Le streaming du jour #1732 : Lorenzo Masotto - ’White Materials’
Déjà auteur d’un Aeolian Processes signé chez Dronarivm en mai dernier, l’Italien Lorenzo Masotto dévoile avec White Materials le quatrième long-format d’une discographie débutée en 2015 avec Seta.
Depuis, l’artiste né à Vérone se montre particulièrement prolifique et il avait déjà eu le temps de relayer l’EP Mountain Paths il y a quelques mois. White Materials, sa dernière production, marque en tout cas une rupture dans son fonctionnement.
Lorenzo Masotto affirme que ce dernier s’ancre moins dans le mouvement que ses travaux précédents. Revêtant un aspect casanier, voire clanique, ce long-format a été composé, enregistré et déstructuré au domicile de l’artiste. Ce dernier s’appuie alors sur les ressources de son entourage et c’est ainsi que sa femme, Stefania Avolio, assure quelques parties vocales (Window, Wax ou Fractal), tandis que les nappes de violon de Trees, Doors et Nightcall sont jouées par sa sœur, Laura Masotto.
Les compositions de ce quatrième long-format font écho à une illustration graphique réalisée par le sculpteur chinois Johnson Tsang et représentant un meuble en porcelaine. Rien d’étonnant tant les mouvements sonores sont massifs et semblent éternels, à l’instar du mobilier qui survit aux époques, mais aussi subtils, clairs et fragiles que la céramique retenue.
Si l’Italien ne s’éloigne jamais vraiment d’un horizon néoclassique, il n’ancre jamais totalement ses compositions dans ce registre. Aussi, les introductions au piano telles que Fratalli ou Like A Jackson Pollock Painting laissent place à une progression aussi riche que variée, mettant aussi bien en valeur des chœurs hypnotiques que des percussions ouatées.
Finalement, plus qu’à Nils Frahm ou Max Richter, c’est à Jay-Jay Johanson que l’auditeur pourra régulièrement penser, que ce soit par le biais des cordes glaciales de Doors, contrepoint parfait d’un piano endolori, ou des murmures de Window qui se mêlent à la délicatesse de clairs accords de piano et à des percussions minimales. L’Italien dévoile un cocon délicat dans lequel il fait bon se prélasser pour apprécier l’aventure riche, envoûtante et semée d’embûches qu’il tisse sur ces dix pistes.

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