorti, délicieux décalage, en plein mois de Juin, alors que l’on n’y croyait plus trop. Dépression lisse pour un disque épineux où les stalactites se cassent contre le sol glacé. Ce nouvel album de Bang Gang, concocté à l’aide des français Keren Ann et M83, est un sommet. Le chemin pour y parvenir n’est pas simple dans le sens où il ne faut pas chercher à monter, mais juste à se laisser porter, balayé par les vents froids de l’Islande. Tout s’ouvre pourtant comme une autoroute sur un titre pop impeccable, The World Is Gray, où le Bard(i) Johansson, rappelle qu’il est bien l’un des songwriters les plus doués de la décennie. Idées noires pour nuits blanches, translucide comme les fantômes qu’il semble avoir invoqués pour ce retour, la musique de Bang Gang est plus que jamais splendide.

Quand on écoute, fasciné et sonné, l’ensemble de ce Ghosts From The Past, on se dit que l’on a bien fait d’attendre 5 ans. Mais tout cela semble tellement évident, facile, que l’on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi une telle attente. Car entre-temps, à part un collaboration avec la sus-nommée Keren Ann et la signature de la B.O d’un obscur film dano-suédois de 1922, Häxan pour les intéressés, il y a deux ans, rien. Troublé par des pensées qui ne doivent pas être roses, le songwriter s’est renfermé dans sa tour de verre. On pouvait craindre le pire.

Tous les doutes sont pourtant balayés en un clin d’oeil par ces compositions qui réussissent le tour de force d’être froides, dépressives parfois, et dans le même temps accueillantes et réconfortantes. Décrit comme "plus heavy" avant sa sortie par son auteur, le disque n’en porte pas les marques, à part peut-être sur Black Parade et sa voix surgie d’outre-tombe ou encore sur One More Trip où une guitare quelque peu métallique surgit en fin de morceau, noyée dans les chœurs comme l’auditeur dans cette tempête dont la principale caractéristique est d’agir dans un calme absolu ce qui ne fait que la rendre plus pernicieuse. Curieux.

Le meilleur est cependant atteint, comme on pouvait s’y attendre, lorsque Bardi Johansson invoque ses fameux fantômes du passés, comme sur un Lost In Wonderland instrumental et tout bonnement sublime. On se perd nous aussi dans ces méandres marécageux, à peine guidés par quelques notes de piano vers la lumière qui luit au loin. Fabuleux. Un des morceaux de 2008, sans hésitation.

Les changements de rythme qui parcourent ce disque sont le reflet de la musique de Bang Gang en 2008. Plus tortueuse, plus éparpillée peut-être, mais encore plus fascinante de beauté noire et de désespoir glacé. On retrouve une sublime ballade à l’ancienne (Every Time I Look In Your Eyes), emmenée par une voix trainante et des chœurs lancinants. Mais, le plus surprenant vient sans doute du morceau final, précédé par un vaporeux You Won’t Get Out, Stay Home intègre tous ces changements de directions et ces nouvelles composantes de la musique de l’islandais. Loin du son clair et blanc du reste de l’album, ce morceau, brumeux et fantastique, sonne parfois à la limite du shoegaze et ouvre de vastes perspectives à la musique de Bang Gang. Une complainte déchirante balayée par la tempête où guitares et voix se noient, sur un unique vers éponyme, pour ne plus jamais refaire surface. Troublant et bouleversant.

Oubliant petit à petit son passé et les fantômes qui le hantent, le plus grand songwriter islandais du moment s’ouvre un avenir passionnant. Espérons juste que cette fois il ne faudra pas attendre 5 ans pour sombrer à nouveau.

Chroniques - 29.09.2008 par Casablancas
 


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