Akira Kosemura - In The Dark Woods

Akira Kosemura est désormais un habitué de nos colonnes. Fort du chef-d’oeuvre Grassland en 2010, le Japonais est devenu ces dernières années un fidèle collaborateur de notre webzine.

1. DNA Voir la vidéo Akira Kosemura - DNA
2. Resonance Voir la vidéo Akira Kosemura - Resonance
3. Between The Trees
4. Sphere
5. Kaleidoscope Of Happiness
6. Inside River #1
7. Inside River #2
8. Shadow
9. Dedicated To Laura Palmer
10. Moving
11. Snowy Sky
12. Spark
13. Innocence
14. The Cycle Of Nature
15. Stillness Of The Holy Place
16. In The Dark Woods Voir la vidéo Akira Kosemura - In The Dark Woods
17. Letter From A Distance

date de sortie : 15-09-2017 Label : 1631 Recordings

Ainsi, le productif musicien, déjà auteur de trois EPs depuis le début de l’année, nous faisait l’honneur de dévoiler un exclusivité dans nos colonnes le streaming des excellentes performances au piano de Our Own Picture, avant de nous accorder une avant-première pour les variations tout aussi abouties de Someday. Mais c’est surtout en participant à notre projet IRMxTP qu’Akira Kosemura s’est lié à notre webzine.

Auteur pour cette compilation du morceau Dedicated To Laura Palmer, le Japonais en expliquait la genèse dans cette interview de la manière suivante : "Twin Peaks nous a montré une parfaite façon de mêler dramaturgie et bande originale. Je respecte vraiment cela et ça m’a aussi beaucoup inspiré. Mais cela veut également dire qu’il ne reste presque rien de nouveau à faire sur le sujet, alors j’ai cherché des points communs entre la musique de Mr. Angelo Badalamenti et la mienne".

Visiblement satisfait de sa production - et on le comprend - Akira Kosemura a choisi d’intégrer Dedicated To Laura Palmer à In The Dark Woods. Les synthétiseurs installent une ambiance ouvertement délétère, légèrement aseptisée par un piano aigu ouvertement inspiré par le Laura’s Theme qui s’impose au cours du morceau mais n’en reste pas moins fidèle à l’aspect lugubre du titre.

Dedicated To Laura Palmer n’est pas intégré de manière aléatoire à ce disque. Il est situé à l’exact milieu, en neuvième position alors que In The Dark Woods en contient dix-sept. Il en constitue également le sommet d’épouvante et une formidable césure entre deux parties dominées par un piano dont le monopole n’est jamais véritablement remis en question.

Il s’agit donc d’un intrus qui offre une formidable respiration aux variations de piano et autres synthétiseurs affectionnés par l’artiste qui explore les combinaisons entre sonorités acoustiques et électriques. Les élégies douces-amères du Japonais ne craignent pas la répétition de boucles perforées au sein d’un même morceau. Il ne s’agit pour autant pas d’une recette et, à ces obsessions néoclassiques (Spark ou In The Dark Woods et ses cordes à la The Leftovers) répondent des chaloupes au piano transcendantes (le sommet The Cycle of Nature) ou rappelant Sufjan Stevens (Shadow et ses faux-airs de Futile Devices) et même des ouvertures vers l’ambient à l’occasion d’un Sphere essentiel lorgnant presque sur l’IDM.


Très cinématographique, In The Dark Woods voit donc Akira Kosemura s’affirmer un petit peu plus comme l’un des barons du néoclassique aux côtés de Max Richter, Nils Frahm ou Ólafur Arnalds. Son inspiration ressemble à un inépuisable puits dans lequel on ne demande qu’à s’abreuver éternellement.


Chroniques - 06.09.2017 par Elnorton
... et plus si affinités ...
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