Le Bilan 2010 du Forum Indie Rock

C’est un peu la tradition, le passage obligé pour tout membre de notre forum, répondre à l’appel de notre convocation et plancher chacun de son côté sur la liste de ses vingt albums préférés de l’année. Le tout soumis au contrôle de nos experts qui recueillent les suffrages et invitent la communauté à venir nous faire partager son ressenti personnel. Voici donc notre bilan habituel, version 2010, avec toute la légitimité qui découle du caractère collectif de la chose. Et cette année, on a bien cru que la différence ne se ferait jamais entre nos trois prétendants principaux qui se sont livrés à un mano a mano palpitant tout au long de ce référendum. Si Midlake, The National et Owen Pallett trônent donc sur le podium des immanquables de 2010, voici la liste des trente albums élus et commentés par chacun de nos passionnés.

1. Midlake - The Courage Of Others

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Midlake - The Courage Of Others (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 1er du top de février >

Comment donner suite au déjà culte The Trials Of Van Occupanther qui élevait le groupe originaire d’Austin dans le Texas au rang de digne héritier des Grandaddy ou Mercury Rev, maîtres de la mélodie pop aux accents psychédéliques ? En changeant la formule tout simplement, et c’est avec un album hanté qu’ils nous reviennent à l’image d’une pochette qui ne donne pas envie de se balader en forêt. Ce retour aux affaires s’apparente donc à un contre-pied radical, le groupe n’a pas cherché la facilité, la musique est beaucoup plus intimiste, profondément mélancolique, certains ne passeront pas le cap de l’ennui mais pour ma part cette sombre beauté insondable m’a rendu, une fois de plus, totalement addict. (Can)

Il n’est vraiment pas facile de résister au pouvoir de cet album. J’ai cru y parvenir, me permettant d’en dire du mal tout le temps que j’ai pu, avant de rendre les armes et de succomber totalement. Mon plus important retournement de veste depuis que je fréquente le Forum Indie Rock. (Pol)

Coup de foudre immédiat pour cet album que j’ai écouté en boucle pendant une bonne partie de l’année écoulée. Une œuvre sombre et mélancolique qui me touche en plein cœur et me renvoie les images d’un monde que j’ai laissé derrière moi. (FredM)

On se gardera évidemment de comparer cet album au précédent, ceci ne pouvant aboutir qu’à un débat vain. Depuis leur dernier opus, les Texans n’ont pas fondamentalement changé leur formule (gagnante). Tout juste ont-ils accepté d’explorer davantage leur facette la plus mélancolique, orientant plus que jamais leur musique vers la folk. Avec brio, puisqu’ils nous offrent ainsi un second grand album consécutif... (Elnorton)

J’ai découvert Midlake avec cet album, et j’avoue qu’à la première écoute je n’ai pas été très emballé. "Mais c’est quoi cette musique ?" me suis-je demandé... Mais dès la deuxième écoute ça a été le coup de foudre. Finalement ce mariage entre la musique moyenâgeuse et le rock c’est pas si mal que ça, c’est même excellent ! Plus j’écoute cet album et plus j’aime. Encore un album avec de superbes mélodies et où il n’y a aucun titre à jeter. Du grand art ! (GoJijibe)

2. The National - High Violet

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The National - High Violet (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 1er du top de mai >

Ce groupe me fait le même effet à chaque album, à sa sortie je me dis : "tiens c’est pas mal, voilà un bon disque". 6 ou 9 mois plus tard, la conclusion s’impose, encore un des meilleurs albums de l’année. A chaque fois pareil finalement, ou comment garder ses convictions et son intégrité musicale malgré un succès grandissant, entre tension électrique et douceur mélodique, la grande classe. (Can)

C’est l’album qui m’a fait connaître et aimer ce groupe. Le titre Terrible Love porte bien son nom : terrible ! J’aurais acheté cet album uniquement pour ce titre ! Les autres chansons ont toutes de superbes mélodies, surtout Bloodbuzz Ohio, Runaway, et Vanderlyle Crybaby Geeks. De tous les albums du groupe, c’est mon préféré. (GoJijibe)

Après les deux pièces maîtresses que constituaient Alligator et Boxer, on pouvait craindre que la formule de The National finisse par lasser. C’était bien mal connaître la bande de Matt Berninger puisque les Américains ont encore progressé en maîtrise technique. Plus classieux que jamais, ce nouvel album ne révolutionne rien, il représente simplement l’évolution logique d’un groupe majeur de ce début de siècle... On a tout simplement affaire à un chef-d’œuvre. (Elnorton)

Avec cet album, The National montre au monde entier qu’il est le groupe le plus classe du monde avec un talent déconcertant. La classe américaine. (John Trent)

3. Owen Pallett - Heartland

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Owen Pallett - Heartland (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique | 1er du top de janvier >

A ma première écoute d’un morceau de Heartland, je me suis dit qu’un tel lyrisme s’avérerait vite lourdingue. J’étais alors loin de penser que cet album deviendrait l’un de mes préférés de l’année. En effet, loin d’être lourd, le lyrisme du jeune Canadien sublime des morceaux à la composition impeccable, d’une grande richesse et d’une grande inventivité. Aussi extravagant que talentueux, Owen Pallett s’impose déjà comme un artiste incontournable. (Carlo)

Grandiloquent et subtil, lyrique et intimiste, Owen Pallett met tout le monde d’accord en proposant une esthétique moderniste tout en respectant un certain classicisme. Une petite révolution, triste et belle, qui trouve son apogée avec le morceau The Great Elsewhere. (John Trent)

Ma première chronique de l’année. Et on sentait bien qu’on tenait d’entrée le Graal, ou quelque chose qui s’en rapprochait. Heartland dévoile un univers artistique qui ne ressemble à aucun autre, ce qui en fait l’un des albums les plus passionnants de cette année. (Pol)

Typiquement le genre d’album qui, à la première écoute, semble trop maniéré, voire grandiloquent. Mais il contient malgré tout un petit quelque chose qui fait qu’on y revient régulièrement. Ce petit quelque chose, c’est le génie du Canadien, qu’il étale tout au long de cet opus... Un an déjà que cet album tourne sur nos platines sans jamais nous lasser. Bien au contraire... (Elnorton)

Owen Pallett perd son alias mais continue son petit bonhomme de chemin dans l’univers de la pop orchestrale en évitant le piège de la lourdeur. Un album unique et personnel, virevoltant et émouvant à la fois. (FredM)

4. Musée Mécanique - Hold This Ghost

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Musée Mécanique - Hold This Ghost (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 3ème du top de février >

Hold This Ghost est parfait en tout point, ce n’est certes pas une révolution musicale mais c’est sans aucun défaut, ce qui est suffisamment rare dans un cru 2010 avare en belles découvertes. Mon album de l’année, sans aucune discussion possible. (Can)

Avec ce premier album, Musée Mécanique nous ouvre un univers de mélodies élégiaques et rêveuses, douces et cotonneuses. Il y a de la grâce et de la beauté lorsque l’on écoute ce florilège de ballades folk qui au premier abord pourraient paraître classiques et anodines mais insidieusement se révèlent plus subtiles et délicates avec ces petites touches de fantaisie et ces diverses instrumentations. Ce n’est pas avec ce genre de fantôme que l’on risque de faire des cauchemars, on peut au contraire s’endormir tranquille et sans crainte... (darko)

La mécanique folk du groupe de Portland séduit au premier abord : douce mélodie pop qui nous berce, harmonie qui alterne un brin de classicisme et une soyeuse bouffée d’air frais. Et puis, petit à petit, Musée Mécanique nous transporte dans des arrangements plus subtils les uns que les autres, une frénésie mélodieuse digne des Notwist, Grandaddy et autres maîtres de la folk. Sommet de toute beauté, inépuisable et inoxydable. (indé.pdt)

5. Lost In The Trees - All Alone In An Empty House

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Lost In The Trees - All Alone In An Empty House (disponible chez amazon.fr)

< repères : 2ème du top d’août >

Voilà une découverte pour laquelle j’avoue avoir un peu de fierté. Et même si la première fois que j’en ai parlé je ne disposais que des vieilles sessions d’enregistrement, celles-ci n’avaient franchement pas grand chose à envier aux futures réorchestrations et on sentait déjà clairement qu’on aurait affaire à l’une des sensations de l’année. Ce fût indéniablement le cas en août, à la (re)découverte de cette folk généreuse aux charmes immédiats. (Pol)

Le son chaud d’une guitare classique résonne dans cette maison vide et est vite rejoint par une douce voix ainsi que d’autres instruments à cordes tels que violon et violoncelle. La maison va ainsi se remplir de belles mélodies folk qui donnent envie de s’installer dans une chaise à bascule sur le balcon et d’admirer la vue sur les étendues de champs alors que le soleil et le vent nous caressent le visage. Les deux interludes s’apparentant à de la musique classique, loin de faire tache, viennent paradoxalement ajouter à l’harmonie du tout et donner un coup d’originalité à cet album qu’il ne faudra laisser de coté sous aucun prétexte. Un charme. (Guismo)

Cet album est l’une des plus belles découvertes de cette année pour moi. Mis à part les deux titres instrumentaux (Mvt I et II) que j’apprécie néanmoins, cet album est excellent de bout en bout. Les voix, les guitares, les violons et autres instruments s’accordent à merveille pour nous concocter des mélodies imparables. Comment peut-on rester de marbre devant des titres tels que All Alone In An Empty House, Song For The Painter, Fire Place, Love On My side, A Room Where Your Paintings Hang ? (GoJijibe)

6. The Radio Dept. - Clinging To A Scheme

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The Radio Dept. - Clinging To A Scheme (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 2ème du top de mai >

En 2010, la météo fut capricieuse, entre des chaleurs accablantes et un hiver enneigé et glacial, rien ne nous a été épargné. En musique, ceux qui ont tout compris viennent de Suède : avec le magnifique Clinging To A Scheme, The Radio Dept. a accompagné à merveille notre année musicale grâce à un album froid et lumineux, où les brouillards opaques supportent une pluie de mélodies vertigineuses. Les plus anciens ne vont pas cesser de nous rappeler qu’il n’y a plus de saison, tant mieux on écoutera plus souvent cet album. (Can)

Chaque titre est une petite merveille qui nous fait rêver et nous rend nostalgique. Chaque fois que j’écoute cet album j’ai l’impression d’être en vacances, même quand c’est le dimanche soir et que demain, une dure journée de travail nous attend. En plus il se bonifie avec le temps et je n’ai pas ressenti la moindre lassitude au fil des écoutes. Une valeur sûre donc. (GoJijibe)

L’empreinte caractéristique de ces Suédois est toujours autant appréciable. Pas de renouveau majeur dans Clinging To A Scheme mais l’œuvre parvient à se faire suffisamment légère et distrayante pour mériter de retourner sur la platine de temps à autres. (Djii)

Avec ce nouvel album tant attendu de The Radio Dept., jamais la brume ne nous avait parue aussi douce et accueillante. Un groupe au son très typé, qui leur permet de s’affranchir de la concurrence pour être l’unique référence en la matière. (Pol)

7. Admiral Radley - I Heart California

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Admiral Radley - I Heart California (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 1er du top de juillet >

En fan absolu de Grandaddy, j’attends fiévreusement chaque projet émanant d’un ex-membre. Admiral Radley en réunissant deux (et non des moindres), I Heart California ne pouvait que me plaire. Ce fût grandement le cas, l’album me permettant même, le temps d’un Red Curbs magique, d’avoir l’impression de découvrir un nouveau morceau des barbus de Modesto. (Half Bob)

Pas mal de second degré, mais aussi beaucoup de fraîcheur et de refrains à chanter à tue-tête dans le premier album de cette formation rassemblant les moitiés de Grandaddy et d’Earlimart. Des morceaux rayonnants qui allient le côté synthétique et atmosphérique, et celui plus folk et léger des deux groupes pour un résultat qui en jette, parfois calme et mélodique, parfois dingue et burlesque. Le disque cool de l’été 2010. (Matt)

Papy fait de la résistance avec l’album le plus cool de 2010. De l’Indie Pop à l’ancienne et des tubes à foison. (John Trent)

8. Caribou - Swim

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Caribou - Swim (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique | 3ème du top d’avril >

Voilà un Canadien qui aura su conserver son intégrité artistique tout en élargissant son public. Malgré une approche toujours expérimentale, cet album donne envie de danser jusqu’à très tard la nuit et c’en était fort probablement l’objectif. Pari réussi pour un album majeur de 2010 ! (Djii)

Le cerveau qui explose sur le dancefloor, avec cet album qui réunit autant les habitués des clubs que les fans de rock indé. Une métamorphose séduisante et réussie. (John Trent)

Ne croyez surtout pas ceux qui vous diront qu’avec Swim, Dan Snaith sombre dans la facilité. Après un Andorra très réussi, le musicien exploite sa veine la plus électronique pour nous proposer un album plus abordable au premier abord (Odessa est incontestablement LE single de l’année) mais également très raffiné et qui supporte aisément les nombreuses écoutes. (Elnorton)

L’un des meilleurs albums de l’année pour un groupe qui a pu retranscrire son énergie dans des live de feu. Que ce soit en concert, dans votre douche ou dans votre voiture, vous ne pourrez vous empêcher de vous trémousser aux sons hallucinatoires et addictifs de Caribou. Allant bien plus loin qu’une simple house, Dan Snaith et sa bande nous ont pondu une galette qu’on pourra encore écouter dans les années à venir. (Guismo)

9. Menomena - Mines

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Menomena - Mines (disponible chez amazon.fr)

< repères : 1er du top d’août >

Le trio de Portland, désormais quartette, nous a gratifié cette année d’un album ravissant, où les titres lumineux, parfois presque dansants et aux mélodies entêtantes côtoient quelques perles plus calmes et tourmentées, d’une sobriété parfaite et d’une classe absolue. Mention excellente donc pour ce nouveau disque de Menomena à la poésie discrète et à l’énorme efficacité qui n’ont pas fini de m’enchanter. (Matt)

En 2010, guitares rock et format pop rimaient malheureusement avec ennui mais pas du côté de Portland où notre power trio déchaînait tout sa puissance sonique aux airs de soul moderne sur ce quatrième opus digne d’un TV On The Radio à la fois plus épuré et densifié au maximum, sans jamais tomber cette fois dans le maniérisme ou la grandiloquence. Une vraie petite bombe. (RabbitInYourHeadlights)

Après l’excellent album de Ramona Falls en 2009, Brent Knopf retrouve son groupe d’origine Menomena. Plus direct que les précédents, cet album reste d’une exigence rare, qui malheureusement risque une fois de plus de faire passer le plus grand nombre auprès de titres aussi magnifiques que l’énergique TAOS, le mélancolique Queen Black Acid ou le crépusculaire Intil. Le groupe prend cette fois ci le temps d’éthérer ses compositions afin de mieux nous émouvoir sans jamais céder à la facilité. Une belle évolution qui malheureusement risque de s’arrêter puisque Brent Knopf quitte le groupe. A découvrir absolument. (John Trent)

En trois albums, le groupe originaire de Portland a su montrer son talent et la manière dont il incarnait ce renouveau rock américain. Ce cru de 2010 ne fait que replacer sur le devant de la scène Menomena avec une forme plus aboutie et plus fédératrice et un fond aussi riche qu’ambitieux. Menomena entretient un rythme spontané, un enchevêtrement de lignes mélodiques, une approche matérielle de chaque sonorité. Avec Mines, le groupe élève son univers à un étrange niveau. Celui qu’on ne mesure pas. Celui qui laisse chacune des onze compositions dans un état de grâce. Celui qui nous pousse à revenir sur nos pas : Ai-je bien remarqué l’influence ? Suis-je sûr d’avoir saisi la nuance ? N’ai-je pas ingéré trop vite la substance ? L’écoute de Mines ne se termine jamais. (indé.pdt)

9. Warpaint - The Fool

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Warpaint - The Fool (disponible chez amazon.fr)

< repères : 1er du top d’octobre >

En voyant Warpaint jouer à la Maroquinerie, je découvris très vite un autre univers, de nouvelles envies de faire du rock. La recherche d’identité de ce groupe s’est faite sur le long terme, en effet pas moins de six ans furent nécessaires pour créer ce premier album. Une période mise à profit pour créer ces pièces musicales où composition et interprétation sont aussi importantes l’une que l’autre. Et cette notion se retrouve aussi chez nous auditeurs car ce qui peut sembler inachevé au premier abord nous permet ici de donner vie à nos propres désirs musicaux. Et enfin, ce qui rend grandes ces belles compositions ce sont ces façons de jouer des mélodies complexes avec la candeur d’un adolescent posant ses premiers accords sur une guitare usée, ces chœurs tremblants et cette pudeur des sentiments chez un groupe d’écorchées vives. A une époque où trop de groupes sont dans le tout démonstratif, un peu de brume rend les choses plus belles. (Ikara Boy)

La comparaison avec Electrelane est pertinente. De belles voix féminines, des instruments électriques, une rythmique exceptionnelle, des mélodies enchanteresses qui ne cèdent jamais à la facilité radiophonique. La principale différence étant que Warpaint semble moins porté sur l’expérimental, composant ainsi un album pop très homogène et cohérent, également non loin de Beach House. Il est d’une efficacité et d’une beauté redoutables, et il n’est pas donné à tous les groupes de réussir dès le départ un tel coup de maître. Le revers de la médaille étant que les attentes vont être énormes, la pression risque d’être importante, et l’on peut encore douter de la capacité de Warpaint à devenir un très grand groupe. Mais ces quatre jolies filles sont plutôt bien parties pour. (Adrien49)

Elles sont jeunes et jolies ces quatre Californiennes, mais leur musique est, elle, d’une beauté vénéneuse. Guidé par une ligne de basse omniprésente, le chant angélique des demoiselles se confond précieusement avec la tension électrique des guitares. Au final, elles parviennent à délivrer une magnifique ambiance hypnotique pour ce premier album, en attendant confirmation on peut légitiment espérer que ce groupe marque les années 2010 de son empreinte, car oui, on peut déjà parler d’un style Warpaint. (Can)


11. Sufjan Stevens - The Age Of Adz

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Sufjan Stevens - The Age Of Adz (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique | 4ème du top d’octobre >

L’album le plus contesté de l’année n’en demeure pas moins le plus passionnant, passé les passages indigestes des premières écoutes, The Age Of ADZ délivre rapidement ses plus beaux trésors tels Vesuvius, I Walked ou Futile Devices et que dire d’Impossible Soul, final étourdissant de plus de 25 minutes, si ce n’est que Sufjan Stevens n’a rien perdu de son génie pop, même noyé sous une tonne de symphonie et d’électronique. (Can)

Même si Illinoise restera pour moi un sommet, cela n’est dû qu’au fait d’avoir découvert cet album en même temps que Sufjan Stevens lui-même. Mais The Age Of Adz pourrait dans l’absolu être un album plus marquant, l’avenir le dira. Je vois Sufjan Stevens comme une sorte de Godard musical : ayant commencé par ouvrir un courant et décupler les possibilités offertes à la folk, il s’en est éloigné assez rapidement pour produire des choses radicales, parfois réussies, parfois moins, et finalement revenir avec un chef-d’œuvre plus exigeant encore, plus novateur, et encore plus en phase avec le temps présent. Je le vois vieillir en même temps que son œuvre rajeunir, et je ne serais pas étonné de retrouver régulièrement Sufjan Stevens dans les listes d’albums qui comptent, jusqu’à ce qu’il soit centenaire. (Adrien49)

12. The Black Keys - Brothers

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The Black Keys - Brothers (disponible chez amazon.fr)

< repères : 3ème du top de mai >

Que dire de plus sur ce disque qui n’ait déjà été dit ? Il s’agit d’un disque de pur rock’n’roll comme il n’y en a pas eu depuis longtemps. Il s’inscrit dans la lignée des plus grands. C’est le meilleur album d’un groupe qui soit dit en passant est en train de constituer pas à pas une oeuvre qui fera date, et qui mérite depuis longtemps une reconnaissance qui n’arrive que trop tardivement (et qui n’est toujours pas au niveau de ce qu’elle devrait être, des hits potentiels comme Tighten Up ou Next Girl n’ayant rien à envier au Seven Nation Army des White Stripes). Les Black Keys forment un groupe intègre, humble, plein de convictions et plein d’audace, puisqu’ils pratiquent une musique qui a été déjà bien exploitée (mais apparemment pas suffisamment !) et qu’ils ne renieront jamais une idée quitte à vendre moins d’albums. Enfin, leurs performances scéniques sont bruyantes et hautement jouissives. (Adrien49)

Cela fait déjà un bon moment, presque dix ans, que le duo d’Akron dans l’Ohio roule sa bosse. Pourtant, il aura fallu attendre Brothers et un sixième album pour que les Black Keys connaissent un succès tant critique que commercial. Et même si ce nouvel opus traîne parfois en longueur, certains morceaux tels que Tighten Up ou Next Girl permettent de le hisser parmi les meilleurs albums rock de l’année, tout en sortant leurs auteurs de l’ombre. (Carlo)

13. Autechre - Oversteps

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Autechre - Oversteps (disponible chez amazon.fr)

< repères : 2ème du top de mars >

Oversteps est l’album qui m’a le plus intrigué cette année, et c’est souvent le cas avec Autechre. Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi ces vagues électroniques me transportent irrémédiablement de plages en plages, celles-ci s’avérant tout aussi irrationnelles qu’élégiaques. Et à la sortie, je ne saurais pas me rappeler pourquoi ce voyage indescriptible m’a autant captivé. (darko)

Souvent imité, jamais égalé, le duo anglais l’aura encore prouvé à deux reprises cette année, avec l’incisif Move Of Ten mais surtout ce labyrinthique Oversteps. Une grosse année pour l’IDM, et pourtant ce sont bien les vétérans du label Warp qui emportent la palme avec ce nouveau chef-d’œuvre, paradoxalement l’un des albums les plus accessibles et sereins d’une discographie parsemée d’abstractions chaotiques à la mélancolie malaisante, mais loin d’être de tout repos pour autant puisqu’on y aura parcouru sur plus de 70 minutes toutes les strates mentales que les deux super-cerveaux de Rochdale sont capables de faire naître de leurs machines angoissées. (RabbitInYourHeadlights)

14. Les Marquises - Lost Lost Lost

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Les Marquises - Lost Lost Lost (disponible chez amazon.fr)

< repères : 2ème du top de novembre | interview >

Comment se consoler d’une nouvelle année sans nouvelles de Hood ? En acquérant le surprenant Lost Lost Lost qui se hisse avec classe au niveau des Anglais, captivant. (Can)

J’avoue ne pas connaître l’œuvre de Henry Darger, mais Les Marquises ont su me faire découvrir ses peintures au travers de toiles musicales impressionnistes et mouvantes, issues de ce premier album. Il est rare d’entendre un groupe qui par de simples notes réussit à construire un univers visuel aussi riche et émotionnel. On pense immédiatement à la fratrie Adams (Hood, The Declining Winter), mais cette collaboration a su engendrer un album qui s’affranchit de toutes références et frontières musicales, du jazz à l’électronica, pour un résultat vaporeux et mélancolique à souhait. (darko)

Ambiance froide et contemplative pour un album d’une cohérence sans faille. Se lancer dans l’écoute de Lost Lost Lost, c’est plonger dans un univers (qu’il soit musical, pictural ou encore filmé) qui ne vous laissera pas indifférent. Dur de mettre des étiquettes à cet album, mais n’est-ce pas justement ça le propre d’un artiste au sommet de son art ? (Guismo)

15. Arcade Fire - The Suburbs

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Arcade Fire - The Suburbs (disponible chez amazon.fr)

< repères : 3ème du top d’août >

A la première écoute, The Suburbs m’a surpris assez négativement. Puis, à force d’écoutes, j’ai fini par découvrir ses trésors, et je me retrouve aujourd’hui à fredonner Rococo à tout bout de champ. (Half Bob)

Pas très fan d’Arcade Fire au départ, je me suis pourtant surpris à écouter sans lassitude ce mastodonte de l’année 2010. Basé sur une mélodie parfois monotone, ce disque révèle un esprit progressif et dévoile ainsi un véritable plaisir contrastant avec le résultat fourni par ses prédécesseurs. (Djii)

Il est des albums dont on se méfie un temps. Un court instant. La peur qu’un artiste ne soit pas à la hauteur de l’image qu’il dégage, dont les médias s’emparent. The Suburbs dépasse en réalité tous ces paramètres. Arcade Fire ont laissé leurs hymnes imparables voire grandiloquentes de côté. Ils se sont adaptés au temps en forgeant un caractère solide, mesuré mais avec une forte intensité. Sur The Suburbs, le combo aborde une écriture mélancolique ou lumineuse dans une orchestration riche et plus recherchée. Un titre éponyme entraînant et majestueux, un Suburban War avec une envolée frénétique, une rythmique implacable sur We Used To Wait, des pistes qui enflamment (Ready To Start, Month Of May) d’autres qui reposent (Spraw, Deep Blue, Half Light I) et Regine Chassagne en maître d’œuvre sur le très disco Spraw II. Les Canadiens confirment leur immense créativité et leur recherche musicale même avec une place au soleil. (indé.pdt)

15. Year Of No Light - Ausserwelt

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Year Of No Light - Ausserwelt (disponible chez amazon.fr)

Après Nord, un premier album hésitant entre post-metal, post-hardcore ou encore post-rock, le groupe bordelais nous revient quatre ans après avec un nouveau line-up. Year Of No Light a perdu en route son chanteur mais a gagné un guitariste ainsi qu’un batteur supplémentaires. Et qui dit nouveau line-up dit nouveau son. Sur quatre longues pistes, Ausserwelt déroule une fresque post-metal alternant entre violence contenue et noirceur abyssale. (Carlo)

Difficile parfois de passer le cap d’un premier album bien accueilli. Difficile aussi de survivre à un changement d’effectif. Pas pour Year Of No Light qui réussit l’exploit de faire encore mieux que Nord avec un album terriblement massif et incroyablement aérien à la fois. (FredM)

Une seule chose à dire : c’est français et ça vous envoie les Pelican, Russian Circles, Cult Of Luna et autres groupes de postcore direct dans les cordes. Cocorico. (Nono)

17. Baths - Cerulean

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Baths - Cerulean (disponible chez amazon.fr)

< repères : 4ème du top de juillet >

Parce qu’il fallait bien qu’une galette issue d’Anticon se loge parmi les meilleurs albums de 2010, c’est à Cerulean de s’y coller cette année. Une fois encore, le label à la fourmi nous a déniché une jeune pousse au talent certain. Entre électronica-pop sautillante agrémentée de beats hip-hop (ou non) et fraîcheur mélancolique à la Boards Of Canada, le premier album de Baths ravira autant les amateurs d’Animal Collective que de Flying Lotus. (Carlo)

Quand Will Wiesenfeld ne donne pas dans la folktronica avec [Post-Foetus] ou l’ambient bucolique avec Geotic, il laisse libre cours à son talent de beatmaker du côté d’Anticon sous le pseudonyme Baths et il fait bon se baigner dans ces eaux scintillantes et instables, balloté de beats assourdis en nappes électro-acoustiques et porté par les harmonies vocales tour à tour enchanteresses ou plus barrées de ce Californien dont on n’a sûrement pas fini de parler. (RabbitInYourHeadlights)

L’électro n’est pas mon genre de prédilection, pourtant cette année j’ai fait de très belles découvertes dans ce domaine : Flying Lotus, Dntel, Gold Panda, Hot Chip, Four Tet... Baths, c’est un peu un condensé de tout ces groupes. C’est un album très accessible pour tous ceux qui veulent découvrir l’électro je pense. Chaque titre de l’album vaut le détour, mais mon titre préféré c’est Rafting Starlit Everglades, un titre magnifique et mélodieux à souhait ! Et Plea est un tube en puissance. (GoJijibe)

18. Deerhunter - Halcyon Digest

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Deerhunter - Halcyon Digest (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique >

Un album attendu par beaucoup de monde et qui véhiculait donc le lourd risque de décevoir. Deerhunter s’est tout de même très bien appliqué pour offrir un album comportant des moments forts, presque au même titre que son aîné Microcastle. Presque. Mais c’est déjà la classe ! (Djii)

Il ne faut jamais se fier à sa première impression, je ne le dirai jamais assez concernant ce dernier album de Deerhunter. Une certaine déception ne pouvait qu’être de mise après les labyrinthiques Cryptograms et Microcastle et l’aérien Helicopter en prémisse, les mélodies semblaient trop simples et évidentes. Et pourtant, lorsqu’on y prête une meilleure attention, elles se révèlent bien plus subtiles et incroyables. Entre onirisme et spleen, la musique du groupe n’a jamais été aussi lumineuse et radieuse, apaisante et avenante, preuve en est avec ce très bel hommage à Jay Reatard pour clore ce remarquable opus qui mérite que l’on s’y plonge sans aucune retenue (et en oubliant la frénésie médiatique qui a pu desservir la découverte de ce Halcyon Digest ). (darko)

On ne sait pas vraiment si on doit parler encore du nouveau Deerhunter ou d’Atlas Sound tant la ressemblance est frappante. Peut-être tout simplement du nouvel album de Bradford Cox qui s’impose avec cet Halcyon Digest comme l’un des plus grands. Desire Lines est juste le meilleur morceau de 2010. Un album plus apaisé et pop, qui sent bon la nostalgie, la fin de l’adolescence et le lendemain de cuite, comme en témoigne le titre He Would Have Laughed, en hommage à feu Jay Reatard. (John Trent)

19. Syd Matters – Brotherocean

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Syd Matters - Brotherocean (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique | 3ème du top d’août >

Enjoué. Mystique. Envoûtant. Classique parfois. Aventureux aussi. Il faudrait davantage de qualificatifs pour résumer la quatrième œuvre de Syd Matters tant Brotherocean affiche une maîtrise totale presque inédite entre bonheur poétique et sérénité juvénile. Le groupe a laissé de côté ses automatismes pour illuminer en eau profonde ses doutes, ses envies, ses cassures, ses joies. Syd Matters a fait une introspection de ses cauchemars pour libérer ses rêves et proposer un album plus fort, plus prenant, plus poétique, plus abouti. Encore d’autres qualificatifs qui montrent que Jonathan Morali et ses acolytes musiciens sont aujourd’hui incontournables. (indé.pdt)

Pour être franc je ne les pensais pas capables de reproduire un album de ce niveau. On a beau être fan, on peut toujours se laisser surprendre dans le bon sens. Cet album possède toutes les qualités que je recherche, il s’articule autour d’un thème, ne laisse aucune place à la redite et reste malgré tout parfaitement homogène. Je les ai mis deuxièmes de mon bilan de l’année, j’aurais très bien pu les mettre premiers. (Pol)

20. The Album Leaf - A Chorus Of Storytellers

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The Album Leaf - A Chorus Of Storytellers (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 4ème du top de février >

Pile entre électronica, post-rock et pop vocale mâtinés de nappes contemplatives et d’arrangements ciselés, l’année 2010 démarrait en beauté avec ce dernier album en date de Jimmy LaValle qui enchantera amateurs comme néophytes d’un univers passé par la synth-pop ou l’ambient grâce à son lyrisme parfaitement mesuré. Avis également aux amateurs de Sigur Rós qui devraient plus que jamais y trouver leur compte. (RabbitInYourHeadlights)

Ce qui m’a avant tout séduit en découvrant progressivement cet album, c’est la beauté brute du son de The Album Leaf. Dans de bonnes conditions d’écoute, le rendu est saisissant, me renvoyant également au bon souvenir de Sigur Rós, dans un environnement qui laisse ici le champ libre à une électronica délicieuse. (Pol)

20. Boduf Songs - This Alone Above All Else In Spite Of Everything

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Boduf Songs - This Alone Above All Else In Spite Of Everything (disponible en téléchargement chez amazon.fr)

This Alone Above All Else In Spite Of Everything c’est un peu l’alcool à 90°C de la vague folk actuelle : du concentré qui pique. C’est complètement désespéré, totalement minimaliste et affreusement poignant. Un disque atypique qui a le don de rouvrir les vielles blessures et vous laisse un sale goût métallique dans la bouche. C’était fait pour me plaire. (Nono)

Parce que la folk, ça peut aussi faire mal. En huit chansons à peine, This Alone Above All Else In Spite Of Everything rappelle qu’une simple guitare armée d’une voix fatiguée et de quelques arrangements discrets suffit à provoquer de belles éruptions de bile à l’intérieur du corps. Boduf Songs poursuit son bonhomme de chemin, toujours un peu plus loin dans le noir absolu, à la recherche des dernières poussières d’optimisme à éradiquer. Un disque calciné, saisissant et pour tout dire, magnifique. (leoluce)

22. Broken Bells - Broken Bells

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Broken Bells - Broken Bells (disponible chez amazon.fr)

< repères : 1er du top de mars >

Entre un producteur qui transforme en or tout ce qu’il touche (Danger Mouse) et le chanteur d’un brillant groupe de rock américain (James Mercer), Broken Bells ne pouvait que se présenter comme œuvre de génie. Les dix morceaux de cet album brut et efficace alternent une énergie entêtante et des sonorités inventives entre musique urbaine et pop classique. Broken Bells est un résultat immédiat, sans artifice ni production expérimentale. Mais une réussite instantanée, qui ne devrait échapper à aucune oreille. (indé.pdt)

Projet qui trottait dans la tête des deux compères depuis plusieurs années, ce duo composé de Brian Burton alias le producteur Danger Mouse et James Mercer (chanteur de The Shins) aura finalement sorti un premier album éponyme en mars dernier. Un concentré de pop synthétique et lumineuse, où les bricolages électroniques et cosmiques de Danger Mouse se mêlent aux chansons aériennes et entêtantes de Mercer dans ce premier essai très sympathique, fait de mélodies immédiates et accrocheuses. (Matt)

Après Dark Night Of The Soul l’année dernière (où apparaissait déjà James Mercer), le producteur le plus en vue du moment continue de révolutionner la pop en faisant sauter toutes les barrières entre les styles sans rien sacrifier sur l’autel de l’efficacité. Incroyablement pop, doté d’une production magnifique et accessible tout en restant bourré de bonnes idées, d’inventivité et d’audace. Cet opus, écrit à quatre mains, s’affirme comme le manifeste pop de 2010. (John Trent)

23. Kristin Hersh - Crooked

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Kristin Hersh - Crooked (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique >

Écouté sur le tard parce que de toute façon, c’était couru d’avance : j’allais aimer ce disque comme tous les autres depuis son Hips And Makers inaugural. La faute à un parcours musical tellement exemplaire qu’il en deviendrait presque intimidant, mais c’est sans compter sur l’humilité et l’extrême sincérité de Kristin Hersh, deux qualités qui vous sautent à la gueule lorsque vous écoutez sa musique ou que vous vous intéressez à sa manière de la distribuer. Alors, ce Crooked  ? Toujours les méandres de sa voix habitée, ses mots qui flottent ou bien claquent, les arpèges liquides et les notes égrenées, sèches ou franchement amplifiées, ses arrangements discrets mais toujours justes et cette façon si particulière de s’affranchir de quelconques formats. Nul besoin de maîtriser la langue pour parfaitement comprendre ce qu’elle nous chuchote au creux de l’oreille, ce qu’elle nous dit et même nous crie. Un disque hors des modes et des classements de fin d’année de par son extrême justesse. (leoluce)

A l’instar de Hips And Makers, Crooked s’avère addictif dès les premières notes. Pourtant, depuis 1994, notre Throwing Muses préférée signe régulièrement de son patronyme quelques albums qui se méritent. On ne parlera donc pas de résurrection, mais cette année pas de droit à l’écart car passer à côté de ce cru 2010, c’est assurément manquer l’un des meilleurs albums produits par l’Américaine. (caribou)

Après être passée par des albums nettement plus dépouillés ( The Grotto ), ou arrangés ( Learn To Sing Like A Star ), sans parler de la suite épique aux morceaux emboîtés livrée en 2009 par 50FootWave ( Power+Light ), Kristin Hersh touche à l’épure avec ce nouvel opus financé via sa plateforme CASH Music, mais une épure aussi tranchante qu’intimiste, offrant aux fans le plus beau cadeau dont ils pouvaient rêver : une collection de morceaux d’anthologie aux mélodies à fleur de peau, aux guitares ciselées et aux effets discrets, d’une authenticité jusqu’au-boutiste puisque personne à part elle-même n’est intervenu sur l’album, signant au passage la chanson la plus poignante de 2010 en hommage à feu Vic Chesnutt avec Flooding et son fascinant jeu d’arpèges solaire à la David Grubbs. (RabbitInYourHeadlights)

24. Shannon Wright - Secret Blood

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Shannon Wright - Secret Blood (disponible chez amazon.fr)

< repères : 3ème du top de novembre | interview >

Voilà un album qui respire le savoir-faire et l’ingéniosité ! Secret Blood m’est apparu comme un espace de liberté créative pour son autrice et dans lequel se développe une ambiance sombre et travaillée. En naissent d’envoûtantes pistes, à l’instar de On The Riverside, d’apparence simple mais dont les couplets arpégés cachent pourtant une profonde et sincère émotion. (Djii)

Voilà une artiste que j’aurai mis bien du temps, trop longtemps sans doute à aborder, craignant que la sempiternelle comparaison avec PJ Harvey ne mène qu’à une déception de plus. Et pourtant ce Secret Blood, album-monde aux multiples facettes suffirait à lui seul à éclipser ce parallèle facile : loin de n’être qu’une rockeuse sous influence de plus, l’Américaine nous offre une plongée tour à tour tempétueuse, troublante ou touchante dans son univers aussi virulent que feutré, troquant bien souvent la six-cordes au profit d’un piano aux accords mélancoliques ou plus hantés, jouant de sa voix à la personnalité magnétique pour nous entraîner dans le tourbillon de ses sombres pensées. (RabbitInYourHeadlights)

25. The Magic Theatre - London Town

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The Magic Theatre - London Town (disponible chez amazon.fr)

< repères : 2ème du top de juin | l’album en vidéos >

Quand le noyau dur d’Ooberman, d’un côté Dan Pop compositeur et arrangeur bercé par le cinéma et de l’autre Sophia Churney chanteuse à la voix d’or, décide de remonter le temps main dans la main, ça donne London Town, merveilleux petit conte au romantisme doux-amer perdu entre pop 60’s, symphonie hollywoodienne et baroque victorien. La pop en 2010, c’était The Magic Theatre et finalement c’est déjà beaucoup. (RabbitInYourHeadlights)

C’est un album magique où l’on plonge dans plein de films différents. Des films aimés bien sûr ! Par exemple le titre St Agnes’ Eve m’a fait penser à Ben Hur et ainsi j’ai replongé dans mon enfance, un soir de Noël... Et puis les violons j’adore ça (les choeurs aussi) ! Ils accompagnent à merveille toutes les belles mélodies qui composent cet album. (GoJijibe)

Avec The Magic Theatre, c’est un peu comme si la pop de Belle & Sebastian était mise sous perfusion de vitamines en tous genres. Une belle énergie, des compositions qui traversent les époques et les continents, et des arrangements généreux. Avec le semi-échec des Écossais cette année, London Town a bien rattrapé le coup. (Pol)

26. Tame Impala - Innerspeaker

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Tame Impala - Innerspeaker (disponible chez amazon.fr)

< repères : avis express | 3ème du top de juin >

L’une des grandes découvertes de l’année pour moi ! Lucidity ou Solitude Is Bliss sont de pures merveilles, le genre de chansons dont je n’arrive pas à me lasser, même après moult écoutes en boucle ! (Half Bob)

Ce disque est un concentré de pop music qui synthétise 50 ans de hits, des Beatles à MGMT, et c’est à la fois le compliment et le reproche qu’on peut lui faire. Cependant, c’est un groupe que j’ai suivi au fil des titres glanés au fur et à mesure sur l’anthropocentre, d’où mon adhésion a priori à cet album dont on ne peut nier l’extrême efficacité de chacun des morceaux. Enfin, cela fait toujours plaisir d’avoir régulièrement de bonnes nouvelles de cette lointaine contrée qu’est l’Australie. (Adrien49)

Un son de guitares délicieusement sale, une remarquable homogénéïté, et une bonne poignée de tubes potentiels, il n’en fallait pas plus pour faire de ces Australiens l’une des révélations de 2010. Desire Be, Desire Go est simplement l’un des morceaux les plus jouissifs entendus cette année. (Pol)

27. Tindersticks - Falling Down A Mountain

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Tindersticks - Falling Down A Mountain (disponible chez amazon.fr)

< repères : 2ème du top de janvier >

Après un premier morceau aux légers accents free-jazz psychédéliques qui n’a pas grand-chose à voir avec le reste de l’album, Keep You Beautiful donne le ton de ce que sera la suite de la dernière livraison des Tindersticks : des chansons classe et authentiques au charme intemporel, et cette voix, toujours et encore cette voix, celle de Stuart Staples et de son songwriting d’exception. (Matt)

Délaissée par la critique, la bande à Stuart Staples nous gratifie pourtant d’un superbe retour en forme depuis The Hungry Saw, en témoigne à nouveau ce petit frère du Second Album renouant même 15 ans après avec la liberté du jazz et des envies de dissonance ou d’envolées orchestrales dès la chevauchée psyché du fabuleux titre éponyme en ouverture. De quoi mettre en valeur au mieux ce songwriting feutré aux accents soul, voire parfois country à la façon d’un Lee Hazlewood, qu’incarne avec une classe intacte la voix de velours de notre crooner préféré. (RabbitInYourHeadlights)

Loin. Très loin. Stuart Ashton Staples et sa bande proposent sur ce huitième album un voyage lointain, sous des cieux presque inconnus mais flamboyants. L’album sans doute le plus hétérogène du groupe tant les influences jazz du titre éponyme d’ouverture viennent contrebalancer la rythmique estivale de She Rode Me Down. Tant la chaude ballade intimiste Keep You Beautiful se mesure au brillant thème instrumental de clôture Piano Music, désorientant ainsi tous les sens. Finalement, on ne sait jamais comment définir Tindersticks. Et c’est peut être là que se mesure leur talent. Musique western, mid tempo et ambiance cinématographique ne suffisent plus. (indé.pdt)

28. Teebs - Ardour

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Teebs - Ardour (disponible chez amazon.fr)

< repères : 1er du top d’octobre >

Signé chez Brainfeeder, le label de Flying Lotus, on pouvait légitimement espérer un disque de qualité de la part de Teebs. Et en effet l’élève n’a déjà plus rien à envier au maître tant son premier album est séduisant. Une musique électronique façon glitch-hop conservant un côté organique certain, tels sont les ingrédients utilisés par l’Américain afin de confectionner Ardour. (Carlo)

En 2010 la musique n’aura eu qu’une capitale mondiale, Los Angeles et ce notamment pour les recherches de ses laborantins des labels Friends of Friends, Alpha Pup ou Brainfeeder bien décidés à envoyer le hip-hop dans la stratosphère, le jazz sur Mars et l’électronica dans la nébuleuse d’Orion. Plus encore que Flying Lotus, Take ou Shlohmo, c’est aujourd’hui Mtendere Mandowa aka Teebs qui incarne le mieux cet art de la syncope cosmique avec les 18 instantanés mélodiques et brumeux de cet Ardour qui fera date. (RabbitInYourHeadlights)

29. Scorn - Refuse ; Start Fires

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Scorn - Refuse ; Start Fires (disponible chez amazon.fr)

< repères : chronique >

Exercice difficile d’expliquer pourquoi j’ai aimé Refuse ; Start Fires tellement l’album est froid, hermétique, mécanique. Je ne peux pas m’empêcher de comparer son écoute à la lecture d’un vieux Ellroy (époque trilogie Lloyd Hopkins) : ça vous cloue au plancher et ça vous caresse les côtes à grands coups de pompes. (Nono)

Il aura fallu 20 ans à Mick Harris pour trouver au projet Scorn un label sur lequel ne dépareillerait pas son dub pesant, glacial et saturé. C’est désormais chose du côté d’Ohm Resistance où l’ex Napalm Death et Painkiller retrouve ses vieux potes Bill Laswell et Justin Broadrick, et le Refuse ; Start Fires livré pour l’occasion est à la hauteur de nos pires cauchemars : près d’une heure en apnée dans les méandres ténébreuses d’un cerveau reptilien animé des pires intentions, le genre de trip qu’on oublie pas de sitôt. (RabbitInYourHeadlights)

Refuse ; Start Fires est sans nul doute l’opus le plus noir, hermétique et viscéral de Mick Harris depuis longtemps. D’une intransigeance sans fond, ce véritable suicide commercial est en tout point magnifique. Un grand disque. (leoluce)

30. Blonde Redhead - Penny Sparkle

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Blonde Redhead - Penny Sparkle (disponible chez amazon.fr)

< repères : 1er du top de septembre >

Avec sobriété et élégance, les Américains poursuivent leurs explorations musicales s’enfonçant dans un long spleen mélancolique, une noirceur minimaliste difficile à appréhender mais ô combien troublante. (Can)

Dommage, quel dommage que le dernier Blonde Redhead ait reçu un accueil public et critique aussi mitigé. Il faut dire que les changements radicaux qui ont ponctué leurs derniers travaux ne facilitent pas la tâche à ceux qui ne jurent que par leur ancien son aux guitares noisy et arty. D’autant que sur Penny Sparkle, la musique du groupe se révèle moins évidente que jamais ; il faut du temps et de la volonté pour se laisser doucement absorber dans ce cocon chaud, onirique et délicat qui a beaucoup à offrir. (Matt)



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jeudi 18 juillet 2019


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