Quattro stagioni à San Franscisco pour Shirley Lee

Associé à ses débuts à une scène brit-pop déjà sur le déclin, Spearmint avait pourtant bien davantage à offrir à l’image de son frontman et compositeur Shirley Lee qui dans un monde parfait aurait dû s’imposer dès le superbe A Week Away en 99 (réédité dix ans plus tard avec une palanquée de bonus), à mi-chemin de la twee-pop, de la northern soul et d’une power-pop finement ciselée à la Nada Surf, comme l’un des songwriters et mélodistes anglais les plus désarmants et singuliers de sa génération, quelque part entre Jarvis Cocker, Luke Haines et le Stuart Murdoch de la grande époque.

En hiatus depuis 2006 et le très personnel Paris In A Bottle après quasiment un album par an si l’on compte les éditions limitées, Spearmint vit donc le Londonien s’envoler vers d’autres aventures en solo, à commencer par un charmant éponyme en 2009 enregistré par Brian O’Shaughnessy (Denim, The Broken Family Band) qui n’avait finalement de solo que le nom, les membres de Spearmint y officiant au grand complet de James Parsons à la guitare à Simon Calnan aux claviers en passant par Ronan Larvor aux fûts et Andy Lewis à la basse... à moins que les albums du groupe n’aient jamais été qu’un écrin pour la seule personnalité musicale de son leader ?

Quoi qu’il en soit, c’est avec Winter Autumn Summer Spring que l’émancipation semble véritablement avoir eu lieu, bien qu’on n’ait pas vraiment la confirmation de qui fait quoi sur ce nouvel opus sorti lundi chez Missing Page. Un double album, rien de moins, qui permet à Shirley Lee de pousser son goût pour le storytelling dans ses derniers retranchements en narrant sur 30 titres tout rond la rencontre fortuite à San Francisco d’un couple d’Anglais en quête d’un témoin pour leur mariage sur le Golden Gate Bridge et d’un passant qui avait prévu de se jeter du même pont.

Comment notre bonhomme a-t-il bien pu glisser là-dedans l’hommage à John Peel et à un certain nombre de ses groupes de chevet (on comprendra mieux à lire le top 100 des films sortis en 2010 de ce véritable toqué des listes) que constitue le premier single An Old Cricketer, il faudra écouter l’album pour le savoir :


... ce que l’on ne peut malheureusement pas vous proposer pour le moment mais avec une dizaine d’extraits tout de même sur son site officiel (dont ledit single en qualité sonore optimale) et le titre d’intro Maidenhead ci-dessous révélant une écriture encore mûrie voire magnifiée et des arrangements impeccables de retenue, il y a là pour le moins de quoi vous faire une bonne idée de la direction épurée autant qu’évocatrice de ce concept album qui s’annonce déjà aussi touchant qu’ambitieux.

Shirley Lee - Maidenhead by Sturdy Records

News - 16.06.2011 par RabbitInYourHeadlights
 



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