Le streaming du jour #754 : Alone With King Kong/S8N - ’Both Sides Of The Records’

Un jour, il faudra vraiment que l’on se décide à parler un petit peu plus sérieusement de Digital Kito Kat, le pendant numérique du label Chez.Kito.Kat dont nous parlait récemment Samuel Ricciuti. Après bientôt un an d’existence, celui-ci affiche déjà huit maxis, et pas des moindres puisque se côtoient les productions de valeurs sûres comme Shizuka, Beat For Sale ou Mr Bios et d’autres artistes, In Circles ou Artaban dont on serait bien inspiré de relayer la qualité des compositions électroniques. Mais en attendant, restons-en à la maison mère, celle-ci ayant déjà de beaux trésors à partager.

Mon rapport à cet album étant plutôt personnel, - surtout les raisons qui ont fait que je ne l’ai pas écoute plus tôt d’ailleurs - je vais prendre soin d’utiliser la première personne du singulier. Cet album, c’est un split réunissant Alone With King Kong et S8N. Un split ? La teneur du format, voilà ce qui constitue la première raison pour laquelle je n’avais jamais été tenté d’offrir son dépucelage sonore à cette galette. La deuxième est encore moins avouable. Je considérais jusqu’alors Alone With King Kong comme le vilain petit canard du plus riche (qualitativement, on est bien d’accord) label hexagonal. La faute à un a priori négatif lié au pseudonyme du groupe et à une écoute distraite de Three Hats On One Head, EP sorti en 2010. Comme quoi, on trouve souvent ce que l’on a bien envie de trouver.

Je ne saurais dire pour quelle raison je suis revenu vers ce disque. Sans doute parce que je cherchais les dernières sorties de Chez.Kito.Kat et que, ne voyant rien, je me suis replongé vers des "vieilleries". La première partie du disque fait la part belle, justement, à Alone With King Kong. Elle permet de découvrir que KK fait partie de ces songwriters dont on devine quelques écorchures et malgré tout, un sens de l’humour assez fin, confirmé assez rapidement par une recherche rapide du curriculum vitae de la formation dont il est le seul membre.

Aux confins de la folk et de l’indie pop, les errements ne pardonnent pas. Les tergiversations et les compositions moins inspirées donnent immédiatement quelque chose de soporifique. Sur les six titres signés par KK, seul She tombe dans cet écueil de manière assez flagrante. Pour le reste, de Knives Out - il ne s’agit pas d’une reprise de Radiohead, mais ce morceau surclasse celui du quintette d’Oxford - à Try/Fail en passant par le sublime If Only..., c’est à un condensé d’influences de Sparklehorse, Elliott Smith ou The Kills qui fait du Messin un artiste signé par Chez.Kito.Kat comme les autres. C’est-à-dire simplement génial.

Après tant d’éloges, difficile pour S8N de succéder à Alone With King Kong ? Même pas. Sans complexe, Florian Schall, qui se produisait auparavant sous le pseudonyme de The Holy Mundane propose des compositions également très inspirées. Voilà finalement peut-être le dénominateur commun des deux artistes. Il s’agit là de deux songwriters, évoluant dans des registres différents certes, mais partageant la même aptitude à envoûter l’auditeur en deux-trois accords.

Aussi, on pense ici parfois à Elliott Smith (Mistaken Identity), mais également à une fusion ô combien classieuse de Grandaddy, The National ou Bill Callahan (Curse In Words, sommet de l’album). Le décor est posé, et chaque ligne supplémentaire ne saura rendre grâce à la magie de la première écoute de ce disque...


Streaming du jour - 13.05.2013 par Elnorton
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mercredi 23 janvier 2019


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