Le streaming du jour #1911 : IRM presents - ’IRMxTP Part XIII - The Path to the Black Lodge (And I Saw Her Glowing in the Dark Woods)’

Comme annoncé, on reprend nos pérégrinations Twin-Peaksiennes avec cette cette plongée obscure voire occulte dans les tréfonds de la forêt de Ghostwood, à la recherche de l’entrée de cette fameuse Loge Noire dont la mystique ténébreuse irradie sur ces 10 morceaux allant d’un dark ambient organique au drone doom le plus opaque.

Mastérisé par l’excellent Craig Murphy (Solipsism dont le récent Kismet s’écoute ces jours-ci dans nos pages, c’est lui) et bénéficiant côté visuels d’une fabuleuse série de collages réalisés par l’Anglais Gareth Courage (un pour chaque titre, inspirés par les morceaux eux-mêmes, en plus de l’artwork de l’album), ce treizième volet s’ouvre comme certains de ses prédécesseurs sur une variation autour d’un des thèmes du compositeur Angelo Badalamenti. On la doit cette fois au Français Bruno De Bona aka A Lucky Pilot, dont le post-rock en clair-obscur, entre frappes massives et nappes éthérées, distille les derniers éclats de lumière d’une quête ésotérique qu’Olan Mill, loin des élégies séraphiques auxquelles Alex Smalley nous a habitué, semble vouloir graver sur les murs d’une grotte ancestrale (la fameuse Owl Cave ?) au son d’un dark ambient radiant au chant de gorge omniprésent qu’on avait découvert sur son Orient de l’an passé.

Cette dimension fantasmagorique, qui trouvera plus loin un écho tout aussi somatique et forestier dans les Chants intrigants et grouillants de l’Italien Luca Nasciuti, Philippe Neau se charge de la reconnecter avec son contexte naturaliste sur un Mystery of Woods tout en basses fréquences rampantes et field recordings étouffés, où flotte déjà la voix de Laura, âme perdue qui semble vouloir nous guider vers cette antichambre qui la retiendra prisonnière pendant plus de 25 ans :


Puis vient la nuit noire, sous l’œil scrutateur d’une lune pleine, et avec elle les saturations minimales du duo doom ambient Northumbria, sur un Ab Omni Spe opaque et vicié dont la tension sourde et sépulcrale n’est pas loin ici de rappeler le projet Continuum de Dirk Serries, lui même pensionnaire de notre Part VI l’an dernier. Annonciateur d’une fin d’album pour le moins brutale, le morceau laisse d’abord place à une odyssée plus feutrée quoique plus abrasive encore sur son final, forcément avec les Slovènes futuro-harsh-noise Ontervjabbit à la barre (dont le nouvel opus, double album concept inspiré du Jardin des Supplices de Mirbeau, promet de faire très mal le mois prochain).

Puis du drumming en roue libre de Yodok, échappée paniquée sur un chemin de terre dans une envolée de hiboux et d’âmes damnées où Tomas Järmyr s’en donne à cœur joie derrière les fûts, à l’électro-noise insidieuse et martiale de Lifecutter, moitié tout aussi radicale des sus-nommés Ontervjabbit, en passant bien sûr par le Sycamore Swing/Black Lodge Stomp à tiroirs de l’Anglais Wizards Tell Lies avec sa basse et son jeu de balais très Badalamenti-esques, nouveau trou noir à la hauteur de son récent et impressionnant Bad Nature bien campé parmi nos albums du mois dernier et assurément l’un des morceaux les plus intenses et saisissants de tout le projet, la suite verse dans l’épouvante, jusqu’au coup de griffe final, celui du rapace metal Wheelfall, un Claws habité par la scansion malsaine et tourmentée de son chanteur Fabien W. Furter qu’on retrouvera en solo sur notre volume 15 le 3 juin.

Le puits sans fond de la Loge Noire n’était pas loin, et tâtonnant dans la pénombre, le visage lacéré, on l’atteint finalement... suite et fin mercredi prochain sur notre 14e volet, pendant étrange et hanté de ce diptyque lynchien ! Quant à cette Part XIII, elle se télécharge librement ici et s’écoute ci-dessous :



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samedi 23 mars 2019


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