Trois questions à Astronautalis, Pierre the Motionless et Ancient Mith à l’occasion de la tournée "Connect the machine to the map"

On en parlait à sa sortie, c’est au petit label Dora Dorovitch qu’on doit la compilation Connect the machine to the map, pierre inaugurale d’un renouveau annoncé, car Dora s’apprête à promouvoir un certain nombre d’artistes appartenant à la petite scène injustement méconnue de l’alt rap, ce qui n’est pas pour nous déplaire. À l’occasion de la soirée "Connect the machine to the map" qui aura lieu le 22 mai à Mains d’œuvres (Saint Ouen), on a souhaité en savoir plus sur ces artistes en tête desquels figurera Astronautalis mais aussi le rappeur fou de Denver Ancient Mith et le beatmaker français Pierre the Motionless. Trois questions à chacun d’entre eux qui nous en diront un peu plus sur leur actu et leurs projets… et plus si affinités.


Trois questions à Astronautalis


Il est venu l’an dernier pour une tournée européenne où son laptop et l’ami Bleubird l’accompagnaient, certains d’entre nous ont eu l’occasion de les voir freestyler ensemble, explosifs et rayonnants. Cette fois, le Floridien hyperactif Astronautalis débarque au complet avec son groupe et son mélange effervescent de hip-hop et de pop pour nous offrir la prestation qu’on attend comme le nec plus ultra d’un performeur né, icône moderne du hip-hop indé.

- IRM : Après l’énorme succès de This Is Our Science et des mois de tournée, on dirait bien que tu ne t’arrêteras jamais : on est très contents de t’accueillir à nouveau en France et pour la première fois, avec le groupe ! Alors, qui vient, qui joue quoi ? Est-ce que vous allez jouer de nouveaux titres ?

Astronautalis : J’arrive en France avec mes deux musiciens, Oscar Romero qui est de Portland, Maine, qui joue de la guitare, et qui est aussi chanteur d’un groupe incroyable, Endless Jags. À la batterie nous avons Mo Blunts, qui est un tout petit gars mais qui tape plus fort sur sa batterie que les batteurs de metal les plus costauds. Ce nouveau show est une super expérience ! C’est un autre monde. Et oui, attendez-vous à deux nouveaux morceaux.

- Tu passes ta vie sur les routes, où est-ce que tu passes tes vacances du coup ? Est-ce que tu as réussi à écrire de nouvelles chansons ces derniers mois ? Quoi de neuf pour cette année ?

Je n’ai pas pris de vacances depuis des années ! Mais je rêve de prendre mes premières vraies vacances l’an prochain. J’ai besoin de faire un break avec la route. Cette année j’ai écrit pour mon propre projet et travaillé à un nouveau groupe avec Bon Iver et un des membres de Poliça. Je travaille aussi à un nouveau projet avec mon ami P.O.S. Vous devriez commencer à entendre tout ça cet été !

- Nous savons maintenant que tu aimes jouer dans la neige en slip avec tes potes de Why ? : quelle est ta tenue pour aller dans l’espace, et qui emmènerais-tu ?

Pour l’espace ? Je mettrais une combinaison spatiale... mais j’en veux une peinte en or, je suis un rappeur ! J’emmènerais mes musiciens comme ça on pourrait être le premier groupe dans l’espace !

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Astronautalis au grand complet


Trois questions à Pierre the Motionless


Il est principalement connu pour avoir sorti un album avec le quatuor français Motionless dont il est à la fois membre fondateur et beatmaker en chef, mais Pierre the Motionless a aussi écrit des instrus pour des artistes comme Andrre, Swordplay ou Astronautalis. À mi-chemin entre pop et hip-hop, on retrouve souvent dans ses beats un contraste caractéristique entre une certaine délicatesse incarnée par des sonorités douces un brin oniriques, et un goût des basses et des sons plus froids, ainsi qu’un soin particulier porté aux harmonies.

- IRM : Ça n’est plus un secret pour personne : tu t’apprêtes à sortir un album avec le rappeur et activiste américain Swordplay. Quelques mots sur vous deux, sur la sortie ?

Pierre the Motionless : Alors pour commencer je soupçonne Swordplay d’être une licorne. Ou une sirène. Je veux dire le genre de créature bizarre pour lesquelles tout le monde trouve normal qu’il y ait des arcs en ciel quand il chante. Mais passons. On sort un album issu de 5 années de coopération fainéante, dans un genre pas assez hip-hop pour s’appeler hip-hop, mais pas assez "pas hip-hop" pour pas s’appeler hip-hop. On a réussi à faire croire à un somptueux label français nommé Dora Dorovitch que c’est de la bonne musique, et ils ont décidé de le sortir en vinyle. Un jour tout le monde saura que les gens de Dora sont une sorte d’équipe d’anges gardiens du rap. En attendant nous on le sait déjà.

- Y aura-t-il une tournée européenne, ou bien c’est toi qui va aller aux States pour tourner avec lui ? Est-ce que vous envisagez de customiser un van façon Bleubird et de faire le tour de l’Europe pour faire concurrence aux festivals de l’été ?

J’espère bien qu’il y aura les deux, la vraie question c’est quand. A priori ce sera sûrement l’an prochain pour des raisons d’agenda. Quoi qu’il en soit on compte pousser le concept de Bleubird un peu plus loin en customisant une Fiat Panda. C’est d’autant plus simple que je vis dans la seule région de France où il y a encore des Fiat Panda à l’état sauvage.

- Maintenant que tu as connu les trois configurations : produire de la musique instrumentale tout seul, être le beatmaker au sein d’une formation, écrire les instrus pour un seul rappeur : où est-ce que tu te sens le plus à l’aise ou le meilleur ? Est ce que ça joue sur la créativité ? Sur ton envie de continuer ?

Le côté instrumental tout seul c’est plus par dépit, en tout cas c’est pas une fin en soi. Quant au choix entre les formules "instru en solo" pour un rappeur ou "beatmaker au sein d’une formation", y a moins de contraintes dans la première, mais je passe à côté de tout ce qu’apportent les caractères individuels de chaque musicien dans la deuxième. C’est un peu comme demander à quelqu’un lequel de ses enfants il préfère (j’ai toujours rêvé de la placer celle-là). On peut pas choisir, c’est pour ça que je fais les deux, avec toute la créativité que je peux. Et l’envie de continuer, bah ce serait mentir que de dire qu’elle s’est jamais effritée, parce qu’on a des fois l’impression de se battre contre des moulins à vent pour défendre le hip-hop indé, mais quelques irréductibles du mouvement sont là pour redonner foi dans le truc. Francis, Tiago ou Mich se reconnaitront, mais y en a pas mal d’autres...

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Pierre the Motionless par E. Debrouwer


Trois questions à Ancient Mith


Originaire de Denver, Colorado, ressemblant à tout sauf à l’idée qu’on peut parfois se faire d’un rappeur avec sa barbe de 20 centimètres et ses acrobaties scéniques, Braden Smith aka Ancient Mith est non seulement un excellent rappeur mais aussi un performer de légende, qui parcourt le monde au gré de ses multiples projets (citons le très bon Hungry Giant, ou le plus minimaliste Braden Smith & The Wallnut Rose), le dernier datant de février 2011. Ancient Mith est de retour avec plusieurs dates en France et un nouvel album !

- IRM : Tu te décris souvent comme un MC, un poète et un voyageur : est-ce que tu peux nous en dire plus sur tes débuts, sur ta pratique, sur tes voyages ? Est-ce que ça joue un rôle important dans ta vie ?

Braden Smith : Je suis un homme comblé d’être connecté à des gens de par le monde. J’ai sorti mon premier album il y a dix ans et je n’ai jamais vraiment regardé en arrière depuis. Je me suis focalisé sur l’Europe ces cinq dernières années. À un moment je pensais que la musique faisait partie de ma définition même, maintenant je pense davantage que c’est quelque chose que je suis censé faire. Ça a été un moyen tellement génial de me faire des amis, des amis que je garderai, que la scène musicale à laquelle on appartient continue ou pas. Pas sûr qu’une foule de gens aient un besoin vital de ma musique, mais je me sens honoré de faire partie de la vie de tous ceux qui s’y sont intéressés au fil des années.

- Tu sors un album très bientôt, est-ce que tu peux nous dire… tout ce que tu veux à son sujet ? Quoi de neuf, avec qui tu as travaillé, est-ce que tu l’auras avec toi en France fin mai ?

And The Dead Shall Lie There sort le 21 mai en version numérique et en CD, et oui, je l’aurai avec moi sur cette tournée ! Alors que j’étais en train de chercher un nouveau producteur avec lequel faire un album, je continuais à travailler sur la musique que m’envoyait le Suisse Mattr. Mattr est un producteur formidable qui m’envoie des beats depuis 2004. Et un beau jour j’ai réalisé que sans le vouloir vraiment, j’avais réalisé l’album que je voulais faire depuis des années.

- Ça fait quelques années maintenant que tu viens nous voir en France avec des lives inoubliables. Tu entretiens une relation particulière avec les chaises ? Y a-t-il une chance qu’on découvre un jour le doux visage qui se cache derrière cette éternelle barbe ?

Merci ! Les chaises, c’est pas quelque chose de prémédité. J’aime et j’ai besoin de toujours m’amuser sur scène, je crois bien que ça vient de là. Et je n’ai rien de planifié en terme de rasage, ça arrivera un jour si ça doit arriver, mais je ne promets rien !

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Ancient Mith à Amiens


-  Connect the machine to the map sur IRM

- Plus d’infos sur Astronautalis : interview réalisée en mai 2012 pour trip-hop.net


Interviews - 13.05.2013 par mag?


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Chroniques // 29 juillet 2014
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jeudi 13 décembre 2018


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