June Bug - A Thousand Days

Il faut toujours se méfier des gens qui se définissent par une opposition. Même s’ils sont anti-Trump (ceci étant gratuit, vous avez tout intérêt à vous méfier du chroniqueur). Alors quand un duo partage ses compositions en précisant qu’elles répondent à des sonorités « rock-psyché anti-folk », il y a tout lieu de rester sur ses gardes.

1. Now
2. Paper Guns
3. Reasons
4. Freaks
5. Left Out
6. Mama
7. By The Fire
8. Psychose
9. Let It Rest
10. Does It Matter
11. Silenced

date de sortie : 18-03-2018 Label : Atypeek Music

L’anti-folk… Mais qu’est-ce donc au juste ? Vouloir s’éloigner du train-train et, avouons-le, de l’aspect parfois soporifique inhérent à certains artistes se réclamant de la folk, pourquoi pas. Mais de là à en faire un argument de promo ? Pour alimenter une telle rancœur, on imagine volontiers Sarah Decroocq et Béryl Benyoucef enfermés dans une cellule (dorée) dans laquelle le Highway 61 Revisited de Bob Dylan tourne sans arrêt.

Mais les Français n’ont probablement pas séjourné à Guantanamo et si nous ne saisirons probablement pas les raisons de ce désamour pour la folk, apprécions à leur juste mesure les onze compositions partagées sur ce A Thousand Days. Car, comme nous le disions, il y a tout lieu de se méfier de ce duo. Et la méfiance se justifie ici par la capacité de leurs titres à s’inviter dans notre esprit. A la manière de bons chasseurs, ils ne distillent pas leurs plus belles cartouches d’entrée, laissant à l’ensemble du puzzle le temps de se mettre en place pour mieux se décomposer et se réassembler à l’envi.

Allant d’une électropop mélancolique à un rock psychédélique feutré, June Bug ne perd pas de temps avec le respect de quelconques frontières musicales. Il est donc probablement l’heure d’arrêter la blague et de considérer que ce terme d’anti-folk ne désigne pas pour les Français un rejet de la folk mais bien une transgression en forme de sublimation d’un genre auquel ils sont finalement attachés.


Alors s’il faut replacer les étiquettes décollées par les Lillois, allons-y pour une folk psyché-synthétique survoltée sur laquelle l’influence de Kristin Hersh apparaît (Does It Matter) aussi bien que certaines accointances avec les plus contemporains GaBLé (Paper Guns), Camp Claude ou Tiny Feet (Let It Rest).

Désormais défendus par le label Atypeek – gage d’intérêt non négligeable – June Bug n’en sont probablement qu’au début de leurs pérégrinations musicales tant ils parviennent sur ce disque, après une paire de titres plus conventionnels mais néanmoins aboutis, à surprendre en multipliant des expérimentations explorant une large gamme d’émotions. Déroutant et savoureux à la fois.

Chroniques - 10.11.2018 par Elnorton
 



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mardi 13 novembre 2018


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