Warning: file_get_contents(/proc/loadavg) [function.file-get-contents]: failed to open stream: Permission denied in /home/www/indierockmag/www/config/ecran_securite.php on line 358
Interview - Flotation Toy Warning : "L’évolution est un processus qui prend généralement des millions d’années, pas seulement treize" - Interviews | Indie Rock Mag

Interview - Flotation Toy Warning : "L’évolution est un processus qui prend généralement des millions d’années, pas seulement treize"

Treize ans après, Flotation Toy Warning sort de l’ombre. Et c’est tout sauf un non-événement, d’autant plus que l’attente séparant la consécration de Bluffer’s Guide To The Flight Deck auprès d’un cercle d’initiés et la publication de The Machine That Made Us aura ressemblé à un jeu de piste perpétuel, fait de (faux-)espoirs, de désespérance, de regain d’intérêt et avouons-le de crainte. Car succéder à un tel monument était une entreprise particulièrement périlleuse.

Mais l’on n’accouche pas d’un disque du calibre de ce premier opus sans posséder sur le commun des mortels ce supplément d’âme mêlé à une forme de retenue et un stakhanovisme qui permettent toujours à The Machine That Made Us de se placer à la hauteur des immenses attentes suscitées. Trêve d’éloges, d’autant plus que nous avons déjà défendu ledit disque dans nos colonnes, et laissons la parole à Paul Carter, le leader du groupe qui, via son label Talitres, nous fait l’immense honneur de répondre à quelques-unes de nos interrogations.

N’hésitant pas à affirmer clairement ses réserves sur nos observations et prenant le temps de développer son propos de manière toujours intelligible, Paul Carter s’est montré fidèle à ce que nous pouvions attendre de lui : volontaire et impliqué, mais sans aucune complaisance.

La musique est un processus au sein duquel la subjectivité confère une formidable plus-value en ce sens qu’elle permet à chacun d’éprouver des émotions diverses et parfois opposées. Paul Carter en est pleinement conscient. Et s’il accepte de s’attarder sur ce qui différencie The Machine That Made Us de son prédécesseur, il n’oublie pas de préciser que "l’évolution est un processus qui prend généralement des millions d’années, pas seulement treize". Imparable.


L’interview

IRM : Avant de vous poser les questions habituelles – au sujet du temps qu’il a fallu pour sortir ce second album, notamment – pourrions-nous revenir à la génèse de Bluffer’s Guide to the Flight Deck ? Dans quelles circonstances avez-vous enregistré cet album, et quand avez-vous vraiment senti que tout fonctionnait ?

Paul Carter : L’enregistrement s’est échelonné sur plusieurs années, il nous a fallu pas mal d’essais et de ratages avant de définir le ’son’ du groupe. Nous avions probablement écrit assez de chansons pour remplir trois albums, mais en avons rejeté la plupart ; soit parce que nous ne les pensions pas assez bonnes, soit parce qu’elles paraissaient avoir été écrites par un autre groupe.
Nous vivions à trois dans un entrepôt – une ancienne usine de confection reconvertie en grand appartement sans fenêtres, avec simplement une verrière. Ceci nous a facilité le travail, parce que cet endroit paraissait toujours être totalement coupé du monde. Nous écrivions et enregistrions là. Steve Swindon, à présent notre batteur, descendait du nord du Pays de Galles en train, avec un petit home studio numérique, et nous enregistrait.
Nous avons écrit Even Fantastica assez tôt. Au moment où nous pensions avoir trouvé notre son. Mais il nous a fallu des années pour écrire neuf autres chansons qui nous semblassent aussi bonnes. Je ne suis pas sûr que nous soyons devenus de meilleurs auteurs-compositeurs avec le temps, c’est plutôt que l’intervalle entre chaque chanson écrite était à chaque fois plus court. Nous avons également appris à discerner plus rapidement si un morceau valait le coup d’être travaillé ou pas.
Nous attendons toujours de sentir que tout fonctionne.

Vous avez certainement déjà répondu à cette question, mais je n’ai pu trouver la réponse nulle part. D’où tenez-vous ce nom de groupe très inhabituel ?

Nous en avons débattu pendant des mois. Il est très difficile de se choisir un nom. Certains noms de groupes sont sublimes, comme Sparklehorse ou God Is My Co-Pilot. J’aimerais que nous ayons un nom aussi beau.
Nous avions à l’idée d’avoir un nom en trois mots, et trois images pour les accompagner. Flotation Toy Warning était le titre d’une chanson que j’avais écrite – et qui est finalement devenue Live From the Lake In The Sky. J’aimais l’euphonie de cette expression. C’est ce que l’on voit écrit sur les ballons de plage et les matelas pneumatiques : "Avertissement : Jouet flottant – ceci n’est pas une bouée".
Finalement, nous n’avons rien trouvé de mieux en trois mots, alors nous avons gardé le nom. Nous avons laissé tomber cette idée d’une image par mot.
J’aimerais toujours avoir un aussi bon nom que Sparklehorse ou God Is My Co-Pilot, mais il faut bien arrêter un jour de penser à ce genre de trucs et passer à autre chose.

Comment vous êtes-vous rencontrés, et quelles influences ou inspirations communes ont présidé à la formation de Flotation Toy Warning ?

Ben Clay et moi nous sommes rencontrés dans un centre d’aide aux personnes souffrant de handicaps cognitifs multiples où nous travaillions tous les deux.
Il avait fait partie de plusieurs groupes et tournait depuis des années, à ce moment-là il faisait partie d’un groupe qui s’appelait Red Five, avec Steve Swindon. Je n’avais jamais fait partie d’un groupe, mais j’avais toujours voulu le faire. J’ai commencé tard, j’avais à peu près 27 ans quand j’ai commencé à faire de la musique avec Ben. Si bien que quand on s’est rencontré, je me sentais vraiment mal à l’aise, particulièrement quand j’allais voir Red Five jouer. Je pense qu’il a dû être impressionné par ma volonté obsessionnelle, et par le fait que quand je disais que je ferais quelque chose, je le faisais. Ou bien il était trop poli pour me demander de partir. Parce qu’honnêtement à ce moment-là je n’avais pas grand-chose de plus à offrir que mon enthousiasme. Peut-être aussi que Ben a vu là une opportunité d’être à la fois auteur-compositeur et guitariste et que c’est pour ça qu’il est resté si longtemps avec moi à essayer d’écrire de la musique. De plus, nous nous sentions très à l’aise ensemble, ça a aidé.
Nainesh Shah et Steve Swindon travaillaient également dans le même centre.
Nous avons très rapidement changé de configuration – Nainesh faisait partie du quintette original mais il est parti pendant quelques années. Nous avons continué en trio avec Colin Coxall (un ami et colocataire de Nainesh depuis longtemps) à la batterie pendant quelques temps avant que Nainesh ne revienne. J’ai arrêté d’être travailleur social et je suis devenu promoteur de concerts. Vicky travaillait à l’accueil et nous sommes devenus amis. Un jour elle a laissé échapper qu’elle jouait des claviers et nous cherchions précisément une claviériste.
Et donc nous étions tous amis avant de devenir un groupe.
Je passais chez Ben, et il était, parmi mes connaissances, celle qui avait la plus grande collection de CD, tous super. C’était comme être dans une confiserie musicale. J’ai vraiment tout appris là. A la même époque nos allions tout le temps voir des concerts. On regardait beaucoup de films ensemble aussi. Nous avons donc été influencés et inspirés par beaucoup de choses. Je pense que ce qui nous poussait le plus, c’était cette euphorie que nous ressentions quand quelque chose d’intéressant survenait alors que nous écrivions nos chansons ensemble. C’est hautement addictif.


On vous a beaucoup comparés à Mercury Rev, aux Flaming Lips, à Grandaddy ou même à Sparklehorse du fait du caractère rêveur, baroque, très atmosphérique et souvent mélancolique de vos chansons. Ces groupes sont tous américains, pourtant. Connaissez-vous leur musique, et pensez-vous qu’une sorte de lien existe entre vous tous malgré la distance ?

Nous aimons certaines chansons de tous ces groupes, mais nous avons également beaucoup d’autres influences. Quand vous venez du Royaume-Uni, il y a toujours un petit quelque chose d’exotique et de totalement étranger chez ces groupes américains excentriques. Peut-être cherchons-nous à incorporer ceci à notre musique, nous aussi.
Si on ramène tout à la manière dont la musique vous fait vous sentir, alors ces groupes font partie de ceux, nombreux, qui nous renvoient le même sentiment que notre propre musique. Mais je ne saurais pas vous expliquer avec des mots ce qu’est ce sentiment exactement. Ecoutez The Moongoose Analogue sur le nouvel album, je vous promets qu’après tout sera très clair.

Nous y voilà : pourquoi autant de temps s’est-il écoulé entre vos deux albums, que s’est-il passé dans vos vies ? Le groupe existait-il encore à vos yeux dans l’intervalle ?

L’autre jour, je lisais un encyclopédie pour enfants à mon fils. La page disait que si le temps géologique était contenu dans un sablier, l’homme n’apparaîtrait qu’à l’avant-dernier grain. Partant, 13 ans ne me paraissent pas si déraisonnables.
De par nos natures perfectionnistes et obsessives, quand nous eûmes terminé le premier album nous n’aimions plus écrire de la musique et nous ne nous aimions plus les uns les autres. Et puis les enfants sont arrivés, et tout notre temps a été accaparé par d’autres responsabilités. Nous avons essayé de continuer, mais n’avons jamais trouvé le temps de faire un travail suivi. Si bien qu’avant que Sean (Bouchard, patron du label Talitres, ndlr) ne nous offre une chance de recommencer nous étions coincés.
Mais le groupe existait toujours. Quelquefois il se passait vraiment quelque chose, d’autres fois c’était comme si un drôle de type en costume de fourrure se faufilait derrière nous, nous tapait sur l’épaule, et nous posait des questions compliquées dans une langue étrangère.

Votre actualité est dense, laissons là le passé. Dans une entrevue récente, vous disiez qu’il était impossible de changer des couches, de jouer aux Lego et le soir, dans la foulée, de composer de grandes chansons. Cependant The Machine That Made Us comporte un grand nombre d’excellentes chansons. Cela signifie-t-il que pour réaliser ce disque vous avez mettre vos vies privées entre parenthèses ?

Merci. Nous avons dû nous soustraire à une sorte de coma mental et créatif. C’est ce dont parle Everything That Is Difficult Will Come To An End.
Sean, de Talitres, nous a avancé l’argent qui nous a permis d’arrêter de travailler le temps de finir le disque, il y a quelques années. C’est là que la plus grande partie de la musique a été écrite – mais pas tout. Mais nous sommes tombés à court de temps et d’argent avant que le disque ne soit fini. Les paroles et le chant, principalement, n’étaient pas finis. En janvier 2016, il nous a proposé plus d’argent pour arrêter de travailler et écrire. A ce moment-là, mentalement, j’étais bien loin de l’état dans lequel j’avais été en écrivant dans l’entrepôt. J’étais heureux de ma vie de famille, mais l’excitation du groupe me manquait. Pour retrouver cet état mental, j’ai dû m’enfermer aux studios TAPE dans le nord du Pays de Galles, près de là où j’habite. J’éteignais toutes les lumières, ne laissais que quelques lampes, et restais éveillé tout la nuit à essayer de provoquer en moi un état d’esprit malheureux et détaché. Et plus que tout, j’essayais de ressentir tout intensément à nouveau. Je regardais beaucoup de films de Bergman et de Tarkovski, ainsi que des vidéos de Bukowski lisant ses poèmes. Je pense que j’essayais de recréer l’atmosphère de l’entrepôt d’il y a des années.
Et puis il fallait que je reprenne ma vie diurne, que je m’occupe des enfants ou que j’aille travailler. Ben, Nainesh et Vicky avaient également du travail, il fallait écrire des parties de guitares et des lignes de basse supplémentaires pour la plupart des chansons.
A chaque fois que je terminais des paroles, je fonçais à Londres les enregistrer et les mixer avec les autres. Je n’ai passé qu’un seul week-end complet en famille en quinze mois. Tous les membres du groupe ont dû mettre leurs vies entre parenthèses sur de longues périodes pour que le disque soit fini.
Il y avait encore des morceaux à écrire, et Ben devait terminer King of Foxgloves et The Moongoose Analogue. Si bien qu’aucun d’entre nous n’a fait de pause depuis un an à peu près.

Avec le temps, vous êtes devenus un groupe culte. Ressentiez-vous l’attente des fans comme un fardeau pendant l’enregistrement de ce second album ? Et si oui, comment vous en êtes-vous accommodés ?

J’imagine que c’est une manière polie de dire que nous n’avons pas vendu beaucoup de disques ! Nous avions conscience que notre premier album était l’album préféré de certaines personnes. Pas beaucoup, mais quelques-unes. Ce qui est formidable, parce que j’imagine que la plupart des groupes ne connaissent pas ça. Quelques fans nous ont contactés via Facebook et nous ont dit des choses adorables sur Bluffers, ce qui nous a toujours surpris et ravis. Mais quand vous avez un emploi et de jeunes enfants comme tout le monde, ces messages semblent provenir d’un univers parallèle. Je crois que nous sommes des gens bien, et nous n’avons jamais voulu décevoir ces quelques personnes.
A titre personnel, je dirais que la pression la plus forte venait de moi-même. Ne pas finir cet album aurait été un échec terrible. Et il est très difficile de faire une croix sur ses rêves.


Ce que nous avons trouvé de particulièrement frappant dans The Machine That Made Us, c’est que le disque paraît avoir un fil directeur conscient. Les chansons sont interconnectées. Vous n’avez cependant choisi l’ordre des chansons que quelques mois avant la sortie. Comment expliquez-vous ce phénomène ? Pensez-vous avoir inconsciemment tissé une trame préliminaire qu’il vous a suffi de ré-assembler une fois le disque terminé ?

Je suis content que le disque vous fasse cette impression. Mais non, nous avons décidé de l’ordre comme nous l’avions fait pour le premier album. Chacun d’entre nous a écrit son idée de l’ordre des chansons, et puis nous avons comparé les résultats. Tous les titres étaient écrits sur des bandes de papier séparées. Ont suivi quelques heures d’âpres négociations avant que nous arrivions à un compromis, au moment-même où chacun commençait à avoir envie d’en finir avec la vie. Ce n’est pas très amusant, mais ça marche.
Aucun d’entre nous pris séparément n’aurait choisi cet ordre final, mais nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est meilleur que toutes les listes que nous avions dressées au début.

Il y a quelques mois, vous disiez que vous étiez frappés du nombre d’idées contenues dans chacune des chansons de votre premier album. C’est également vrai de The Machine That Made Us, qui prend de nombreuses directions différentes et dont les compositions sont en forme de labyrinthe. Était-ce voulu, ou avez-vous simplement voulu éviter d’utiliser une recette de base, éviter le saupoudrage, éviter de faire semblant ?

Quand nous écrivons, ce n’est jamais si forcé ou délibéré. Certaines chansons nous arrivent complètement formées (par exemple, Happiness Is on the Outside), mais ce n’est pas le cas de la plupart. Nous nous sommes rendus compte assez rapidement que plus nous essayions de forcer les choses, moins cela fonctionnait.
Nous gardons les morceaux qui nous font ressentir quelque chose intensément. Les autres sont abandonnés. Certains passages paraissent fonctionner ensemble, nous les assemblons et en faisons des chansons. Ce n’est pas plus compliqué que cela.
La seule difficulté, c’est que nous ne contrôlons pas l’ordre dans lequel les choses nous arrivent. Par exemple, le jour où nous avions décidé de nous retrouver pour écrire la deuxième partie de The Moongoose Analogue, nous avons accidentellement écrit King of Foxgloves à la place.

Ce morceau, King of Foxgloves, est particulièrement intéressant : ils nous paraît être, dans l’esprit, le plus proche de votre premier album, et pourrait même dans un sens rappeler Happy 13 pour son ton plus enjoué, même passé au filtre de la mélancolie. Du fait que King of Foxgloves est la seule chanson à se rapprocher à ce point de Bluffer’s Guide to the Flight Deck, elle nous paraît illustrer deux idées : d’abord, le fait que les autres chansons ne s’aventurent pas sur le même terrain que votre premier album, et marquent donc une nette évolution ; ensuite, le fait que soyez encore capable d’écrire des chansons aussi remarquables malgré le poids des précédentes. Est-ce la raison pour laquelle King of Foxgloves est placée au milieu du disque ?

C’est drôle, mais j’en parlais précisément à Ben. Et nous sommes d’accord pour dire qu’à notre avis, King of Foxgloves est la chanson la plus éloignée du premier album, pour tout un tas de raisons. Ce doit être pour ça que la musique fascine autant – la même chanson peut constituer une expérience tellement différente pour des personnes différentes.
Au fait, merci de dire que les chansons montrent notre évolution. C’est vraiment super de s’entendre dire ça.
Estimez-vous heureux : l’évolution est un processus qui prend généralement des millions d’années, pas seulement treize.
Comme je l’expliquais précédemment, King of Foxgloves est au milieu parce que c’est comme ça ! Désolé, mais je n’ai pas de meilleure explication.

Peut-être est-il encore un peu tôt pour vous poser cette question, mais quels sont vos projets maintenant ? Une pause ? Une tournée ?

Nous avions tous prévu une longue pause sur une île tropicale. Hélas, du fait de conditions météorologiques contraires, elle a été reportée indéfiniment.


Un grand merci à Paul Carter pour sa disponibilité et la pertinence de ses réponses.


English Version



IRM : Before asking you the usual questions about the time that took that second album to come out, can we go back to the genesis of Bluffer’s Guide To The Flight Deck many years ago ? In which circumstances did the recording take place, and at what time did you really start to feel that things were working out ?

Paul Carter : The recording took place over several years as we slowly figured out the ‘sound’ of the band by trial and error. We probably wrote enough songs for three albums, but rejected most of it because either we thought it wasn’t good enough or because it sounded like it was written for a different band.
Three of us lived in a warehouse – a clothes factory that had been converted into a very large flat with no windows, just skylights. This helped the process as it was a place that always felt very cut off from the rest of the world. We wrote and recorded there. Steve Swindon, who is now our drummer, would come down from North Wales on the train with a small digital desk and record everything.
We wrote Even Fantastica quite early on. That was when we felt we’d found our sound. But it took us years after that to write nine other songs that we felt were as good. I don’t know if we became better at songwriting over time – it was more a case of the intervals between writing music we really liked getting shorter. We also learned to be able to tell much quicker whether music we had written was worth pursuing or not.
We’re still waiting to start feeling that things are really working out.

You may already have answered this question, but we didn’t find the answer anywhere. Can you tell us where does your unusual band name come from ?

It was something we discussed for months. Choosing a name is very hard. Some band names are sublime, like Sparklehorse or God Is My Co-pilot. I wish we had a name as good as that.
We had this idea that we would have a three word name and three images to go along with it. Flotation Toy Warning was the name of a song I wrote (which eventually became Live From The Lake in the Sky). I liked the phonetics of the phrase. It’s what it says on the side of beach balls and lilos - ‘Flotation toy warning – this is not a lifesaver’.
Eventually it was the best three word phrase any of us could come up with so we went with it. The image idea fell by the wayside.
I still wish we had a name as good as Sparklehorse or God Is My Co-pilot, but in the end you have to stop thinking about these things and just get on with it.

How did you guys meet and which common influences or inspirations did motivate at the time the formation of Flotation Toy Warning ?

Ben Clay and I met when working at a day centre for people with profound and multiple learning disabilities.
He had been in bands for years, and was in a band called Red Five with Steve Swindon at the time. I had never been in a band, but had always wanted to be in one. I started late – I was about 27 when I began making music with Ben. So when we met I felt very uncool, especially when I went to see Red Five play. I think he must have been impressed by my obsessive drive and the fact that when I said I was going to do something, I would do it. Either that or he was too polite to ask me to leave. Because to be honest I didn’t have very much else to offer at that stage apart from enthusiasm. Maybe Ben also saw it as a chance to be a songwriter as well as a guitarist and that’s why he stuck around trying to write music with me for so long. We also felt very comfortable in each others company, which helped.
Nainesh Shah and Steve Swindon also worked in the same day centre.
We went through some rapid line-up changes – Nainesh was in the original five piece but then left for a few years. We carried on as a three piece with Colin Coxall (Nainesh’s friend and flatmate of many years) on drums for quite a while before Nainesh re-joined. I stopped doing care work and became a music promoter. Vicky was one of the door staff and we became friends. She happened to mention she was a keyboard player just at the time we were looking for one.
So we were all friends first before becoming a band.
I used to go round to Ben’s place and he had the biggest CD collection of anyone I knew, and all of it was great. It was like being in a musical sweet shop. It was a real education for me. At the same time we were going to watch bands all the time. We watched many films together too. So there were many influences and inspirations. I think the incredible high we both got when something interesting happened when we were trying to write music together was probably the thing that drove us on the most. It’s highly addictive.

You’ve been compared a lot to Mercury Rev, The Flaming Lips, Grandaddy or even Sparklehorse for the dreamlique, baroque, deeply atmospheric and often melancholic qualities of your songs. However those bands are all from the US. Are your familiar with their music and do you feel that despite the distance there is a sort of connexion between you all ?

We like some of the music by all of those bands, but there are many other influences too. When you are from the UK I think there is always something exotic and otherworldly about bands from the more out of the way parts of the US. Maybe we aspire to have an element of that in our music too.
If you strip it down to how music makes you feel, then these bands are some of many whose music gives us a similar feeling to our own music. But I couldn’t put what that feeling is into words easily. Listen to The Moongoose Analogue on the new album, then I promise everything will become clear to you.


Let’s come to it : why so many years between your two albums, what happened in your lives and was the band always a reality to you all during that time ?

I was reading a children’s encyclopaedia to my son the other day. It said that if all time on Earth was represented by an egg timer, then man did not appear until the last two grains of sand. Given that, 13 years doesn’t seem that unreasonable.
With our perfectionist and obsessive natures, by the time we had completed the first album we had fallen out of love with making music and out of love with each other. Then children arrived and all music time was taken up with other responsibilities. We tried to carry on, but could never find enough time to sustain any momentum with it. So before Sean (editor’s note : Sean Bouchard, head of the Talitres label) offered us the opportunity to carry on we were stuck.
But the band was always there. Sometimes it was actually happening, others it was like a strange man in a furry suit who would sneak up behind you, tap you on the shoulder, then start asking difficult questions in a foreign language.

You have a lot of news going on, so let’s not dwell on the past anymore. In a recent interview, you said it was impossible to change diapers and play Lego and then, in the evening, compose great songs. The Machine That Made Us, though, has quite a number of great songs on it. Does this mean that, to produce that record, you had to put your personal life on hold ?

Thank you. We had to pull ourselves out of some kind of mental and creative coma. That’s what Everything That Is Difficult Will Come To An End is about.
Sean from Talitres gave us an advance to take time off work to finish the record several years ago. Much of, but not all of the music was written then. But we ran out of time/money before the record was finished. It was largely the lyrics and vocals that needed completing. In January 2016 he offered more money to take time off work and write. At that point I was mentally a long way from the head space I used to be in when we wrote in the warehouse. I was content with family life but missed the excitement of the band. To try and get back in the right place in my head I had to lock myself away in TAPE studios in North Wales near where I live. I would switch off all the lights, put on a few lamps instead, and stay up all night trying to get myself into an unhappy and detached frame of mind. More than anything to feel everything as intensely as possible again. I watched lots of Bergman and Tarkovsky films and videos of Bukowski reading his own poetry. I guess I was recreating the atmosphere of the warehouse from many years before.
Then I would have to flip back to daytime hours to look after the kids or go to work. Ben, Nainesh and Vicky also had work to do, writing extra guitar parts and bass lines for many of the songs.
Each time I finished a set of lyrics I would head down to London for recording then mixing with the others. I only spent one full weekend with my family in 15 months. All the band had to put their lives on hold for large periods of time to get the record finished.
There was still also music to be written with Ben to finish off King of Foxgloves and The Moongoose Analogue. So none of us have had much time off in the last year or so.

You became quite a cult figure over the years, did you feel that burden of anticipation from the fans during the recording of this second album, and if yes, how did you deal with it ?

I guess that’s a nice way of saying we didn’t sell many records ! We were aware that we had made some people’s favourite album with the first one. Not many, but some. Which is great, as I suppose most bands that exist never get that. Individual fans got in touch through Facebook and said lovely things about Bluffers, which was always surprising and pleasing. But when you have a day job and young kids like everyone else, they were like messages from a parallel universe. I think we’re nice people, so we never wanted to let those few people down.
Personally, the biggest pressure came from myself. Not finishing the album would have been like a terrible failure. Plus it is very hard to let go of your dreams.

One thing we found particularly striking in The Machine That Made Us is that it seems to show a really conscious guiding thread. The tracks are interconnected. However, you only determined the tracklist a few months before its release. How would you explain that ? Did you unconsciously weave a sort of preliminary assembly that you just had to rebuild when everything was finished ?

I’m glad it seems that way. But no, we decided the tracklisting the same way we did for the first album. Everyone wrote down their own version of the track order, then we compared notes. All the titles were written down on separate stripes of paper. There then followed several hours of tough negotiation until we reached a conclusion, just as everyone was starting to lose the will to live. It’s not a fun thing to do, but it works.
The final track order is not one any of us would have chosen by ourselves, but we all agree it is better than any of the lists we started with.

A few months ago, you said you were struck by the many ideas in each one of the songs from your first album. This is also true for The Machine That Made Us, which takes a lot of different paths and is based on labyrinthine compositions. Was this direction intended, and how did you proceed to avoid falling into a simple recipe where the continuous scattering wouldn’t be more than a pretense ?

When we write it is never so contrived or deliberate. Some songs arrive fully formed (like Happiness Is On The Outside), but most do not. We realised very early on that the more we tried to steer such things, the less it worked.
We keep the music that makes us feel intensely. The rest gets discarded. Some of the pieces of music feel like they should go together, so we assemble them into a song. The process is no more complicated than that.
The only difficulty is not being able to control what order it comes to us in. For example – the day we specifically met up to write the second part to The Moongoose Analogue we accidentally wrote King of Foxgloves instead.

This track King of Foxgloves is particularly interesting on this record : it seems to us to be the closest one to the spirit of your first album, and could even in a sense remind us of Happy 13 for its brighter tone yet undeniably tempered by a melancholic filter. As King of Foxgloves is the only track to come so close to Bluffer’s Guide To The Flight Deck, it seems to illustrate two things : the fact that the other tracks do not venture in the same territories as your first album did, and therefore show an obvious evolution ; and the fact that you’re still able to compose songs that show the same greatness as their burdensome predecessors. Is it the reason to find King of Foxgloves right in the middle of the album ?

It’s a funny thing, but I was talking to Ben about this question. We both agreed that to us King of Foxgloves was the track FURTHEST away from the first album for lots of reasons. I guess that’s one of the reasons music is so fascinating – the same song can be such a different experience for different people.
Thank you for saying the tracks show evolution by the way. That’s great to hear someone say.
But be glad – evolution usually takes hundreds of millions of years, not just 13.
As I explained earlier, King of Foxgloves is in the middle because it is ! I’m sorry there is no better reason than that.

It may be a little early to ask you that but what are your plans now ? A break ? A concert tour ?

We all planned a really long break on a tropical island. Unfortunately, due to adverse weather conditions it’s been postponed indefinitely.


Thanks to Paul Carter for his availability and the pertinence of his answers.


Interviews - 24.06.2017 par Elnorton, Norman Bates, RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
Flotation Toy Warning sur IRM