Le streaming du jour #336 : Susurrus - ’s/t’ & EYES - ’A Candle In The Crown Of The Dawn’

Honneur aujourd’hui à un label pas comme les autres, qui persiste à cultiver le goût du bel objet au format cassette (si si) en pleine hégémonie du mp3 compressé et débité en tranches de singles aseptisés. Il faut dire aussi que chez Field Hymns, si la plupart des sorties sont mises à disposition en libre écoute digitale via Bandcamp, on est pas vraiment du genre à encourager la compromission musicale.

Du drone polymorphe de Zac Nelson dont on parlait déjà ici aux sombres grouillements sur bande du mystérieux Boron en passant par l’étrange kosmische music folklorique d’Adderall Canyonly, la synth-pop gothique et décadente d’Oxykitten, l’acoustique lo-fi aux harmonies vocales déglinguées de White Glove ou le blues futuriste et crépusculaire de Mattress aux faux-airs de John Carpenter, les artistes du label de Portland, basés pour la plupart d’entre eux dans la localité, s’avèrent en effet coutumiers des chemins de traverse, partageant à des degrés divers et au gré de circonvolutions esthétiques particulièrement variées cette ambition commune de sonner de façon singulière sans pour autant perdre l’auditeur en expérimentations absconses et vides de sens.

Ainsi en est-il des deux projets qui ont retenu notre attention aujourd’hui et dont les univers radicalement opposés témoignent tout à la fois de l’éclectisme et de l’exigence de l’écurie de Dylan McConnell, par ailleurs graphiste sous le pseudo de Tiny Little Hammers et auteur du plus gros des artworks des sorties Field Hymns.

D’un côté, on a donc Susurrus et ses deux longues pièces cosmiques et anxiogènes où d’imposants drones analogiques président au ballet mystique d’une multitude d’interférences électroniques, sillonnant l’espace-temps comme autant de résidus de futurs imaginés mais jamais survenus :


De l’autre, un quatuor de San Francisco élevé au krautrock, à la no wave et au jazz qui nous propose en libre téléchargement son album A Candle In The Crown Of The Dawn. Six titres seulement pour une petite quarantaine de minutes qui n’en suffisent pas moins à EYES pour exprimer la quintessence d’un rock psychédélique fiévreux et métissé, dont les guitares incandescentes et la batterie tantôt effrénée ou plus feutrée à l’image du chant de Scott Pinkmountain laissent volontiers de l’espace aux digressions hypnotiques et opiacées d’un clavier Moog ou d’un saxo aux relents éthiopiques :


Soit deux franches réussies dont l’éthique DIY à l’aune de celle du label se ressent plus qu’elle ne s’entend : un signe qui ne trompe pas.


Streaming du jour - 18.03.2012 par RabbitInYourHeadlights
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mardi 23 juillet 2019


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