Une année de hip-hop par Spoutnik part. 1/5

Voici une sélection toute subjective de mes 100 albums long format préférés de l’année, aussi bien des LPs que des mixtapes, tout ça est millésimé 2014 bien sûr et à très haute teneur hip-hop (de qualité, je l’espère), avec quelques découvertes (je l’espère aussi), des absents volontaires et des réussites en nombre. Z’êtes chauds ? Moi oui, alors c’est parti pour cette 1ère partie qui en comptera 5 !


100. Mike Mictlan - Hella Frreal

Le trublion du crew Doomtree lâche ici un concentré de flow mitraillette flirtant aussi bien du côté de la trap et des sonorités chill ou agressives qu’en plein dans le rap électro des années 80. Moins glauque et racoleur et plus réfléchi que SNAXXX sorti en 2012, Hella Frreal est le premier album "adulte" du grand gamin qu’est Mike Mictlan !


99. The Celestics - Supreme Laziness

The Celestics, c’est un duo québécois mais ça rappe très bien en ricain (avec un léger accent quand même), c’est DJ Kaytranada et Louie P, les deux sont frangins autant dire que le résultat est symbiotique, Supreme Laziness est leur première sortie officielle et l’affaire est vivement conseillée pour tous les amateurs de Beast Coast et de Mobb Deep 2.0.


98. Cuckoo Worldwide - Think Like A King Move Like A Rebel Mixtape

Le crew le plus cool de San José a réussi un bel exercice de fraîcheur avec cette mixtape revisitant tous azimuts aussi bien les classiques du rap que ceux du rock, de Return of the G à Back Betty, le grand écart est réussi et Haez One (dont nous reparlerons bien plus haut) ne s’y est pas trompé en reprenant leur excellent The World Does Not Make Sense à son compte !


97. Uncommon Nasa - New York Telephone

Uncommon Nasa s’inscrit dans cette veine new-yorkaise tracée par les Armand Hammer depuis quelques années, un truc viscéral, brut et lourd, ça n’est d’ailleurs pas une surprise de croiser Billy Woods et Elucid sur deux titres de cet excellent New York Telephone.


96. The Roots - ...And Then You Shoot Your Cousin

The Roots sont devenus une sorte d’étalon du bon goût pour les bien pensants et c’est plutôt pénible, mais ce ...And Then You Shoot Your Cousin est un album libre, en plein dans son temps (ce qui peut déplaire, je le conçois), plus brut que les précédents, un opus lent et multiple où le hip-hop est juste le trait d’union de différentes influences.


95. Sage Francis - Copper Gone

Avec ce Copper Gone, Sage Francis vient de justifier amplement sa pseudo-retraite du circuit en nous livrant un excellent album de hip-hop comme lui seul sait les faire, tantôt frontal, tantôt adulte, mais toujours avec cette puissance, ce bagout si caractéristique et une plume bien calée entre les dents du fond !


94. Diamond District - March on Washington

Depuis l’énorme In The Ruff en 2009 et concomitant avec l’émergence de Mello Music Group, le retour du trio Diamond D était attendu impatiemment surtout depuis les explosions solo de yU, Uptown X.O. et Oddisee. Alors même si le résultat est moins direct que sur le précédent opus, les prods sont toujours aussi chaudes et soul, et les trois flows se complètent toujours aussi superbement, mention spéciale pour yU !


93. 7evenThirty x Gensu Dean - The Problem

Toujours dans leur recherche perpétuelle du boom-bap ultime, Mello Music Group (encore eux) ont eu le nez fin avec ce 7evenThirty produit par Gensu Dean qui tire autant ses influences du côté de la cote Est que dans le Texas sudiste natal de nos deux protagonistes.


92. J Rawls - The Legacy

Opus testament et point final d’une discographie longue comme le bras, The Legacy sera la dernière sortie de J Rawls, elle conclue une carrière passionnante de la plus belle des manières, le néo-retraité y retrouve le micro comme un clin d’œil à ses premiers amours.


91. Planet Asia & TzariZM - Via Satellite

Planet Asia, emcee baroudeur du hip-hop avec quinze ans de rap underground comme bagage qui s’accoquine avec TzariZM, un sombre beatmaker complètement inconnu, on peut douter du résultat. Que nenni, la relecture moderne du boom-bap par le producteur floridien est excellente et Planet crache le feu comme jamais !


90. The Doppelgangaz - Peace Kehd

Peace Kehd est une déception au vu de la qualité des précédentes sorties du duo new-yorkais Matter Ov Fact et EP, moins sombre, moins brut, plus "facile", plus racoleur aussi, ce nouvel LP reste néanmoins très agréable et toujours superbement travaillé même s’il peut surprendre les adorateurs des débuts.


89. Prince Po & Oh No - Animal Serum

Voilà une réunion intéressante et pourtant de l’ombre : d’un côté bien à l’Est, la moitié d’Organized Konfusion éclipsée par Pharoahe Monch, j’ai nommé l’emcee à la voix rauque Prince Po, de l’autre côté bien à l’Ouest, Oh No, le producteur resté dans l’ombre de The Alchemist au sein de Gangrene et de son frère Madlib. Après un excellent Disrupted Ads en 2013, Oh No continue son émancipation et ce Animal Serum est une réussite !


88. Kool Keith - Demolition Crash

Ce Demolition Crash est massif, extraordinairement barré, grandiloquent, démesuré mais adapté à la taille du personnage, il fait aussi peur quand on sait que depuis bien longtemps les sorties de Kool Keith ne sont plus à la hauteur de nos attentes. Hé bien n’ayez pas peur, ce double album taffé avec DJ Junkaz Lou et Mr. Sche est le meilleur du Black Elvis depuis plus d’une dizaine d’années !


87. AzudemSK CLASSIC

2014 aura été une année faste pour le hip-hop allemand, l’emcee rhénan aura compté et nous en parlions déjà ici. CLASSIC (avec un prélude en forme d’EP) s’attaque aux bases du cool avec trois bouts de ficelle et comme son nom l’indique, c’est effectivement du classique, rien d’original assurément, oui mais voilà AzudemSK assure rudement bien le taff et son groove teuton est une petite merveille.


86. J-Live - Around the Sun

The Best Part livré en 2001 est un album fondamental et pourtant l’emcee new-yorkais reste sous-estimé voir inconnu dans nos contrées. C’est triste car J-Live maintenant prof’ d’anglais est le genre de génie que la destinée n’aura jamais gâté (dans les deux sens du terme) et ce Around the Sun ne déroge pas à la règle, intelligence, précision et une bonne dose de cool estival loin de tous ces thugs à la con que les médias dominants adorent.


85. Monsieur Saï & Dakota - Libertés Nomades

D’un coté, Première Volte Digitale, direct, rapide, brûlot social presque diss rap. De l’autre, Libertés Nomades, productions ambitieuses et hybrides signées Dakota, un rendu plus posé mais tout aussi affuté, des rimes peut-être plus chiadées, moins urgentes mais plus stylisées. Mais malgré les différences, le fil conducteur entre les deux sorties 2014 de Monsieur Saï reste la putain de sincérité du Manceau, un truc humain, un truc qui ne s’explique pas, un truc qui transpire sur chaque punchline, un flow qu’on adore et surtout un gars et un travail qu’on respecte !


84. Awol One & Gel Roc - The Cloaks

L’union entre le rude Awol One, ancien des ShapeShifters et auteur de quelques chefs d’œuvre du rap underground des années 2000 avec Gel Roc (ex-EX2), c’est encore un album pour vieux backpackers en mal d’une certaine époque et on vous emmerde autant que ce The Cloaks est excellent !


83. Diabolic - Fightin Words

Auteur d’une discographie malheureusement bien maigre comparé aux quantités de featurings auxquels le bonhomme a participé (Diabolic était déjà sur le Revolutionary Vol. 1 d’Immortal Technique en 2001 et a fait ses armes dans les battles new-yorkaises des années 90), l’emcee bourru nous balance enfin une pépite bien sale, bien dans la lignée des Non-Phixion et autres saveurs de l’underground East-Coast. De quoi faire oublier le mauvais retour d’Army of the Pharaohs !


82. Hail Mary Mallon - Bestiary

Deux des emcees les plus bavards du circuit fin-90 (Aesop Rock et Rob Sonic dont le Alice In Thunderdome sorti cette année est tout à fait excellent) signent là le second volet de leur aventure Hail Mary Mallon avec DJ Big Wiz aux platines, mais à la différence d’un Run The Jewels II qui à mon goût sent trop la supercherie commerciale pour être honnête, Bestiary bien que finalement dans une veine assez similaire tape là où ça fait mal mais beaucoup plus intelligemment et surtout de manière bien moins racoleuse. On en redemande !


81. The Grouch & Eligh - The Tortoise and the Crow

The Grouch et Eligh ont écrit quelques très belles lignes du rap underground de la côte Ouest durant la fin des années 90 et le début 2000, depuis les deux ne sont jamais endormis sur leurs lauriers, modernisant leur hip-hop, l’accordant aux sonorités actuelles mais ne galvaudant jamais leur état de légendes vivantes. The Tortoise and the Crow en est le parfait exemple, un triple album passionnant en forme de progression des racines vers le futur d’un hip-hop qu’ils ont construit.




indie rock mag - IRM des musiques actuelles


jeudi 22 août 2019


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