Syd Matters - Brotherocean

Pour son quatrième effort, la plus captivante des formations françaises revient avec un album ensorcelant et vivifiant.

Top albums - août 2010

1. Wolfmother 1
2. Hi Life Voir la vidéo Syd Matters - Hi-Life (live)
3. Hallacsillag
4. A Robbery
5. We Are Invisible
6. River Sister
7. Lost Voir la vidéo Syd Matters - Lost (live)
8. Rest
9. I Might Float
10. Hadrian’Wall

date de sortie : 30-08-2010 Label : Because Music

Cette fois on pourra dire qu’il est bel et bien là l’album de la maturité pour Jonathan Morali et ses quatre acolytes. On les avait laissés en 2008 dans la grisaille d’un Ghost Days parfaitement ancré dans son sujet. Aujourd’hui le brouillard s’est levé, dévoilant sous nos yeux ébahis la nouvelle création d’un artiste qui aspire à d’autres horizons. Jamais encore notre songwriter n’aura semblé s’ouvrir autant sur l’extérieur, lui qui est habitué à composer ses joyaux dans l’intimité de son appartement. Quelques références littéraires par-ci, des appels à l’évasion par-là, une volonté d’impliquer toujours un peu plus ses partenaires de scène dans le processus d’enregistrement, et nous voilà embarqués par temps calme dans 45 minutes d’invitation à la contemplation, baignés par des chœurs envoûtants et omniprésents. L’œuvre est concise mais s’articule autour d’une envie bien précise, avec l’océan pour terrain de jeu récurrent, et devient ainsi parfaitement cohérente. On se retrouve alors plus que jamais pendu aux lèvres du capitaine Morali, poète à la voix de velours, dont on boit les paroles avec délectation.

Pour ce quatrième effort, Syd Matters reprend le contrôle d’un gouvernail qui les avait menés sur des terres plus folk que jamais. Brotherocean marque donc le retour à l’utilisation de quelques sonorités non-acoustiques, et à des mélodies plus pop, pour finalement effectuer une sorte d’alchimie qui transcende les genres et caractérise bien des formations maîtresses de leur art. L’entrée en matière est saisissante, dévoilant un enchaînement de morceaux étonnement enjoués, avec pour point d’orgue le single Hi Life, hymne à la vie ensorcelant et véritable perle de ce nouvel album. Un premier constat s’effectue alors, jamais les créations du groupe n’auront autant reposé sur le travail des voix, comme si l’on assistait à un phénomène de totale communion, apportant la chaleur à laquelle nous n’étions jusqu’ici pas vraiment habitués.

On se rappellera toutefois au bon souvenir de Someday We Will Foresee Obstacles qui reste probablement jusqu’ici leur disque le plus unanimement salué, et dont l’écho se fait entendre avec des titres comme les formidables A Robbery et River Sister aux tournures mélodiques et arrangements familiers. De toute évidence chacune de ces créations a bénéficié d’un soin tout particulier, où chaque élément arrive en temps et en heure, construisant de toutes pièces une architecture longuement réfléchie qui ne laisse que peu de place au hasard. Un travail acharné qui va même jusqu’à rappeler les exigences d’un Thom Yorke rattrapé l’espace d’un instant par son élève sur ce tour de force au nom de Rest que nous avions déjà pu croiser sur l’EP Hi Life. Clin d’œil volontaire ou non, tout est réuni dans ce morceau pour nous aider à effectuer ce rapprochement : la douce rythmique de piano désarticulée, le chant grave et habité, le jeu de batterie à la Phil Selway et même le final de beats électroniques qui font de ce morceau notre Videotape national. Mais ne nous méprenons pas, tout ici reste gravé profondément par la signature très reconnaissable de Syd Matters, une œuvre véritable où la beauté émane tout aussi bien de la simplicité d’arrangements dépouillés que de passages plus élaborés.

On évoquera ainsi avec le même ravissement We Are Invisible et ses arpèges façon Nick Drake, I Might Float et son final incantatoire, Hadrian’Wall et ses percussion tribales, et enfin cette délicieuse piste cachée aux charmes immédiats. Brotherocean s’installe en pleine lumière, apportant une grosse bouffée d’oxygène à une discographie d’ores et déjà exemplaire. On n’oubliera pas d’associer à cette réussite Olivier Marguerit (avec quelques retours à la flûte pour notre plus grand plaisir), Rémi Alexandre, Clément Carle et Jean-Yves Lozac’h car si leur contribution semble plus que jamais décisive, c’est bel et bien en concert que prend forme dans toute son ampleur le talent de cette formation. Et ça tombe bien car une tournée prometteuse se prépare.

Véritablement enthousiasmant !

Chroniques - 19.08.2010 par Pol
 

Voir la vidéo Syd Matters - Hi LifeSyd Matters - Hi Life

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