Bumpkin Island - All Was Bright

Forts d’un long format et de quatre EPs, les Rennais de Bumpkin Island reviennent en ce début d’année avec un nouveau disque intitulé All Was Bright. Si tout était lumineux, ce n’est plus tout à fait le cas. Non pas que les compositions de la formation aient perdu en qualité, loin s’en faut, ni même que le ton se soit totalement assombri, mais cet opus fait appel à un panel de nuances émotionnelles plus élargi et forcément, la mélancolie y a également sa place.

1. Spectacular Lives
2. Head Over Heels
3. Nightingale
4. Your Other
5. La Vie Secrète De Frédéric B
6. All Was Bright Voir la vidéo Bumpkin Island - All Was Bright
7. Siddhartha
8. Sgt Woodbury
9. Playground
10. Yellow On The Sea

date de sortie : 03-02-2017 Label : L’Autre Distribution

Fil conducteur de ce disque, la voix d’Ellie James s’impose dès l’électro-pop de Spectacular Lives comme l’élément central. Cette impression ne s’estompera pas par la suite. Celle qui assure également les parties vocales chez Mha – au sein duquel on retrouve un autre membre du sextet, en l’occurrence le trompettiste Clément Lemennicier – est à l’aise dans de nombreux registres, et le chant en anglais permet d’aseptiser la relative candeur qui nuit parfois à Mha.

Rien de cela sur All Was Bright mais l’auditeur doit se préparer aux grands écarts. Au premier regard, il n’y a effectivement pas grand-chose de commun entre les ambiances downtempo lorgnant sur le trip-hop d’un Nightingale hanté par une voix à la Skye Edwards, les arpèges aériens d’All Was Bright qui précédent une explosion dont les chœurs rappellent Arcade Fire ou le contraste de Your Other sur lequel le chant lumineux et les guitares rutilantes évoquant Mogwai génèrent un contraste qui s’amenuise lorsque les vents apparaissent et que la partie vocale manifeste davantage de retenue.

Pourtant, comme précisé plus haut, la voix d’Ellie James assure le liant entre ces influences éparses, qui s’étendent d’Arcade Fire (Siddhartha et sa progressive montée de tension assurée par les parties rythmiques) à Archive (les nappes acérées de Londinium hésitent avec les inspirations aquatiques de Morcheeba sur l’interlude instrumental La Vie Secrète De Frédéric B tandis que des réminiscences de Noise hantent Sgt Woodbury). Comme s’il s’agissait du vestige commun d’un matériau similaire qui, au gré des déformations, aurait donné vie à des corps bien distincts.



Impossible enfin de ne pas mentionner la qualité de la production de Thomas Poli, ancien membre de Montgomery mais aussi collaborateur de Dominique A, Miossec, Yann Tiersen et Laëtitia Sheriff. Ce dernier offre ainsi une densité supplémentaire au propos décliné par le combo breton. Finalement, Bumpkin Island ne fait rien d’autre sur All Was Bright que ce qu’il désire, s’éloignant de l’influence revendiquée de Sigur Rós pour creuser un sillon singulier au sein duquel il est toujours agréable de se blottir. Idéal pour passer l’hiver.


Chroniques - 02.02.2017 par Elnorton
... et plus si affinités ...
Bumpkin Island sur IRM